«Kuba» compte pour Anna

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«C'est un geste symbolique de remerciement à ma mère qui avait tant de confiance en moi» - Le Polonais Jakub Blaszczykowski, qui regarde vers le ciel après chacun de ses buts

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Agence France-Presse
Varsovie

Si la Pologne est en huitièmes de finale de l'Euro, c'est en partie grâce à lui et à son but contre l'Ukraine (1-0). Jakub Blaszczykowski est un incroyable battant, dont l'enfance a été bouleversée par un drame familial qu'il a mis des années à surmonter.

Né dans le Sud de la Pologne, à Czestochowa, il a 11 ans quand sa mère Anna meurt dans ses bras, poignardée par son père lors d'une dispute conjugale.

Aujourd'hui âgé de 30 ans, le milieu de terrain blond regarde toujours vers le ciel après chaque but marqué. «C'est un geste symbolique de remerciement à ma mère qui avait tant de confiance en moi», explique cet homme marié et papa poule de deux enfants.

Son enfance à lui n'a plus jamais été la même après le meurtre de sa mère.

Après ce drame, le petit «Kuba» - le diminutif de Jakub en polonais - et son frère sont pris en charge par leur grand-mère. Il trouve aussi un soutien de poids auprès de son oncle maternel Jerzy Brzeczek, ancien milieu de terrain et capitaine de la sélection polonaise.

Celui qui fut médaillé d'argent aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 aide le jeune garçon à retrouver petit à petit un équilibre, et à reprendre le foot qu'il avait mis entre parenthèses.

«Ça m'a pris des années avant que j'arrête d'y penser avec la haine dans le coeur», déclare Kuba dans une interview accompagnant la sortie en Pologne de son autobiographie en 2015.

«Quelle que soit ta vie et quels que soient les obstacles qu'elle nous dresse, l'important est de ne jamais baisser les bras mais de continuer d'avancer [...] de ne jamais s'apitoyer sur son sort mais de faire son travail», témoigne-t-il encore.

Blaszczykowski, dont l'orthographe du nom est un cauchemar pour la presse internationale, s'est construit un imposant palmarès.

Champion de Pologne avec le Wisla Cracovie, double champion d'Allemagne avec le Borussia Dortmund, en 2011 et en 2012, vainqueur de la Coupe d'Allemagne en 2012 et finaliste de la Ligue des champions en 2013, footballeur polonais de l'année en 2008 et en 2010...

Le milieu de terrain s'est fait connaître à Dortmund, associé à Lukasz Piszczek et Robert Lewandowski, pour un trio polonais de feu qui a fait les heures de gloire du Borussia, avant le départ de Lewandowski chez le rival du Bayern Munich.

Pépins physiques et coups du sort

Mais il a aussi accumulé les pépins physiques et les coups du sort dans les grandes compétitions. Il se blesse ainsi à l'entraînement à la veille de l'Euro 2008 et est obligé de renoncer au tournoi.

Début 2014, il est victime d'une rupture des ligaments croisés, avec quasiment une année blanche. En 2015, le Borussia le prête finalement à l'équipe italienne de la Fiorentina, mais il est envoyé sur le banc des remplaçants et un sérieux doute plane sur sa participation à l'Euro 2016.

Cet Euro ressemble donc bien à une juste récompense pour un joueur qui n'a jamais baissé les bras.

Lors du premier match à contre l'Irlande du Nord, Blaszczykowski passe la balle à Arkadiusz Milik qui la transforme en but.

Mardi, à Marseille, d'un superbe enchaînement il offre aux Polonais une première historique : jamais ils n'étaient sortis des matchs de groupes d'un Euro, pas même à domicile il y a quatre ans, où «Kuba» avait déjà marqué, contre la Russie (1-1).

De quoi recevoir des félicitations de toute part, parfois inattendues, comme celles de Gladiator lui-même, l'acteur néo-zélandais Russell Crowe. «Kuba! Bravo la Pologne», s'est-il fendu dans un tweet, largement repris.

Samedi, les Polonais affronteront la Suisse en huitièmes de finale. Et tout le monde en Pologne attend de nouveau le coup d'oeil de «Kuba» vers le ciel.

Des Anglais prudents au sujet du Brexit

«Évidemment, on s'est réveillés ce matin, on a... (Agence France-Presse) - image 3.0

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«Évidemment, on s'est réveillés ce matin, on a vu les infos et quelques-uns d'entre nous en ont parlé. Mais je ne pense pas que les gars se focalisent trop là-dessus. Réussir l'Euro, c'est le principal», a commenté l'attaquant Harry Kane.

Agence France-Presse

À l'Euro comme ailleurs, la décision historique prise par le Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne agite les conversations vendredi, mais ce ne sont pas les joueurs britanniques qui en parlent le plus facilement. Que pensent les joueurs anglais du Brexit? 

«Évidemment, on s'est réveillés ce matin, on a vu les infos et quelques-uns d'entre nous en ont parlé. Mais je ne pense pas que les gars se focalisent trop là-dessus. Réussir l'Euro, c'est le principal», a commenté l'attaquant Harry Kane, visiblement briefé par son encadrement: 

La veille, jour de scrutin, son capitaine, la star de Manchester United Wayne Rooney, avait refusé de révéler s'il votait pour le maintien dans l'UE ou la sortie du giron européen, solution finalement adoptée à 51,9 % des voix. Trois sélections du Royaume-Uni participent à l'Euro et sont toutes qualifiées pour les huitièmes de finale, qui ont lieu de samedi à lundi : l'Angleterre, le pays de Galles et l'Irlande du Nord.

Également qualifiée, la République d'Irlande (l'Eire) ne fait pas partie du Royaume-Uni et n'est donc pas concernée par le Brexit. L'Écosse, elle, n'est pas à l'Euro. Le pays de Galles a largement penché pour la sortie. Sur le plan du soccer aussi, sa sélection va vivre un moment historique : pour sa première participation à l'Euro, elle affrontera samedi en huitièmes de finale l'Irlande du Nord... qui s'est prononcée contre le Brexit.

Le sélectionneur gallois Chris Coleman évacue lui aussi la question en conférence de presse : «On est encore dans l'Euro, c'est ça qui compte. On en parlera après le tournoi. On ne sait pas encore qui a voté quoi, dans quelle partie du pays. Cela n'a pas été analysé.»

Son homologue nord-irlandais, Michael O'Neill, jure également que ses joueurs n'y pensent pas.  

Loin des discours convenus, c'est un joueur italien, Giorgio Chiellini, qui va le plus loin sur la question. «La préoccupation majeure est l'effet domino que pourrait causer cette décision», craint le défenseur, titulaire d'une licence d'économie.

Le Brexit est pour lui «un signe négatif» et «le symptôme d'un mécontentement général, perceptible dans toute l'Europe», analyse-t-il en relevant que «ce sont surtout des plus de 60 ans qui ont voté pour» la sortie.

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