Décès de l'artiste du football Johan Cruyff

En 1974, Johan Cruyff avait mené les Pays-Bas... (Archives AFP)

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En 1974, Johan Cruyff avait mené les Pays-Bas à la finale du Mondial perdue contre l'Allemagne de l'Ouest. Ci-dessus, le légendaire «Hollandais volant» déjouer le gardien argentin Daniel Carnevali en quarts de finale.

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Associated Press
Barcelone

Il arrivait à jongler au pied avec un paquet de cigarettes, mais le tabac, son péché mignon, a eu le dernier mot. Johan Cruyff, incarnation du football total du grand Ajax Amsterdam des années 70, un des plus grands joueurs de tous les temps, est décédé jeudi à Barcelone des suites d'un cancer des poumons à 68 ans.

Premier joueur à remporter trois Ballons d'or (1971, 1973 et 1974), homme charismatique, entraîneur révolutionnaire, le «Hollandais volant» était dans la catégorie des Pelé, Maradona, Platini. Le gamin des rues d'Amsterdam est une légende.  Personnage hors norme, Cruyff était un joueur à l'âme de rebelle qui fumait à la mi-temps des matchs et qui avait une classe folle sur le terrain avec ses cheveux longs et son allure de rock star. Le numéro 14 le plus célèbre de la planète foot.

Il avait abandonné le tabac en 1991 à la suite d'une intervention chirurgicale au coeur. Il avait participé à une campagne télévisée antitabac où on le voyait jongler au pied avec un paquet de cigarettes avant de le dégager d'une jolie reprise de volée.

Passé professionnel à l'âge de 17 ans, Cruyff a révolutionné le poste de meneur de jeu. En 2 passages et 364 matchs sous le maillot de l'Ajax, l'ailier, capable de jouer des deux pieds, a inscrit 269 buts, certains extraordinaires.

Le style offensif de l'Ajax, puis de l'équipe des Pays-Bas, tranche avec le catenaccio (jeu cadenassé), alors le modèle prévalant en Europe. Cruyff est infatigable sur les terrains et construit ce que l'on appellera le «football total», où défenseurs et attaquants participent en permanence à la conquête du ballon.

Contre Franco

L'élégance rapporte : huit titres de champion des Pays-Bas, trois Coupes d'Europe, dont une où Cruyff a terminé meilleur buteur, une Coupe intercontinentale, une Supercoupe d'Europe. En équipe nationale, le Néerlandais aura approché le Graal, en atteignant la finale du Mondial de 1974. Meilleur joueur du tournoi, au sein des Oranje, alors probablement la meilleure équipe du monde.

Mais c'est la RFA de Franz Beckenbauer qui fut sacrée (2-1). Le «Kaiser», élogieux, dira plus tard que Cruyff était de «ceux qui ont fait du foot un art». 

Puis vient l'ère barcelonaise, en pleine période franquiste. «El Salvador» quitte les canaux d'Amsterdam pour rejoindre la Catalogne en 1973 et un club qui n'a plus gagné le moindre titre de champion d'Espagne depuis 1960. Le transfert est une réussite totale. Après son premier match sous les couleurs blaugranas, l'équipe ne perd plus la moindre rencontre de la saison et enlève la Liga.

À l'époque, Cruyff avoue qu'il aurait pu signer un an auparavant avec le Real Madrid, mais que le soutien du dictateur Franco à cette équipe lui aurait été insupportable. De quoi en faire un héros au Barça, avec lequel il remportera également la Coupe d'Espagne (1978). Ce qui ne l'a pas empêché de partir de Barcelone, fâché avec ses dirigeants, et de s'exiler deux ans aux États-Unis (1979-1981), avant de revenir à l'Ajax où il remporte deux nouveaux titres (1981-1983).

Il a raccroché les crampons à 37 ans, après 20 ans passés à dribbler le monde. «J'incarne une époque où le football offensif était synonyme de succès. Le plaisir est une notion fondamentale», expliquait-il. Un principe qui guidera aussi sa carrière d'entraîneur dans ses clubs fétiches (Ajax et Barcelone) avec lesquels il obtient aussi de nombreux succès, dont la C1 en 1992 avec le Barça.  Avec AFP

Ses grandes phrases...

 Johan Cruyff en 2009... (Archives AFP) - image 3.0

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 Johan Cruyff en 2009

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Joueur de légende, Johan Cruyff était aussi connu pour ses déclarations fulgurantes à propos du football ou de la vie en général. Voici un florilège recueilli par l'Agence France-Presse:

«Jouer au football est très simple, mais jouer simple au football, c'est la chose la plus difficile qui existe.»

***

«Je ne suis pas religieux. En Espagne, les 22 joueurs font le signe de croix avant d'entrer sur le terrain. Si ça marchait, tous les matchs devraient se terminer en résultat nul.»

***

«La qualité sans les résultats est inutile. Les résultats sans la qualité sont ennuyeux.»

***

«Quand vous disputez un match, c'est statistiquement prouvé qu'un joueur a le ballon trois minutes en moyenne. Donc, le plus important, c'est ce que vous faites les 87 minutes pendant lesquelles vous n'avez pas le ballon. C'est ce qui détermine si vous êtes un bon joueur ou pas.»

***

«Pourquoi ne pourriez-vous pas battre un club plus riche? Je n'ai jamais vu un sac de billets marquer un but.»

***

«Je suis un ancien joueur, ancien directeur technique, ancien entraîneur, ancien manager, ancien président d'honneur. Une belle liste qui montre une fois encore que tout finit par s'arrêter.»

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