Blatter et Platini suspendus

Le président de la FIFA, Sepp Blatter,  a... (AP, Patrick B. Kraemer)

Agrandir

Le président de la FIFA, Sepp Blatter,  a déclaré qu'il se «battrait jusqu'au bout» pour prouver son innocence. Dans un discours enflammé, il a précisé qu'il en appellerait devant le Comité d'appel de la FIFA afin de faire renverser la suspension de huit ans qui lui a été imposée.

AP, Patrick B. Kraemer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Associated Press
Genève

Le président de la FIFA et son vis-à-vis de l'UEFA, Sepp Blatter et Michel Platini, ont été suspendus pour huit ans de toute activité dans le monde du football par la Cour éthique de la FIFA, qui écarte ainsi d'un seul coup deux des plus importants leaders du sport.

On leur reproche d'avoir été en conflit d'intérêts pour une affaire de paiement, versé en 2011, de quelque 2,75 millions $CAN approuvé par Blatter pour du travail effectué par Platini entre 1998 et 2002 et qui fait l'objet d'une enquête criminelle en Suisse.

Les deux hommes ont rapidement réagi en réponse à ce verdict. Ils nient avoir quoi que ce soit à se reprocher et comptent porter en appel cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). «Je me battrai», a dit Blatter au cours d'une conférence de presse à Zurich. «Je me battrai jusqu'au bout.» Platini a quant à lui dit de tout ce processus qu'il a été une «véritable mascarade».

Blatter enflammé

Blatter a invoqué Nelson Mandela, Martin Luther King et les Nations Unies dans une prestation enflammée de 52 minutes devant les médias internationaux, précisant qu'il en appellerait aussi devant le Comité d'appel de la FIFA. Ses derniers mots ont été : «Je serai de retour, merci».

Il s'agit d'une fin de carrière en disgrâce pour l'homme de 79 ans, qui a oeuvré au sein de la FIFA pendant 40 années, dont les 17 dernières à la présidence. S'il regrette sa position actuelle, il déclare n'avoir rien à se reprocher.

«Je n'ai pas honte, a-t-il dit. Je suis désolé qu'on se défoule sur moi et je suis désolé pour le football. Je suis maintenant suspendu huit ans. Mais je suis suspendu huit ans pour quoi?»

Platini critique

Platini a aussi sévèrement critiqué le travail du Comité d'éthique. Il a dit des procédures, notamment de l'audience à laquelle il n'a pas participé plus tôt ce mois-ci, qu'elles avaient été «orchestrées [...] par des organismes que je connais bien» afin de ternir sa réputation.

«Je suis convaincu que mon sort était déjà scellé avant l'audience du 18 décembre et que ce verdict n'est que l'habillage pathétique d'une volonté de m'éliminer du monde du football. Sur les terrains comme dans l'exercice de mes mandats, mon comportement a toujours été irréprochable et je suis, pour ma part, en paix avec ma conscience.»

Le Français âgé de 60 ans, qui a aussi déclaré qu'il allait engager des poursuites civiles afin d'être dédommagé pour ce qu'il vient d'endurer, semble être à bout de recours dans sa quête pour remplacer Blatter à l'élection présidentielle du 26 février 2016. Dans une courte déclaration, l'UEFA a indiqué être «extrêment déçue» de cette décision et qu'elle appuie ce que fait Platini pour nettoyer sa réputation.

Les juges à l'éthique de la FIFA ont statué que Blatter et Platini avaient contrevenu à leurs règles sur les conflits d'intérêts, le bris de loyauté ainsi que sur la politique en ce qui a trait à l'offre et à l'acceptation de cadeaux. Dans le jugement rendu lundi, Blatter est également mis à l'amende pour quelque 70 000 $. Platini a écopé d'une amende d'un peu plus de 112 000 $.

Aucune justification

«Ni dans sa déclaration écrite ni au cours de son audience M. Blatter a-t-il été en mesure de fournir une justification légale pour ce versement, ont dit les juges. En faillissant à placer les intérêts de la FIFA à l'avant et en ne pouvant s'abstenir de faire quoi que ce soit de contraire aux intérêts de la fédération, M. Blatter a violé ses obligations fiduciaires envers celle-ci. Son admission d'un accord oral a été jugée non convaincante et rejetée par cette instance.»

Blatter a réagi à cette conclusion pendant sa conférence de presse, rejetant le portrait de menteurs qu'a fait le comité des deux hommes. Il a admis une «erreur» administrative le fait d'avoir omis d'indiquer la dette de la FIFA à l'endroit de Platini dans ses livres pendant huit ans. Mais il a insisté : «Ça n'a rien à voir avec les règles d'éthique».

Aller voir un match de foot... à condition de payer

Malgré leur suspension de huit ans de toute activité liée au football, Michel Platini et Sepp Blatter pourront toujours aller voir un match de football... à condition qu'ils paient eux-mêmes leur billet.

La suspension de huit ans infligée lundi par la commission d'éthique de la FIFA à Blatter, président démissionnaire de la FIFA âgé de 79 ans et Platini, 60 ans, à la tête de l'UEFA et candidat à la succession du Suisse, n'a pas les mêmes implications pour les deux hommes, mais bien les mêmes conséquences.

Concrètement, la FIFA interdit désormais à Blatter comme à Platini «toute activité liée au football», sur les plans administratif, sportif ou autres, au niveau national ou international. Cette interdiction s'applique «immédiatement».

Comme cela est le cas depuis leur suspension provisoire prononcée le 8 octobre dernier, les deux hommes ne peuvent plus se rendre à leur bureau au siège de la FIFA ou de l'UEFA ou participer au tirage au sort de compétitions ou présider à des tournois de la FIFA ou de l'UEFA.

«Blatter ne peut pas entrer au siège de la FIFA, parler au nom de la FIFA ou écrire sur du papier à en-tête de la FIFA», a précisé une source proche de la FIFA.

Le respect de ces mesures sera contrôlé par l'instance disciplinaire de la FIFA à laquelle tout manquement peut être signalé, selon un source familière du dossier.

Ni commentateur ni consultant pour la télé

Mais en vertu «du principe de respect des droits de l'Homme», selon cette source proche de la FIFA, les deux hommes ont le droit de se rendre dans un stade pour assister à un match de football, qu'il s'agisse, précise une autre source proche du dossier, d'un match de Ligue 1 ou d'un match international comme une rencontre du prochain Euro en France, «à condition qu'ils achètent leur billet».

«Tous deux sont libres d'acheter un billet, que ce soit pour assister à un match du FC Viège [ville natale de Blatter] ou de l'équipe de France. Mais ils ne sont pas autorisés à recevoir une invitation gratuite pour la zone VIP», a précisé cette même source proche du dossier.

«De plus, ils ne peuvent pas non plus avoir d'activités liées au football comme un travail de commentateur ou de consultant pour une chaîne de télévision», selon la même source.  Avec AFP

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer