L'Islande complètement foot

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Le joueur de l'Islande Haukur Heidar Hauksson s'est pris en photo avec des coéquipiers et des supporteurs après la victoire historique de 2-1 sur l'Angleterre en huitièmes de finale de l'Euro 2016, lundi.

AP, Claude Paris

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Agence France-Presse
Reykjavik

«Je connais un gars qui n'est pas intéressé. Il se sent un peu seul», confie Ivar Hauksson, guide touristique dans une Islande en pleine folie contagieuse : même ceux qui n'aiment pas le foot connaissent maintenant par coeur le nom des 11 titulaires qualifiés pour les quarts de l'Euro 2016.

«C'est irréel. Il y a deux ans on était nuls. Maintenant on est dans le top 8 européen. Ils ne craignent personne», s'amuse encore Ivar, plutôt amateur de handball le reste de l'année.

Le ballon rond s'affiche partout, dans les commerces, les restaurants et les bars, les stations-service, qui rivalisent de créativité pour leurs promotions «spécial Euro».

La compagnie aérienne Icelandair a ajouté deux vols vers Paris, vendredi et samedi. Elle ne devrait pas avoir du mal à les remplir. Dimanche, c'est un quart de finale historique contre la France, le pays hôte.

Seuls malheureux : la loterie nationale. Elle avait déterminé ses cotes de manière rationnelle. Elle va payer cher la confiance des parieurs islandais dans leur équipe, en déboursant 3,7 fois ce que le match a rapporté. «On perd des millions avec ce score-là. Mais c'est quand même une sensation incroyable», a écrit sur Twitter un dirigeant de l'entreprise, Stefan Konradsson.

Quoi qu'il arrive face à la France, dimanche, «quand les gars reviendront à la maison, peu importe à quel moment, ce seront des héros nationaux», a dit le futur président Gudni Johannesson, élu chef de l'État samedi.

Lundi soir, quelque 10 000 personnes se tenaient devant un écran géant installé dans le parc Arnarholl dans le centre de Reykjavik.

Maillot bleu à l'honneur

Cris, larmes, embrassades : rarement on avait vu une telle liesse dans ce pays si tranquille. C'était bien au-delà du plus grand exploit sportif du pays avant cet Euro, une médaille d'argent en handball masculin aux Olympiques de 2008.

Le commentateur islandais Gudmundur Benediktsson, une vedette des réseaux sociaux, s'est encore cassé la voix. «C'est fini! Ne me réveillez jamais! Ne me réveillez jamais de ce rêve de dingue! L'Islande... va au Stade de France... dimanche! France-Islande! L'Angleterre, rentrez à la maison! Sortez de l'Europe, allez où vous voulez! Angleterre 1, Islande 2, c'est le score final!» a-t-il hurlé.

Après la rencontre, sa collègue Maria Sigrun Hilmarsdottir présentait le journal télévisé en maillot bleu. La ministre des Affaires étrangères Lilja Alfredsdottir avait revêtu le même lors d'une très sérieuse réunion de l'Association européenne de libre-échange à Berne.

L'Islande et ses fans ne craignent plus personne depuis une victoire déjà historique en éliminatoires à Amsterdam face aux Pays-Bas (1-0) en septembre 2015 qui, rétrospectivement, ne semble pas avoir servi de leçon à ses adversaires.

«Ça s'arrête où?» a titré le quotidien Frettabladid. La photo des vainqueurs s'étalait sur la une et la quatrième de couverture.

Même quelques joueurs parmi les 23 ont été pris de court. «Certains gars avaient déjà réservé leurs vacances, mais malheureusement pour eux, ils vont devoir continuer à jouer», a révélé à la chaîne RUV le co-sélectionneur Heimir Hallgrimsson.

L'Angleterre poursuit sa période sombre

L'expression sur le visage du capitaine de l'Angleterre,... (AP, Kirsty Wigglesworth) - image 3.0

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L'expression sur le visage du capitaine de l'Angleterre, Wayne Rooney, fait foi de tout. 

AP, Kirsty Wigglesworth

Pour l'Angleterre, l'Euro 2016 sera un tournoi dont on se souviendra longtemps mais, malheureusement, pas pour les bonnes raisons. Le tournoi a commencé avec la présence de hooligans hors de contrôle à Marseille et a pris fin avec l'une des défaites les plus humiliantes de l'équipe nationale.

Le revers de 2-1 contre la modeste Islande en huitièmes de finale, lundi, à Nice, a soulevé les interrogations habituelles au pays. Les footballeurs anglais, choyés et millionnaires, manquent-ils de patriotisme? Sont-ils écrasés par des attentes irréalistes qui les incitent à jouer avec la peur au ventre? Ou ne sont-ils pas assez bons, «pas dignes de porter le maillot» comme leurs supporteurs l'ont hurlé.

Ce sont les bilans habituels qui remontent à des décennies. À part deux demi-finales dans les années 90, l'Angleterre n'a pas fait sensation lors d'un tournoi majeur depuis qu'elle a remporté la Coupe du monde en 1966, son unique triomphe majeur.

Le gardien Joe Hart a avoué qu'il était «à court de mots» après la défaite, mais il s'est empressé de prendre la défense de l'équipe contre toute suggestion que les joueurs n'avaient pas essayé assez fort.

Coentraînée par un dentiste qui poursuit sa pratique, l'équipe islandaise méritait pleinement sa victoire. Bien préparée et habile tactiquement, elle a joué en confiance pendant la majeure partie du match.

Les joueurs anglais n'ont tout simplement pas été capables d'adapter leur plan de match et même d'avoir recours à des longs ballons au centre. Wayne Rooney, dans son nouveau rôle de milieu plus central, a peiné à contrôler le ballon et à compléter ses passes.

«Ce serait impossible de ne pas avoir les attentes que nous avions, d'avoir un état d'esprit positif en nous présentant à ce tournoi, a poursuivi Hart. Ils ont l'air fou maintenant. Nous avons été sortis par l'Islande. Nous allons devoir vivre avec.»

Accepter l'inévitable

Peut-être que l'Angleterre devrait tout simplement accepter qu'elle ne forme pas une grande puissance du football. Après tout, ça fait un demi-siècle que l'Angleterre a gagné la Coupe du monde.

Depuis la naissance de Marcus Rashford, le plus jeune membre de l'équipe anglaise, en 1997, l'Angleterre a remporté seulement deux matchs éliminatoires en compétition internationale. Ces victoires ont été acquises contre l'Équateur et le Danemark, deux équipes qui ne peuvent se vanter d'aligner le talent de l'Angleterre.

«En ce moment, je suis dévasté, mais ce n'est pas différent des autres fois», a reconnu Rooney.

Chaque échec ajoute plus de pression sur les épaules des joueurs anglais. C'est accentué par le fait que la Premier League est le circuit le plus riche au monde et qui compte le plus important contingent de tous à l'Euro 2016 avec 106 joueurs.

Indiscutablement, la défaite face à l'Islande a provoqué la consternation et le désespoir au pays mais l'Angleterre devra apporter les ajustements, se qualifier pour la Coupe du monde 2018 et puis, peut-être, envisager d'y avoir une chance.

L'entraîneur Roy Hodgson, qui a annoncé son départ après la défaite contre l'Islande, a déjà exprimé son optimisme quant à l'avenir, étant donné que l'équipe était l'une des plus jeunes formations à l'Euro 2016, avec des gars comme Dele Alli en milieu de terrain et Rashford lui-même. Les répercussions de la défaite contre l'Islande risquent toutefois de retarder leur carrière internationale. «C'est difficile à voir présentement, mais l'avenir est prometteur» a insisté Rooney.

Peut-être, mais l'Angleterre a beaucoup à faire.

Pour rejoindre Michel Platini, Ronaldo devra percer la défensive polonaise

Ronaldo à l'entraînement mardi... (AFP, Francisco Leong) - image 5.0

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Ronaldo à l'entraînement mardi

AFP, Francisco Leong

Si Cristiano Ronaldo veut permettre au Portugal de passer en demi-finales et égaler la marque établie par Michel Platini au Championnat d'Europe, il devra trouver une façon de percer la défensive de la Pologne, l'une des plus étanches de l'Euro 2016.

Ronaldo a inscrit huit buts en quatre participations à l'Euro, un de moins que l'ex-no 10 français. Il a par contre fait preuve d'inconstance au cours de la présente édition.

Frustré et fâché dans les verdicts nuls face à l'Islande et à l'Autriche, Ronaldo a démontré quelques bribes de son immense talent en marquant deux fois dans une autre nulle, 3-3, contre la Hongrie et en préparant le but gagnant de Ricardo Quaresma contre la Croatie, en huitièmes de finale.

