Une Tunisienne en Amérique

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Maroua Chebbi travaille aussi dans un camp de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Maroua Chebbi travaille aussi dans un camp de jour pour enseigner aux enfants et comprendre la mentalité des gens d'ici.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Guillaume Dumas
Le Soleil

(Québec) Maroua Chebbi a toujours pratiqué un soccer axé sur la technique et la circulation de ballon dans sa Tunisie natale. C'était avant qu'elle ne traverse l'océan Atlantique au début du mois de juin pour une immersion totalement américaine.

Désormais, cette joueuse de milieu de terrain au curriculum vitae étoffé apprend les rudiments du ballon rond tel que pratiqué sur notre continent. Exit les interminables dribbles et les nombreux contrôles, bienvenue au jeu direct à une seule touche. «Pour l'instant, mon adaptation me semble plutôt correcte. Je dirais même que ça se passe plus rapidement que prévu et c'est tant mieux puisque la saison dure deux mois à peine», a confié la recrue de l'Amiral SC, le club semi-professionnel de la W-League. «La transition s'est faite naturellement, je n'ai presque pas senti que j'avais changé de milieu.»

La Tunisienne de 22 ans s'exposait pourtant à un important choc culturel quand elle a accepté l'invitation de David Desloges à porter le maillot de l'Amiral après leur rencontre au Tournoi international de Menton (France). D'ailleurs, la prestation à cette compétition des joueuses de l'Olympique du club Cap-Rouge?Saint-Augustin (CRSA) lui avait donné un avant-goût de la dimension physique des joueuses de chez nous...

«Le style tunisien est davantage basé sur la technique et la patience. Nous aimons bien faire tourner le ballon pour épuiser l'adversaire, tandis que le style américain s'a­vère plus costaud. On joue toujours vers l'avant, comme s'il fallait marquer le plus vite possible», a-t-elle remarqué avec justesse. L'aventure semblait trop intéressante et enrichissante pour que cette athlète dépourvue de tout snobisme footballistique refuse une offre pareille de tenter sa chance à l'étranger.

Trois cent quatre-vingt-cinq minutes de jeu plus tard, les quatre buts de Chebbi confirment que son adaptation se déroule à vitesse grand V bien que l'internationale tunisienne apprécierait s'imposer encore plus. «L'entraîneur et les autres filles ont fait leur travail pour faciliter mon intégration, c'est maintenant à moi de m'épanouir. Je me sens à 60 % ou 70 % de mes capacités techniques et tactiques. C'est une situation un peu frustrante. Quand je serai à 100 %, on verra ce que la technique peut con­crètement apporter dans le jeu à l'américaine», a ajouté cette spécialiste des frappes sur ballon arrêté.

Près du Rouge et Or

Chebbi ne lésine cependant pas sur les moyens à prendre pour connaître du succès au Canada. D'abord, elle a refusé de participer à deux stages en France avec son équipe nationale pour se consacrer essentiellement à la cause de l'Amiral. Puis, elle bosse aussi avec les gamins du camp de jour du CRSA, non pas pour l'argent, mais bien pour enseigner et comprendre davantage la mentalité des gens d'ici. «J'apprends beaucoup de choses, mais je ne pige toujours pas pourquoi il faut payer pour jouer au soccer ici», a remarqué le numéro 21, qui poursuit par correspondance une maîtrise en coaching donnée par une université tunisienne.

Son séjour de découvertes risque de se prolonger cet automne puis­que deux universités québécoises ont manifesté de l'intérêt à accueillir Chebbi dans leur institution... et dans leur équipe de soccer, bien entendu! Et il semble bien que le Rouge et Or remportera l'enchère même si une rencontre officielle avec Helder Duarte, l'entraîneur-chef, reste à venir cette semaine. «On a aimé mon style et ma façon de jouer, même si ce n'est pas évident pour moi de ne pas trop toucher la balle. Il n'y a rien de confirmé encore, mais je resterais dans le même chemin en choisissant l'Université Laval maintenant que je connais des gens à Québec.»

Si des futures études en psychologie sportive la stimulent énormément, il n'y a pour le moment rien d'autre à son esprit que la fin de la saison régulière de son club et, surtout, les séries éliminatoires que l'Amiral devrait connaître à sa première année d'existence.

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