La main de Henry en tête

Robbie Keane et l'Eire affrontent la France dimanche... (AP, Claude Paris)

Agrandir

Robbie Keane et l'Eire affrontent la France dimanche en huitièmes de finale de l'Euro 2016. Il y a sept ans, Keane et ses coéquipiers avaient été privés de Mondial en raison d'un but controversé des Français à la suite d'une main de Thierry Henry.

AP, Claude Paris

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Paris

Sept ans après la fameuse main de Thierry Henry, France-Eire, en huitièmes de finale de l'Euro 2016, va réveiller de vieux fantômes dimanche à Lyon, surtout côté irlandais où personne n'a oublié cette action litigieuse qui a privé les Verts du Mondial 2010.

Les Irlandais ont-ils la mémoire courte? Évidemment, non. Ce ballon dévié de la main par Henry vers le pied de William Gallas en toute fin de prolongation du barrage retour (1-1 au Stade de France), est resté dans toutes les têtes.

À l'époque, le premier ministre en personne, Brian Cowen, s'était mobilisé pour réclamer que le match soit rejoué, mais la FIFA avait rejeté la demande de la Fédération irlandaise (FAI). Cinq ans plus tard, la FIFA a reconnu avoir payé la FAI pour qu'elle renonce à des poursuites judiciaires.

Robbie Keane, l'un des rescapés (avec Given, Whelan, Mc Geady, O'Shea) de cette soirée tragique pour l'Irlande, a assuré mercredi après la qualification acquise face à l'Italie (1-0) ne pas vouloir «y penser une seule seconde». Mais relancé sur le sujet par un journaliste, le vétéran du Galaxy de Los Angeles (35 ans) a laissé poindre un réel agacement. «Allez, passe à autre chose!» Preuve que le sujet reste brûlant et que ces retrouvailles remuent des souvenirs douloureux.

Coup de couteau dans la plaie

Pour d'autres anciens, il s'agit aussi clairement d'un nouveau coup de couteau dans la plaie, mais ce choc est peut-ête l'occasion d'exorciser les démons du passé.

«On va affronter les Français sans peur aucune et nous avons une petite affaire à régler avec eux», a déclaré Richard Dunne, qui a joué le match du Stade de France et travaille aujourd'hui comme consultant sur ITV.

Pour le gardien Shay Given, titulaire en 2009 et remplaçant à l'Euro, «cela ne sert à rien de regarder en arrière», mais les médias irlandais ne l'entendent pas de cette oreille et ont déjà commencé le match.

«Thierry Henry est sur toutes les lèvres, ce matin», a titré la semaine dernière l'Irish Examiner. «Pour les partisans irlandais, la vengeance est un plat qui se mange froid depuis le 18 novembre 2009 et cette vengeance aura lieu dimanche», a poursuivi le quotidien.

Sur les réseaux sociaux, le mot «vengeance» fleurit également depuis mercredi sur les comptes des principaux médias irlandais et des fans.

Thierry Henry, qui avait immédiatement reconnu avoir fait une main à l'époque, est aujourd'hui consultant pour Sky Sports. Et preuve que tous les Irlandais ne sont pas rancuniers, il a accepté de poser en photo avec deux de leurs partisans croisés dans un hôtel parisien avant le match Eire-Suède (1-1) il y a neuf jours. La photo a fait le tour de Twitter, avec tout de même écrit en guise de légende : «Il s'est excusé»...

Dans le clan français il ne reste que six rescapés de cette soirée devenue tristement célèbre (Lloris, Evra, Sagna et Gignac; Sissoko et Mandanda étaient sur le banc). Pour échapper à la pression, l'équipe a opté cette semaine pour des entraînements à huis clos.

Selon le gardien de l'équipe de France Hugo Lloris, qui va battre le record de capitanat (55 matchs) en Bleu, la main de Thierry Henry «appartient à l'histoire, c'est du passé».

«Je ne sais pas s'ils seront animés par un esprit de revanche. [...] De notre côté, on fait abstraction, on se prépare sereinement [...]. Il n'y aura pas d'excès de confiance de notre part. On respecte énormément l'Eire.»

Pour le sélectionneur de l'équipe, Didier Deschamps, le souvenir du barrage retour du Mondial 2010 n'aura aucune influence.

«Je ne vais pas m'en servir et je ne pense pas que mon homologue s'en servira. Cela appartient à l'histoire. Là, il y a une nouvelle histoire à écrire pour les deux pays. Au soccer, il n'y a pas de revanche. Ce qui s'est passé, on ne peut pas le changer.»

«Terminator» Skrtel en mission contre l'Allemagne

Le capitaine Skrtel (1,91 m; 81 kg) avec... (Agence France-Presse) - image 3.0

Agrandir

Le capitaine Skrtel (1,91 m; 81 kg) avec son crâne rasé, son regard métallique et sa mâchoire d'acier, inspire la crainte chez un attaquant.

Agence France-Presse

Il est en mission, comme dans le premier film de James Cameron : «Terminator», surnom de Martin Skrtel (photo) pour ses tacles destructeurs, doit neutraliser de l'Allemagne Thomas Müller ou les Super Mario Götze ou Gomez, les gâchettes qui menacent la défense de la Slovaquie en 8e finale de l'Euro 2016.

Il n'a pas la musculature d'Arnold Schwarzenegger. Mais capitaine Skrtel (1,91 m; 81 kg) avec son crâne rasé, son regard métallique et sa mâchoire d'acier, inspire la crainte chez un attaquant, comme un hooligan effraie le partisan de base qu'il croise.

Hormis les tatouages jusqu'au bout des bras, son look tranche avec le fantasque iroquois du milieu de terrain Marek Hamsik, l'autre «patron» de la sélection slovaque. À croire que leurs goûts capillaires coïncident avec leur répartition des tâches sur le terrain.

Car si le talentueux napolitain est chargé d'animer le jeu et de débloquer la situation dans la dernière passe ou avec sa qualité de frappe, le défenseur de Liverpool a pour mission de réduire les offensives adverses à néant.

Et peu importe la manière, à l'image du coup de coude assené au milieu gallois Jonathan Williams dans sa surface en phase de groupe (défaite 2-1), qui aurait pu lui valoir un carton rouge et un penalty contre son équipe.

«Je suis très doué techniquement et en plus très bon offensivement et extrêmement dangereux devant le but», a ironisé Skrtel pour parler des ses qualités.

Pour tenir tête au champion du monde allemand et empêcher Thomas Müller d'enfin débloquer son compte-épargne but dans la compétition, le quadruple meilleur joueur slovaque de l'année (2007, 2008, 2011 et 2012) connaît la tactique : repli défensif bien organisé, pressing haut, et contre-attaque rapide.

«Les petits pays ont probablement un meilleur esprit de cohésion, surtout quand ils affrontent des grandes nations», avait-il théorisé la semaine dernière. Agence France-Presse

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer