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Finale France-Portugal: le jour de gloire est arrivé... mais pour qui?

Les Bleus à l'entraînement, samedi, avant la finale... (AP, Petr David Josek)

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Les Bleus à l'entraînement, samedi, avant la finale de l'Euro contre le Portugal. Au centre, avec le ballon, Dimitri Payet.

AP, Petr David Josek

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Keyvan NARAGHI
Agence France-Presse
Saint-Denis

La France retient son souffle et rêve de triomphe pour ses Bleus à domicile. Le Portugal veut son premier trophée majeur. Griezmann et Ronaldo ont les reflets du Ballon d'Or dans les yeux... Le dénouement de l'Euro est proche avec la finale qui démarrera à 21h (15h, heure du Québec) au Stade de France.

Gagné par la fièvre du ballon rond, le pays hôte n'imagine pas d'autre issue que le succès après l'exploit réalisé contre les quadruples champions du monde allemands en demi-finale (2-0).

Cette douce euphorie qui les berce depuis jeudi, les Français aimeraient la prolonger. Meurtrie par les attentats de 2015, plombée par un climat social toujours lourd, la France veut une parenthèse enchantée cet été. Et à quelques heures du coup d'envoi, le pays se prépare à ce rendez-vous tant attendu.

À Lyon, le parc de la Tête d'or est le paradis des enfants le dimanche. Ils sont déjà prêts: beaucoup portent des maillots bleus et ont du bleu-blanc-rouge sur les joues.

Un seul d'entre eux, un petit garçon de six ans, est vêtu du maillot du Portugais Cristiano Ronaldo... mais, explique-t-il, c'est le seul qu'il avait chez lui.

Dans le centre-ville de Rennes, des fans ont déjà réservé depuis samedi leurs places sur les terrasses des bars équipées d'écrans de télévision, pour éviter la mésaventure de la demi-finale, où plus un siège n'était disponible près de deux heures avant le coup d'envoi.

À Marseille, le dispositif policier a été renforcé dans le centre-ville et autour de la fan zone prévue pour 80 000 personnes et qui devrait battre un record d'affluence, a annoncé le préfet de police.

L'engouement autour des Bleus montre que «les Français avaient besoin de se retrouver» même si «la vie reprendra son cours après», a jugé le président de la République François Hollande.

La tradition nationale serait respectée avec une nouvelle victoire à domicile après 1984 (Euro) et 1998 (Mondial). Un tel succès s'ajouterait dans l'armoire à trophées à l'Euro 2000 gagné à Rotterdam.

«Je me dis que jamais deux sans trois, chez nous on est presque invincible», a fait valoir le premier ministre Manuel Valls sur France Info, tout en appelant à «ne surtout pas sous-estimer les Portugais».

Deschamps contre Ronaldo

Chaque sacre des Bleus a eu son icône: Zinédine Zidane en 1998, Michel Platini en 1984. Ces deux monstres sacrés ont peut-être trouvé leur successeur avec Antoine Griezmann. Le joueur de l'Atletico Madrid, 25 ans, est le meilleur buteur de l'Euro avec six réalisations en six rencontres.

Les Bleus peuvent aussi se réfugier derrière leur éternel porte-bonheur: le sélectionneur Didier Deschamps.

Le capitaine des champions du monde et d'Europe 1998 et 2000, visage de la gagne en France avec Zinédine Zidane, peut devenir le premier à rafler un Euro en tant que joueur titulaire et entraîneur.

«C'est un moment privilégié, une chance unique parce qu'il y a un titre au bout. Je n'ai pas de stress mais de l'adrénaline», expose calmement Deschamps.

Invaincus contre les Portugais en phase finale de grand tournoi, les Français doivent toutefois éviter de bomber le torse trop tôt.

«La France joue chez elle, c'est naturel qu'elle soit favorite. Mais le Portugal doit gagner», a dit d'un ton bonhomme le sélectionneur Fernando Santos, peu préoccupé par les critiques sur le jeu fermé de sa sélection.

L'élément-clé de cette confiance, c'est une superstar du soccer mondial, une icône autant adulée pour son jeu que raillée pour des attitudes jugées arrogantes: Cristiano Ronaldo.

Le crack du Real Madrid a tout gagné en clubs mais reste bredouille en équipe nationale. À 31 ans, le playboy multimillionnaire n'a pas le droit de laisser passer une occasion qui ne se représentera peut-être pas.

Le triple Ballon d'Or en veut forcément un quatrième. Son but sur talonnade au 1er tour face à la Hongrie (3-3) et sa détente verticale phénoménale sur son coup de tête victorieux en demi-finale contre le pays de Galles de Gareth Bale (2-0) sont déjà parmi les images indélébiles de cet Euro.

Autre danger pour les Français: le retour attendu de Pepe. Forfait face aux Gallois, le rugueux mais si efficace patron de la défense portugaise se dit «prêt à jouer».

Lui et ses coéquipiers évolueront quasiment à domicile: la communauté portugaise en France est estimée à 1,2 million de personnes (en comptant les binationaux et les descendants d'immigrés) et les liens entre les deux pays sont très forts.

Pas de Champs-Élysées

Sécurité oblige, même si les joueurs français gagnent le titre, il n'y aura pas de parade sur les Champs-Elysées lundi, contrairement à 1998. Les célébrations pourraient avoir lieu sur l'avenue Foch, qui débouche elle aussi sur l'Arc de Triomphe, en partant de la porte Dauphine, à l'ouest de la capitale.

«On imagine qu'il y aura plus d'un million de personnes dans les rues, il faut qu'il y ait des espaces suffisamment larges et que ça se finisse à l'Arc de Triomphe [...], ça serait pas mal», a indiqué dimanche la mairesse de Paris, Anne Hidalgo.

Un dispositif exceptionnel de sécurité est prévu dimanche avec 3400 policiers et gendarmes sur les Champs-Élysées pour l'après-match.

En 2004, Ronaldo avait 19 ans et avait pleuré après la finale de l'Euro perdue à Lisbonne face aux Grecs. Les Bleus ne veulent pas vivre ça chez eux. Qui sanglotera au coup de sifflet final?

À chaque fin de match, les Islandais ont... (AFP, MARTIN BUREAU) - image 2.0

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À chaque fin de match, les Islandais ont gratifié le public et leurs supporters d'une séance de clapping, rythmée par leur capitaine Gunnarsson (à l'avant), avec, à chaque claque, des «HHHUUHH» qui s'échappent lourdement du public.

AFP, MARTIN BUREAU

Les belles et moins belles images de l'Euro

Des larmes de Payet au clapping des Islandais, en passant par les violences entre hooligans russes et anglais, plusieurs images fortes ont marqué l'Euro 2016 en France qui se termine dimanche par la finale Portugal-France.

Les larmes de Payet

C'est incontestablement l'un des moment les plus émouvants de cet Euro. Le joueur de West Ham a craqué, mais pas comme le font le plus souvent les joueurs, après une défaite. Là, Payet a pleuré, pris par l'émotion d'avoir incarné le sauveur face à la Roumanie. Crispés avant ce match d'ouverture de l'Euro-2016, les Bleus piétinent tout le match. La pression se fait de plus en plus forte. À une minute de la fin du temps règlementaire, alors que l'espoir semble envolé, Payet, qui a passé un long temps au purgatoire avant de revenir chez les Bleus, décoche une frappe sublime libératrice. Didier Deschamps le fait sortir avant la fin pour lui offrir une ovation qui va faire craquer le Réunionnais.

La claque venue du froid

Les Islandais sont sans doute les seuls à avoir trouvé la recette pour une communion parfaite avec leur public. Personne ne s'attendait à un tel parcours, peut-être même pas eux, éliminés en quarts de finale par les Bleus (5-2). À chaque fin de match (ils n'ont perdu que contre la France), les joueurs ont gratifié le public et leurs supporters d'une séance de clapping, rythmée par leur capitaine Gunnarsson, avec, à chaque claque, des «HHHUUHH» qui s'échappent lourdement du public. Un cérémonial qui a marqué l'Euro, à tel point que les Bleus l'ont gentiment plagié à l'issue de leur demi-finale face à l'Allemagne.

