Plus difficile de gagner le championnat d'Europe que le Mondial? Les tenants de cette affirmation ont des arguments solides pour l'appuyer. Ils soulignent que la Coupe du monde accueille souvent des formations médiocres issues de continents autres que l'Europe et l'Amérique du Sud. En comparaison, l'Euro se veut, dès la présentation des matchs de la première ronde, un véritable test pour les 16 équipes participantes à cause de la qualité de chacune d'elle. Par exemple, dès le début du tournoi, la France, l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre et les Pays-Bas doivent croiser le fer.
Une analyse des dernières présentations de chacun des évènements permet de conclure que l'Euro a offert du soccer de bien meilleure qualité que le Mondial. Et l'Euro 2012 ne devrait pas faire exception. Seul bémol, rien ne garantira que les joueurs qui y prendront part seront au sommet de leur forme.
Championne défendant et favorite, l'Espagne débarque en Pologne aux lendemains d'une saison très exigeante pour ses équipes du championnat espagnol, surtout le Real Madrid et Barcelone qui se sont aussi rendus en demi-finales de la Ligue des champions. De plus, plusieurs athlètes ont joué la saison dernière dans la Premier League anglaise, dont les activités se sont déroulées sans interruption du mois d'août 2011 à mai dernier.
Problèmes à l'horizon?
Si l'Euro 2012 est assuré de faire la manchette pour les prouesses des joueurs sur le terrain, il pourrait malheureusement aussi le faire à cause de certains problèmes de logistique. Car même si les autres championnats européens ont tous dû faire face à certains problèmes à l'extérieur des stades, le premier Euro de l'histoire à être présenté en Europe de l'est soulève bien des questionnements.
Accueilli par la Pologne et l'Ukraine, le Championnat d'Europe sera joué sur deux fuseaux horaires. Les participants devront aussi composer avec deux langues bien distinctes et deux monnaies. Comme si ce n'était pas assez, les distances entre les différents stades seront très grandes. Et de sérieux doutes subsistent toujours quant aux infrastructures de transport et de la disponibilité et des tarifs des hôtels pouvant recevoir les athlètes et les amateurs.
Pour ces raisons, l'Ukraine a même failli perdre son statut de ville hôtesse de l'Euro 2012 il y a environ un an. Et même si les choses ont fini par s'arranger, Michel Platini (président de l'Union des associations européennes de football) a récemment fait une sortie contre les hôteliers ukrainiens qu'il a qualifié de bandits et de voleurs pour avoir exagérément gonflé le prix de leurs chambres d'hôtel pour la durée de l'Euro.
Une dernière inquiétude hante bien des gens à l'aube de l'Euro 2012 : le racisme. Tant en Pologne qu'en Ukraine, de nombreux partisans ont la très mauvaise réputation d'insulter les joueurs de race noire. Un problème que les organisateurs polonais et ukrainiens ne devront pas prendre à la légère.