Grand retour à la maison pour Kim Lamarre

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L'athlète de slopestyle Kim Lamarre a mis au point un nouveau saut dans l'espoir de se qualifier pour les Jeux olympiques de 2018, elle qui a remporté une médaille de bronze à ceux de 2014.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) «Je ne me rappelle pas ma dernière compétition à Québec! Dans mon temps, j'ai fait les Mercredis métal à Stoneham, des petits bigs airs, des petits slopestyles au Mont-Sainte-Anne, mais je devais avoir 14, 15 ou 16 ans. Et je suis rendue à 28! Ça te donne une idée que ça fait longtemps...»

Kim Lamarre est de retour chez elle. Comme Alex Beaulieu-Marchand et Anouk Purnelle-Faniel, Lamarre se produira pour la première fois de sa carrière professionnelle dans sa région natale, à compter de jeudi.

Avec Alex Bellemare, de la Mauricie, ils font partie de l'élite mondiale du slopestyle en ski. L'étape de Coupe du monde de Québec présente pour la première fois un volet ski, après 17 années d'exclusivité à la planche à neige.

«Mon but est de faire la finale, surtout que ma grand-mère et ma soeur pourraient venir me voir dimanche après-midi. Elles ne me voient pas souvent compétitionner en personne. On n'a pas tant d'argent, chez nous, alors il est un peu hors de question d'aller au bout du monde pour assister à l'une de mes épreuves», a expliqué Lamarre, mercredi midi, après un bon entraînement à la station Stoneham.

Quelques économies

La petite Kim est devenue grande depuis ses dernières prouesses officielles sur la neige québécoise. Comme sa grand-mère Ginette Séguin en 1956, la native de Lac-Beauport a participé aux Jeux olympiques, en 2014. Elle en a surtout rapporté une médaille de bronze.

Trois ans après son moment de gloire de Sotchi, elle admet que le métal olympique a quelque peu changé sa vie. «Ça ouvre certaines portes, mais ce n'est pas le jour et la nuit», assure-t-elle. «Je ne suis pas devenue riche avec le ski, mais j'ai été capable de me mettre de l'argent de côté pour la première fois de ma vie.»

«Au lieu de tout le temps tout remettre dans mon sport, je sais maintenant que lorsque je vais quitter, j'en aurai un peu de côté pour aller à l'école ou poursuivre un autre projet. Et après tous ces efforts, ça fait du bien d'avoir un peu de reconnaissance.»

Les JO, elle y a pris goût et veut y retourner. L'an prochain, en Corée du Sud. «Tout le monde s'attend à ce que j'y aille, j'en entends plus parler [qu'il y a quatre ans]. Mais ma mère et ma grand-mère me rappellent qu'elles sont déjà fières de moi, que j'y suis déjà allée et que j'ai ma médaille.

«Mais quand tu repars pour un nouveau cycle olympique, c'est dur de ne pas en vouloir plus», admet-elle. «Sauf que si jamais il arrive quelque chose, je peux me dire que j'ai un podium au Dew Tour [2013], un podium aux X Games [2014], un podium aux Jeux [2014] et que j'ai fait progresser le ski féminin à travers ma carrière.»

Un nouveau saut

Pas question de s'en contenter, toutefois. Afin de se qualifier pour les JO de 2018, Lamarre a mis au point un nouveau saut, l'été dernier, à la rampe d'eau de Lac-Beauport. Une manoeuvre qui devrait lui valoir plus de points et de meilleurs classements dès cette saison.

À commencer par celle de Québec/Stoneham. Sa nouvelle arme est un switch unnat rodéo 5, c'est-à-dire une approche de reculons (switch) suivie d'une rotation de son côté plus faible (unnatural) et un saut désaxé de type rodéo d'un tour et demi (540 degrés). Saut réussi quatre fois à l'entraînement cette semaine.

«Les juges m'enlevaient beaucoup de points parce que je n'avais pas de saut vers la droite. J'ai diminué la difficulté de mes deux autres sauts pour m'assurer de bien passer, mais je crois que ce sera pour le mieux», indique celle qui fait par contre l'impasse sur le big air pour alléger son horaire et concentrer ses efforts sur le slopestyle.

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ABM: les JO, «c'est lourd!»

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Alex Beaulieu-Marchand compte parmi les favoris pour le slopestyle de Stoneham et le big air de l'îlot Fleurie, cette fin de semaine.

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Trois ans après ses premiers Jeux olympiques, Alex Beaulieu-Marchand livre le fond de sa pensée. «Les Jeux sont vus beaucoup trop gros. La pression mise sur les athlètes à cet événement-là, c'est déplaisant!»

Celui mieux connu par ses initiales ABM était tout ce qu'il y a de plus relax, mercredi midi, quand il a rencontré Le Soleil à la station Stoneham. Le skieur en style libre de 22 ans de Saint-Augustin-de-Desmaures profite pleinement de ce rare retour à la maison, lui qui ne passe que trois mois par année à Québec.