La défensive de la Pologne a fière allure, n'ayant accordé qu'un but en quatre matchs, un but anthologique, celui du Suisse Zherdan Shaqiri, en ronde des 16.

Malgré l'absence de super-vedettes à la défensive - leurs arrières de premier plan jouent à Turin et à Varsovie - les Polonais ont travaillé d'arrache-pied pour récolter deux victoires de 1-0 et une autre aux tirs au but contre la Suisse. Ils ont également neutralisé l'attaque de l'Allemagne, championne du monde en titre, en phase de groupes dans un match de 0-0.

Tout comme son grand rival Lionel Messi, Ronaldo n'a jamais remporté de titre majeur en sélection nationale. Dans la portion de tableau considérée comme la plus faible, avec une demi-finale potentielle contre le pays de Galles ou la Belgique, ce pourrait bien être l'année où il mettra fin à la disette.

Bien que le Portugal ait éliminé une solide formation croate 1-0, l'équipe n'a pas réussi un seul tir cadré avant les arrêts de jeu. Mais la manière importe peu aux yeux du centre-arrière Jose Fonte, pour autant que le Portugal l'emporte. «Ça ne change rien que vous jouiez du beau football ou non, a-t-il dit. Vous devez gagner et je veux gagner. Si on doit mal jouer à chaque match et l'emporter, ça me va.»

Attaque au ralenti

Si l'attaque est au ralenti, la défensive portugaise inquiète aussi, avec quatre buts encaissés, le pire total de toutes les équipes.

Le chaotique nul de 3-3 contre la Hongrie dans le dernier match de la phase de groupes a forcé le sélectionneur Fernando Santos à repenser sa défensive, réunissant le duo de Southampton composé de Fonte et Cedric comme centres-arrières pour la ronde des 16 à la place de Ricardo Carvalho et Vierinha, qui avaient amorcé les trois matchs de la phase de groupes.

Le meilleur marqueur de la Pologne en qualification, Robert Lewandowski, n'a pas encore compté dans cet Euro 2016. Il a par contre souvent été sacrifié dans la stratégie polonaise, gardant occupées les défenses adverses afin de fournir de l'espace à l'ailier Jakub Blaszczykowski ou au deuxième attaquant Arkadiusz Milik. Plusieurs des occasions ainsi créées ont toutefois été bousillées, surtout par Milik.

L'Espagne tourne la page

L'Espagne restera dans les mémoires avec son inoubliable triplé Euro-Mondial-Euro entre 2008 et 2012, mais son échec lundi en huitièmes de l'Euro 2016 est venu clore ce chapitre glorieux, contraignant La Roja à écrire une nouvelle histoire, avec de nouveaux héros.

Pendant toutes ces années, les Espagnols ont dominé la planète football avec leur jeu de passes bien huilé. Jusqu'à l'élimination lundi soir au Stade de France contre l'Italie (2-0), ils n'avaient plus perdu ni encaissé un but dans un match à élimination directe d'une grande compétition depuis le Mondial 2006.

Mais toutes les histoires ont une fin : moins fringants, moins solides, moins rapides, les hommes du sélectionneur Vicente del Bosque ont fini par rendre leur double couronne européenne, deux ans après avoir déjà abandonné leurs lauriers mondiaux.

Sur l'ensemble de l'Euro-2016, l'Espagne a péché mentalement, comme une équipe rassasiée de trophées.

Avec le temps, les adversaires ont appris à contrecarrer le jeu espagnol. Avec le temps, les Espagnols ont perdu des joueurs-clés, comme Xavi ou Xabi Alonso (retraites internationales), et des leaders de vestiaire comme le défenseur Carles Puyol ou le gardien et capitaine Iker Casillas.

Des cadres comme Sergio Ramos (30 ans) ou Cesc Fabregas (29) ont été loin de leur niveau. D'autres, comme Casillas (35) ou Pedro (28), ont peu ou pas joué.

Par chance, l'Espagne dispose de plusieurs générations sacrées dans les catégories de jeunes. À condition de leur donner enfin leur chance, ce que n'a pas fait Del Bosque, laissant sur le banc Koke (24 ans) ou Thiago Alcantara (25).

«Il faut avoir confiance dans les joueurs qui arrivent», a résumé le capitaine Sergio Ramos. Outre Ramos, cette nouvelle ère devrait s'écrire avec Andres Iniesta (32 ans), toujours étincelant, qui a laissé entendre qu'il allait poursuivre : «Nous reviendrons plus forts», a-t-il lancé sur Twitter.  Avec AP

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