L'Irlande et ses gentils supporters

La scène se passe sous un pont à Bordeaux, où les supporters irlandais sont venus s'abriter pendant un orage. L'Eire a pris une déculottée contre la Belgique (3-0), mais pas de quoi entamer l'enthousiasme de ses incroyables fans. Les voilà qui rendent un hommage vibrant à la police qui leur demande de partir pour débloquer la circulation. «Stand up, for the French Police» («debout, pour la police française»), hurlent-ils à plein poumon, sur l'air de Go West! l'un des tubes des Pet Shop Boys. Amusés les policiers finissent par répliquer «Go home, for the French Police» avec un accent bien frenchy. La scène fait le bonheur des réseaux sociaux. Même le maire de Bordeaux et candidat à la primaire de droite en vue de l'élection présidentielle, Alain Juppé, y va de son petit tweet: «Le football comme on l'aime, merci aux supporters IRL, merci à notre police».

Terrain de jeu pour enfants de joueurs

Parc des Princes, 25 juin sur les coups de 20h. Le pays de Galles vient de se qualifier pour les quarts de finale de l'Euro 2016. Pour célébrer cette victoire (1-0) contre l'Irlande du Nord, plusieurs joueurs gallois, dont leur vedette Gareth Bale, font alors venir leurs enfants sur la pelouse. L'image a fait le tour du monde, et ému les fans de soccer. Il n'y a que l'UEFA qui n'a pas apprécié. «C'est mignon de voir les enfants jouer sur la pelouse, mais c'est un championnat d'Europe, ce n'est pas une fête de famille», avait commenté Martin Kallen, directeur général de l'Euro 2016 pour l'UEFA, précisant «nous devons garantir la sécurité».

La violence des hooligans russes

Ces images ultra-violentes de la bataille géante à Marseille en marge d'Angleterre-Russie le 11 juin resteront indéniablement comme le véritable point noir de cet Euro. La violence aveugle de ces hordes de hooligans russes venus dans le seul but de «casser» des fans anglais ont choqué. Des supporters en sang, l'un d'eux fracassant une chaise sur un homme, un Anglais tabassé à terre à coups de pieds dans la tête sur le Vieux-Port... Au total 35 blessés, quasi-exclusivement britanniques, et un sentiment de raté en termes de sécurité exacerbé par l'insolence de l'ultra-nationaliste Chpryguine, revenu narguer les autorités françaises après avoir été expulsé.

Sarabande ou bras d'honneur?

Il aura fallu du temps pour la voir cette fameuse «sarabande» de Paul Pogba après la victoire contre l'Albanie le 15 juin (2-0). La faute à beIN Sports qui avait décidé de ne pas diffuser les images. Sur la vidéo, diffusée le lendemain dans les médias belges, difficile de dire si le milieu de terrain effectue vraiment ce fameux bras d'honneur, pour balayer les critiques entourant son début d'Euro mitigé. Dans un communiqué, Pogba expliquera avoir fait «sa sarabande habituelle, bras en l'air et poing levé. Rien de plus, rien de moins». Auteur d'un coup de tête rageur contre l'Islande, Pogba répondra cette fois-ci par un salut au public, en toute élégance.

Des pelouses parfois indignes

Les pelouses des stades de l'Euro 2016 ont été pointées du doigt par les équipes et source de tracas pour l'UEFA. «C'est un désastre»: la critique était sévère et venait du sélectionneur de la France Didier Deschamps après le succès étriqué contre l'Albanie à Marseille. Plusieurs stades ont subi les mêmes critiques, au point que l'UEFA a demandé à Lille de changer la pelouse en cours de compétition. Le lifting s'est déroulé entre la fin du 1er tour et les 8es de finale. Plutôt réussi, car les critiques ont perdu en volume sonore par la suite.

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