Fort d'une récente médaille de bronze aux X Games, la plus précieuse de sa collection, Beaulieu-Marchand compte parmi les favoris pour le slopestyle de Stoneham et le big air de l'îlot Fleurie, cette fin de semaine. Chose sûre, il sera un favori de la foule.

Stress

Une expérience plus agréable que celle de Sotchi, à pareille date en 2014. «Quand je suis allé aux Jeux, j'ai trouvé que les gens mettaient ça beaucoup trop gros. Tu arrives là et tout le monde est tellement stressé! Les coachs sont stressés, tous les gens qui sont là-bas pour t'aider sont stressés... Ça émane le stress!» résume celui qui avait terminé 12e après des chutes dans chacune de ses deux descentes de finale olympique.

Dès le départ, ça tournait carré. «À notre arrivée, on voulait aller à la cérémonie d'ouverture. On était déjà fatigués et il fallait faire deux heures et demie d'autobus pour y aller. Rendus là, on dormait presque dans les bancs!» se souvient celui qui avoue ne pas en avoir beaucoup profité.

«Avant, je n'osais pas le dire, mais maintenant, je peux dire qu'un événement comme les X Games est fait pour les athlètes, tandis que les Jeux olympiques, c'est lourd! C'est un environnement qui m'a déplu», confirme-t-il.

La machine à fond pour Pyeonchang

Ce qui n'empêche pas Beaulieu-Marchand de pousser la machine à fond en ce moment pour tenter de se qualifier en vue des prochains JO, dans 12 mois, en Corée du Sud. «C'est la manière de montrer mon ski au monde entier et je suis excité en prévision de ça. Mais j'ai une autre mentalité qu'en 2014. J'étais plus jeune. Maintenant, j'aurai la maturité, je l'ai vécu et je me laisserai moins entraîner dans tout ça. Je suis prêt à aller leur montrer ce que j'ai pour vrai», lance-t-il avec le sourire.

Pour Pyeongchang comme pour Québec, son objectif est toujours de faire de son mieux. Simple, diront certains, simpliste selon d'autres. Mais Beaulieu-Marchand travaille fort à se concentrer sur la performance et à lâcher prise sur le résultat. S'il donne son maximum, «ce qui va venir avec sera parfait».

Il n'a d'ailleurs pas toujours été à même de donner le meilleur. Les deux années de blessure qu'il vient de traverser en témoignent. Mais le voilà remis sur pied et heureux d'enfin pouvoir le démontrer devant parents et amis. Après Québec, ce sera l'Europe avec quatre compétitions en autant de semaines, dont les X Games européens, en Norvège, et les Championnats du monde FIS en Espagne.

Deux maîtres du Stairsmaster

Comme les épreuves officielles de Coupe du monde, la compétition vidéo du Jamboree a aussi incorporé le ski. Le Stairsmaster couronne donc deux rois, cette année, soit le planchiste Vincent Grandmaison, de Québec, et le skieur Émile Bergeron, de Lac-Beauport. Chacun encaisse 5000 $ pour leur montage vidéo d'une minute où ils enfilent les prouesses sur une ou deux spatules en milieu urbain. Les X Games présentent aussi une catégorie vidéo, épreuve que Louis-Félix Paradis, de Lac-Beauport, avait gagnée en 2013. Paradis, Laurent-Nicolas Paquin et François April, des icônes dans l'univers de la planche à neige en ville, faisaient partie d'un jury de huit personnes dirigé par Alex Cantin, tandis que Charles Gagnier et Guyaume St-Cyr Lachance ont tranché du côté des skieurs. Cinq planchistes et cinq skieurs du Québec, de la Colombie-Britannique, des États-Unis et de la Russie avaient été invités à distiller leurs meilleurs exploits en 60 secondes d'images. Jugez par vous-mêmes au snowjamboree.com/stairsmaster.

Agréablement surpris

À leur première expérience de Coupe du monde dans la région de Québec, plusieurs des meilleurs freeskieurs au monde sont agréablement surpris de la qualité du parcours offert à Stoneham, surtout des trois modules de saut en début d'épreuve. «Quand j'étais jeune, on avait enlevé les sauts dans les stations du Québec pour une raison de sécurité. On a remis des petits sauts récemment à Stoneham et il n'y en a toujours pas à ma montagne, le Mont-Sainte-Anne», déplore Alex Beaulieu-Marchand, doublement heureux de revenir se produire à Québec sur des sauts «compétitifs» de «calibre mondial». Depuis plusieurs années, il regrettait d'entendre ses amis planchistes se réjouir de rentrer dans la capitale pour le Jamboree une fois chaque hiver, tandis que ses collègues skieurs et lui poursuivaient leur itinéraire vers un autre endroit éloigné du globe.

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