Les secrets des maîtres farteurs

Partager

(Québec) Mauvaise nouvelle. Le technicien responsable des skis d'Alex Harvey et de Devon Kershaw n'est pas à Québec. Micke Book est pris à Bruxelles, a raté son avion. Les deux Formules 1 du ski de fond canadien devront se passer de leur mécanicien pour les courses d'aujourd'hui et de demain.

Pas de panique, assure Yves Bilodeau, technicien-chef de l'équipe canadienne. «Micke est spécialiste pour préparer les skis en style classique. Pour le pas de patin [c'est le cas pour les deux épreuves de Québec], ce n'est pas un problème. N'importe lequel de nous quatre peut très bien le faire.» Ouf.

La roulotte numéro 7 est installée parmi d'autres, derrière le Manège militaire, sur les plaines d'Abraham. Là où la foule du Festival d'été s'époumone chaque année. On ouvre la porte. Ça sent le chauffé. Masqués comme des chirurgiens, quatre hommes se concentrent sur leur patient respectif, une longue spatule recourbée.

Ils appliquent la cire, le fart. Ce sont des farteurs. Une cire qui n'a rien de commun avec cet enduit graisseux que vous appliquez avant votre sortie dans le boisé des Compagnons-de-Cartier. Il s'agit plutôt d'une poudre blanche, paraffine séchée à base de fluor qu'ils chauffent et étendent à l'aide d'un semblant de ponceuse rotative.

Sur les murs en préfini s'alignent des dizaines de skis Fischer jaune et noir, avec au milieu les quelques Rossignol blancs et orange de Daria Gaiazova. Bilodeau, Sacha Bergeron, Joel Jaques et Joel Knopff, deux gars de Québec et deux de Canmore, travailleront environ 10 paires pour chacun de leurs huit fondeurs, en fin de semaine.

Les athlètes, eux, n'en chausseront que deux ou trois, les autres ayant été écartés à l'essai par leur technicien. «Des fois, on décide pour eux sans que ça paraisse», confie Bergeron. Membre de l'équipe nationale depuis trois ans, il a suivi Harvey et ses skis à partir du Centre national d'entraînement Pierre-Harvey, à Saint-Ferréol.

Bilodeau le scientifique

Bilodeau, c'est le maître, le scientifique en chef. Farteur de l'équipe canadienne depuis 1995, il est lui-même un ancien athlète olympique et compagnon d'armes de Harvey père. Il mène une équipe technique pouvant atteindre huit membres lors des compétitions d'envergure comme les Jeux olympiques ou les Championnats du monde.

En Europe, l'équipe canadienne possède deux grands camions-

roulottes. L'un plus petit pour suivre la bande de Coupe du monde en Coupe du monde. L'autre, le cargo, campé en France. Une caverne d'Ali Baba contenant 400 paires de ski : 25 de classique et autant en patin pour chaque athlète.

Les skis pour les épreuves de style classique nécessitent une préparation beaucoup plus pointue. À partir des 5'6'' de Perianne Jones jusqu'aux 6'6'' de Len Valjas. Certains skis de l'armada canadienne datent de 1999. «Si les compagnies étaient capables de fabriquer deux skis pareils, on perdrait nos jobs», constate Bergeron.

D'ici là, ils s'échinent à les adapter le mieux possible à chacun de leurs protégés. «Mais un mauvais ski, même si je le farte, ça va rester un mauvais ski bien farté», résume Bilodeau.

Bergeron estime que le Canada a beaucoup progressé dans le domaine au cours des dernières années et que «maintenant, les autres équipes aimeraient peut-être venir voir ce qu'on fait dans notre roulotte». À son avis, ses collègues et lui côtoient aujourd'hui les farteurs allemands et norvégiens au sein de la crème de la profession.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer