Erik Guay, plus vieux champion du monde en ski alpin

Erik Guay a devancé le Norvégien Kjetil Jansrud... (AP, Alessandro Trovati)

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Erik Guay a devancé le Norvégien Kjetil Jansrud par 45 centièmes, un fossé en super-G, lors des Championnats du monde de Saint-Moritz, mercredi.

AP, Alessandro Trovati

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La Presse Canadienne
Saint-Moritz, Suisse

Six ans après avoir remporté le titre mondial en descente, le Québécois Érik Guay est devenu le plus vieux champion du monde de l'histoire du ski alpin en enlevant, à 35 ans, le super-G des Mondiaux de Saint-Moritz, en Suisse.

«Je l'ai su aujourd'hui», a déclaré Guay au sujet de la marque qu'il venait de ravir à Hannes Reichelt. Dixième mercredi, l'Autrichien était devenu le plus vieux champion du monde au super-G de Beaver Creek, au Colorado, il y a deux ans, à l'âge de 34 ans. 

«C'est assez incroyable, mais je me sens comme si j'avais 20 ans présentement», a ajouté Guay. «C'est assez spécial de pouvoir vivre de beaux moments comme ça à 35 ans. J'ai participé à mes premiers Championnats du monde ici, à Saint-Moritz, à l'âge de 21 ans, alors c'est spécial.»

3e place pour Osborne-Paradis

Le skieur de Mont-Tremblant a franchi le parcours en 1:25,38, 45 centièmes devant le champion olympique du super-G, le Norvégien Kjetil Jansrud. Un autre Canadien, Manuel Osborne-Paradis, a célébré son 33e anniversaire de naissance en se hissant sur la troisième marche du podium, à 51 centièmes du champion.

«Dès le départ, j'ai eu conscience que j'avais une bonne descente», a raconté Guay. «Je n'ai pas commis d'erreur, j'étais très aérodynamique, surtout dans les airs. J'ai aussi été très dynamique, ce qui était la clé aujourd'hui, a expliqué celui qui a gagné le Globe de cristal de la discipline en 2010. J'ai pris les chances où il le fallait et en bout de ligne, ça a fait en sorte que j'ai pu développer beaucoup de vitesse.»

«Érik nous a montré comment on doit faire», a déclaré Jansrud, plus jeune médaillé du jour à 31 ans. «Je ne suis pas déçu une seule seconde.»

Pour sa part, Osborne-Paradis n'avait pas obtenu de podium sur le circuit de la Coupe du monde en près de deux ans. Portant le dossard no 26, il a retrouvé sa forme des beaux jours trois mois après être devenu père.

«J'ai commis une grosse erreur à mi-parcours et je savais que si je n'étais pas parfait jusqu'à la fin, je n'avais aucune chance», a indiqué Osborne-Paradis au FIS.com. «Mais c'est ce qui est formidable avec la course : vous ne savez jamais tant que vous n'avez pas franchi le fil d'arrivée. Érik m'a appelé juste avant que je m'élance et il m'a dit : "Ne pense à rien, vas-y." C'est ce que j'ai fait et ça a fonctionné.»

Guay a ressenti une immense joie de partager le podium avec deux amis proches. «J'ai connu de belles émotions en croisant le fil, mais aussi quand Manuel est descendu et est arrivé troisième. C'était très émotif. Quant à Kjetil, ça fait longtemps que je le connais. Je suis monté sur le podium quelques fois avec lui.»

Kjetil Jansrud, Erik Guay et Manuel Osborne-Paradis sont... (AFP, Joe Klamar) - image 2.0

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Kjetil Jansrud, Erik Guay et Manuel Osborne-Paradis sont montés sur le podium du super-G aux Mondiaux de ski alpin de Saint-Moritz, mercredi.

AFP, Joe Klamar

Chemin de croix

Depuis son sacre aux Mondiaux de 2011 à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, Guay a connu sa part de succès, mais également son lot de déceptions et, surtout, de blessures. Il n'avait d'ailleurs pas été en mesure de participer aux Mondiaux de 2015 en raison d'une blessure à un genou.

«Je connais très bien le parcours que j'ai vécu et c'est pour cette raison que ça me touche droit au coeur aujourd'hui», a-t-il admis. «C'était très émouvant quand j'ai passé le fil d'arrivée. Je sais ce que c'est que de passer au travers de blessures, de chuter et de tenter de revenir après cela. La déception aussi, de terminer quatrième aux Jeux et en plusieurs occasions. Au bout du compte, tu oublies ça grâce à des moments comme ceux vécus aujourd'hui.»

Il ne saurait dire quelle victoire lui a procuré le plus de satisfaction entre ses deux sacres, par contre. «C'est différent, pour plusieurs raisons. Je ne dirais pas que c'est plus ou moins satisfaisant. Mais c'est spécial. J'ai 35 ans, je suis le plus vieux vainqueur en Championnats du monde. Depuis 2011, j'ai connu beaucoup de hauts, mais aussi des bas.

«Elle a tout de même un cachet particulier : ça fait quand même six ans depuis ma victoire à Garmisch-Partenkirchen. J'ai eu ma part de blessures depuis, même si j'ai aussi obtenu ma part de victoires. Il y a eu des hauts et des bas, plus particulièrement à Garmisch [il y a deux semaines], où je me suis planté. Alors de pouvoir revenir de blessures comme ça, c'est assez incroyable.»

Une chose est certaine : les célébrations devront attendre quelques jours, au moins. «On a une manche d'entraînement [jeudi] en vue de la descente de samedi. (...) On ne prendra pas d'alcool ce soir! On va tout de même célébrer ça, mais je dois me coucher de bonne heure. J'essaie de savourer le moment; ça n'arrive pas à tous les jours! Mais j'aurai le temps dans le futur de célébrer.»  Avec AFP

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