Pepe la brute devenu «gentil»

C'est un Pepe (3) transformé qui prend part... (AFP, Anne-Christine Poujoulat)

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C'est un Pepe (3) transformé qui prend part à l'Euro 2016. L'un des rares vétérans du Portugal, il stabilise la jeune défensive de son club.

AFP, Anne-Christine Poujoulat

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Agence France-Presse
Marseille

Assagi, le Pepe façon «Fight-Club» du Real Madrid est devenu avec le Portugal un défenseur central infranchissable, viril mais correct, aussi crucial derrière que Cristiano Ronaldo l'est devant dans la quête de la finale de l'Euro 2016.

«Il a tant été vilipendé qu'on ne voyait en lui qu'une brute épaisse, alors que Pepe est un des meilleurs, sinon le meilleur défenseur central de la compétition», analyse l'entraîneur Claude Le Roy.

«Il est presque une révélation de cet Euro, bien qu'il soit déjà connu», ajoute le sélectionneur du Togo, qui voit en Kepler Laveran Lima Ferreira, dit Pepe, «un des éléments clefs de la réussite du Portugal».

Tellement essentiel qu'il a été dispensé d'entraînement, puis ménagé en ce début de semaine. Si le joueur qu'on aime détester a la cote, c'est parce qu'il a essayé de gommer ce qui le rendait désagréable.

Il traîne comme des chaînes aux pieds son coup de folie du 21 avril 2009, une incroyable agression contre un joueur de Getafe, Javier Casquero, un soir où le Real Madrid perdait le titre de champion d'Espagne. Après une faute stupide qui vaut un penalty, Pepe donne des coups de pied à Casquero, dans le dos, l'empoigne et lui marche sur le ventre avant de repousser violemment deux joueurs, puis d'invectiver l'arbitre assistant en quittant le terrain! Il a été exclu et a écopé 10 matchs de suspension.

Pepe a aussi marché sur la main de Lionel Messi, donné des coups, reçu des rouges, menacé des adversaires... Il a récolté 164 cartons jaunes et 13 rouges en 15 saisons, un joli tableau de chasse! Et ses airs de méchant hollywoodien ont aggravé sa réputation.

Cette agressivité ne vient pas d'une enfance de favela pour ce fils de fonctionnaire brésilien naturalisé en 2006, un changement de passeport qui n'a pas fait grincer de dents, contrairement à celui de Deco en son temps, par exemple.

Né à Benedito Bentes, un quartier populaire en périphérie de Maceio, ville calme de l'État d'Alagoas au Brésil, Pepe a souffert de s'appeler Kepler, choisi par son père en hommage à l'astronome.

«Personne n'était capable de prononcer mon prénom correctement, a-t-il raconté. Alors comme j'étais petit et gros, les autres enfants ont commencé à me surnommer Pepino "concombre". Ils me rejetaient sans cesse.»

Un club de combat libre

Il s'endurcit alors dans un club de combat libre presque sans limite, où il se mesure à des plus grands et forge, selon le mot d'un de ses entraîneurs dans les catégories jeunes, Edminton Lins, sa réputation de «bourrin».

Cet Euro a changé la donne. Désormais, Pepe se défoule avec sa console vidéo sur le jeu de guerre Call of Duty. Du coup, dans le tournoi français, le Portugais n'a pris «qu'un» jaune, pour un découpage à la manière du «vieux Pepe» sur l'Autrichien David Alaba.

Contre la Pologne en quarts, il a été impérial. Il a tenu la baraque derrière jusqu'aux tirs au but. «Pepe a fait un match énorme», a salué le sélectionneur Fernando Santos. Il n'a presque rien laissé au duo Milik-Lewandowski, le but venant d'une grossière erreur de son latéral droit, Cedric Soares.

Car à 33 ans, il est aussi le seul défenseur expérimenté d'une arrière-garde rajeunie. Sur le terrain, il n'hésite pas à aboyer sur ses coéquipiers trop tendres, à les replacer, les motiver aussi.

«Il est très, très bon tactiquement, souligne Le Roy. Toujours impressionnant physiquement et remarquable techniquement, il a quasiment tout bien fait depuis le début de la compétition. En plus il est affûté, tonique»

Gareth Bale devra se méfier mercredi de son coéquipier du Real.

Soldat Sissoko? Présent!

Moussa Sissoko (à droite) est en mission avec les... (AFP, Martin Bureau) - image 3.0

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Moussa Sissoko (à droite) est en mission avec les Bleus. 

AFP, Martin Bureau

Il est l'un des fidèles de Didier Deschamps, de ceux qui répondent toujours présent, mais rarement un de ses hommes de base. Pourtant, Moussa Sissoko semble s'être rendu indispensable dans le groupe des Bleus et pourrait être reconduit comme titulaire face à l'Allemagne en demi-finale de l'Euro.

«Je ne sais pas si je vais débuter contre l'Allemagne», dit prudemment Sissoko, titularisé contre l'Islande en quarts. «J'aimerais... Le coach aura ses choix à faire. S'il me titularise, je serai content. Si je démarre sur le banc, je me préparerai au mieux pour apporter le maximum à l'équipe.»

Depuis le Mondial 2014 au Brésil, l'ancien Toulousain a acquis un statut intermédiaire de «titulaire bis» qui n'a jamais altéré son dévouement, voire sa dévotion, pour l'équipe de France.

«C'est simple, je ne calcule pas. Être ici, c'est déjà une chance. Je ne peux pas me plaindre», assure le joueur qui vient de connaître les affres d'une relégation en deuxième division anglaise avec Newcastle. «Gamin, je rêvais d'être joueur professionnel et de jouer pour l'équipe de France. J'y suis! J'en tire une force et je dois mouiller le maillot», enchaîne-t-il.

À 26 ans, Sissoko est en mission avec les Bleus. Exemplarité dans le groupe et véritable apport sur le terrain. Dans cet Euro, cantonné comme d'habitude derrière Paul Pogba et Blaise Matuidi dans la hiérarchie des relayeurs, il a profité des changements opérés par Deschamps pour s'illustrer individuellement et donner plus de solutions à ses partenaires de l'entre-jeu.

Le tout dans un 4-2-3-1 qui avait d'abord vocation à rapprocher Antoine Griezmann d'Olivier Giroud dans l'axe de l'attaque, mais qui profite incidemment à Pogba, le grand bénéficiaire de la présence de Sissoko, près de lui à sa droite.

«Mon rôle consiste à bloquer mon couloir, à me projeter quand je le peux et, en phase de repli, à boucler l'axe avec Paul et Blaise. Quand je suis à côté [d'eux], il y a plus de sécurité défensive. Paul peut être plus libéré, il peut aller vers l'avant, il sait que mon positionnement compense ses déplacements», explique-t-il.

Le meilleur de Pogba

C'est exactement ce qui s'est produit contre les Islandais et, comme par hasard, Pogba a réalisé dimanche dernier son meilleur match du tournoi.

La partie sera évidemment moins facile jeudi en demi-finale face aux champions du monde allemands. Ceux-là mêmes qui avaient barré la route des Français lors de la dernière Coupe du monde en quarts de finale.

Un match qui reste «encore en travers de la gorge», affirme Sissoko qui était dans le groupe, mais n'avait pas joué contre les Allemands. «Ça va être le bon moment pour remettre les pendules à l'heure», estime-t-il.

Quand Sissoko est titulaire, les Bleus ne perdent quasiment jamais. La seule fois remonte au 12 octobre 2012, en match amical face au Japon (0-1), au Stade de France.

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