«Grizi» sur les traces des grands Bleus

Depuis le début de l'Euro 2016, Antoine Griezmann... (AP, Frank Augstein)

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Depuis le début de l'Euro 2016, Antoine Griezmann transporte la France vers le sommet. Le meilleur marqueur du tournoi compte jusqu'à présent six buts.

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Agence France-Presse
Paris

À 48 heures de la finale contre le Portugal, les projecteurs étaient déjà braqués sur Antoine Griezmann, vendredi. Meilleur buteur de l'Euro 2016 avec six buts, dont deux ont éliminé l'Allemagne, l'attaquant français peut-il rejoindre au Panthéon des Bleus Michel Platini, Zinédine Zidane ou encore Thierry Henry?

«Griezmann, c'est le talent, tout simplement. Il a tout ce qu'on attend d'un footballeur : la technique, la qualité gestuelle, qu'il met au service de l'équipe, de la passe juste, du geste juste, et même l'opportunisme, comme sur le second but», savoure Alain Giresse, champion d'Europe 1984.

Giresse, avant «Grizi», était le dernier Français à avoir marqué dans un tournoi majeur contre les Allemands. «Ça me va comme successeur, il me plaît ce garçon», sourit-il. Il aime les espaces, mais quel attaquant au monde n'apprécie pas l'espace? Certains joueurs sont habiles techniquement, mais il n'en ressort rien car ils n'ont pas d'intelligence de jeu, contrairement à lui», ajoute encore «Gigi».

Un autre hommage vibrant a été rendu par un autre ancien Bleu. «Antoine Griezmann est l'homme-clé. Nous savions tous qu'il pouvait jouer à ce niveau dans ce genre de match. Nous avons un nouveau héros, un buteur qui peut nous faire gagner des tournois.» C'est signé du meilleur buteur de l'histoire des Bleus (51), Thierry Henry.

«Titi» n'a pas caché son «émotion» sur l'antenne de la BBC de voir les Tricolores regoûter à une finale d'un grand tournoi depuis le Mondial 2006.

À 25 ans, Griezmann a déjà mis quelques crampons sur le tapis de postérité. Il y a d'abord ce penalty réussi sans trembler devant Manuel Neuer, jeudi. «J'avais envie de pouvoir en tirer à nouveau un dans un match important» a-t-il avoué en référence à celui manqué en finale de Ligue des champions contre le Real Madrid. Et puis il y a son but de la semelle, pour le 2-0.

Un «leader technique»

Dans un clin d'oeil de circonstance, Olivier Giroud s'est même fendu d'un «Grizi, c'est Gerd Müller». Encore un grand attaquant qui fut décisif dans les grands matchs, comme en finale du Mondial de 1974 où il marqua face aux Pays-Bas (2-1)...

Avec ce doublé, Griezmann en est à six buts en six matchs, dont cinq lors des trois derniers à élimination directe (doublé contre l'Eire en huitièmes 2-1, un but conte l'Islande en quart 5-2). Le parcours irrésistible du numéro 7 des Bleus rappelle follement celui de Michel Platini, qui avait gagné quasiment à lui tout seul l'Euro de 1984 - déjà en France - en finissant à neuf réalisations en cinq matchs.

La marque de Platini est-elle inaccessible? «Il faut attendre un petit peu pour le comparer à Michel Platini. Michel a porté l'équipe de France pendant des années, il a été trois fois Ballon d'Or, meilleur buteur du championnat d'Italie, champion d'Europe en club et en sélection», nuance Giresse.

«Michel était moins attaquant, il se transformait en véritable meneur de jeu», explique-t-il. «Griezmann, je ne le connais pas, mais il entraînera l'équipe plutôt façon Zidane que Platini, il est leader technique plus que leader mental, comme était Michel, qui intervenait aussi en-dehors du terrain.

«Les garçons comme ça, réservés, donnent confiance aux autres sur le terrain, techniquement, ils montrent la voie, les autres savent qu'il peut se passer quelque chose quand il a la balle», ajoute encore Giresse, aujourd'hui consultant, en connaisseur.

La victoire contre l'Allemagne n'aura de valeur que si l'équipe de France continue à hanter les nuits des Portugais, qui eux n'ont plus battu les Bleus depuis 1975, matchs amicaux compris. Mais en attendant, Griezmann a été salué en peu de mots par Didier Deschamps.

«C'est un grand joueur», a résumé le sélectionneur, lui qui incarne mieux que personne cette culture de la gagne, matérialisée par les sacres mondial et européen, en tant que joueur, de 1998 et 2000. Si «DD» fut le capitaine de cette génération dorée, Zidane en fut le héros ultime, avec ses nombreux exploits dans des matchs sans filet, dont son doublé en finale face au Brésil (3-0), qui a façonné sa légende il y a 18 ans déjà.

Zidane, Platini, Henry. Griezmann a un ultime effort à faire pour rejoindre ces géants.

Bon pour le moral de la France

La France a un nouveau super-héros, Antoine Griezmann, et un totem, son équipe de football, qui sera portée par un énorme soutien populaire dimanche en finale de l'Euro contre le Portugal

«On va gagner et ça va faire du bien à tout le monde, même à ceux qui n'aiment pas le foot!» pronostique Marion Barois, étudiante aux joues colorées de bleu-blanc-rouge, qui a regardé la demi-finale dans la fan zone de Paris, remplie par 90 000 supporters.

«Dans un contexte de désenchantement [crise économique, crise du politique, menaces terroristes...], trouver une équipe nationale qui montre son unité dans une compétition à la visibilité mondiale, c'est une source de regroupement» pour la population, souligne Mathieu Quidu, sociologue du sport à l'Université Lyon 1. Ce sentiment est-il suffisament fort pour avoir des effets durables? «En septembre, à la rentrée, l'effet devrait retomber, avec un retour à la réalité», prévoit M. Quidu.

«Cette communion avec le public, c'est juste génial!» s'est émerveillé Griezmann, nouveau chouchou des Français après son doublé contre l'Allemagne, jeudi. Il avoue que lui et ses coéquipiers sont «comme des gamins» à l'idée de tenter de rééditer les sacres à domicile de 1984 (Euro) et de 1998 (Mondial), plus celui de l'Euro 2000 organisé en Belgique et aux Pays-Bas.  AFP

2,78 G $: revenus générés par l'Euro 2016

L'UEFA, l'instance organisatrice de l'Euro-2016, a révélé vendredi que l'événement a généré 1,93milliard d'euros (2,78 milliards $) de revenus et coûté 1,58milliard$ pour un bénéfice de 1,20milliard$. Ces revenus sont en augmentation de 34 % par rapport à l'édition 2012 du tournoi, coorganisé par la Pologne et l'Ukraine, notamment en raison du passage du nombre d'équipes de 18 à 24. L'essentiel des rentrées est constitué par les droits de télé (2,16 milliards $)  AFP

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