Repenser le règlement «Québecor»

Le règlement interdisant toute transaction entre l'Armada et... (Photothèque Le Soleil)

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Le règlement interdisant toute transaction entre l'Armada et les Remparts, deux propriétés de Québecor, a été mis en place en 2014 pour éviter l'apparence de conflit d'intérêts. Plusieurs dirigeants de la LHJMQ, dont le dg et coach de l'Armada Joël Bouchard (photo), croient qu'il serait temps de l'assouplir un peu.

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(Québec) Lorsque les Remparts ont été acquis en novembre 2014 par Québecor, déjà détenteur à 70 % de l'Armada, la LHJMQ a mis en place un règlement interdisant toute transaction pour éviter l'apparence de conflit d'intérêts. Deux ans et demi plus tard, plusieurs dirigeants croient qu'il est temps de le faire évoluer.

La rigidité du règlement complique la vie de toutes les formations du circuit. La mesure instaurée par le commissaire Gilles Courteau prévoyait que toutes formes d'échanges soient prohibées entre Québec et Blainville-Boisbriand, même ceux touchant des joueurs ou des choix qui ne leur appartiennent plus, mais qui avaient transité, à un moment donné, par l'une ou l'autre des deux équipes.

Le dg de l'Armada Joël Bouchard s'est d'ailleurs vu refuser ce genre de troc mercredi, car l'un des choix inclus dans la transaction avait déjà appartenu à Québec, il y a deux ans. «Ce règlement a été fait avec de bonnes intentions, mais je pense que nous sommes rendus à un moment où il faut regarder les possibilités», a estimé le grand patron de Blainville-Boisbriand en marge des assises annuelles de la LHJMQ, jeudi à Saint-Jean (N.-B.).

«La réalité, c'est que ça ne bloque pas juste Québec et Blainville, mais que ça bloque beaucoup d'équipes. Depuis que le règlement a été mis en place, ç'a eu, à chaque année, deux ou trois incidences sur des situations qui n'avaient pas tout le temps rapport.»

Bouchard a illustré son propos en rappelant l'échange qui avait fait passer Massimo Carozza des Remparts aux Screaming Eagles, en janvier 2016. Ce pacte avait été annulé par le commissaire Courteau en raison d'un choix qui avait transité par Blainville, quelques années auparavant. Les deux organisations s'étaient ensuite entendues sur un choix différent et la transaction avait tout de même pu être conclue, mais il s'en était fallu de peu qu'elle avorte.

«Philippe [Boucher] n'aurait pas pu faire sa transaction. Ça fait faire de la mauvaise business pas juste à nous autres, mais à tout le monde. Quand ça tombe dans la mauvaise business, là, à mes yeux, ça bloque le bon fonctionnement de la ligue», a jugé Bouchard, qui détient 6 % des parts de l'Armada.

Contorsions administratives

Chez les Mooseheads d'Halifax, l'entraîneur-chef André Tourigny est d'accord pour dire que le règlement doit être revu et amélioré. «Je pense que le fond de la règle est bon et nécessaire, mais il y a sûrement une logique qu'on peut utiliser à quelque part pour faire évoluer la règle. Un moment donné, dans le hockey, il faut se servir du gros bon sens», a jugé le pilote, dont la formation détient plusieurs choix ayant déjà appartenu aux Remparts.

Présentement, les organisations doivent faire des contorsions administratives pour parvenir à compléter des échanges. Jusqu'où doivent-elles aller afin d'assurer la probité de la ligue?

«Si un choix a transité par deux clubs, je ne peux pas croire [qu'il y ait collusion]», pense Tourigny. «Et puis, quand on parle d'un choix de quatrième ronde... Un moment donné, on ne va pas se mettre à essayer à temps plein d'échanger un choix de quatrième ronde pour qu'il puisse nous revenir. Il faudrait qu'il y ait une certaine souplesse.»

Philippe Boucher vivrait bien avec une formule mixte, c'est-à-dire interdiction d'échanges directs entre ses Remparts et l'Armada, mais possibilité d'échanges indirects. Un scénario auquel souscrit également Bouchard.

Cela permettrait, par exemple, à un joueur originaire de Québec, ayant été repêché par l'Armada et évoluant pour l'une des 16 autres formations de la LHJMQ, de terminer sa carrière chez lui, avec les Remparts.

***

St. John's bientôt de retour?

Un groupe d'hommes d'affaires mené par Glenn Stanford et Tony Kenny s'est montré intéressé à accueillir une franchise de la LHJMQ au Mile One Centre de St John's de Terre-Neuve, qui se retrouve sans locataire  au lendemain du déménagement des Ice Caps de la Ligue américaine à Laval, a appris Le Soleil, jeudi.

Cette candidature évaluée à 6 millions $, selon les informations qui circulent, devrait se retrouver au coeur des discussions à l'assemblée annuelle du Bureau des gouverneurs de la LHJMQ, vendredi après-midi. «On va sûrement en parler, parce qu'il y a eu une demande de leur part. Je ne sais si c'est une demande officielle, mais ce que je sais, c'est qu'ils ont manifesté leur intérêt à avoir une équipe, maintenant que la Ligue américaine est partie», a raconté le gouverneur des Remparts de Québec, Julien Gagnon.

Selon ce dernier, le retour d'une équipe à Terre-Neuve ne serait toutefois pas pour demain. Il faudrait d'abord que le contexte soit favorable pour la ligue, ce qui ne semble pas être le cas pour l'instant. «Il y a loin de la coupe aux lèvres. De toute façon, il faudrait qu'il y ait une volonté d'expansion, chose que nous ne sommes pas prêts encore à faire, selon Monsieur le Commissaire [Gilles Courteau]. Et je pense qu'il a raison. Et deuxièmement, il n'y a pas d'équipe qui montre présentement le désir de déménager.»

D'emblée, Gagnon ne s'oppose pas au retour de St. John's. Les embûches qui ont toutefois mené au départ des Fog Devils pour Montréal en 2008, après seulement trois années à Terre-Neuve, devront toutefois d'être aplanies, estime-t-il. «Je pense que c'est un bon marché, mais il y a eu des problèmes dans le passé, notamment en ce qui a trait aux voyagements. C'est ce qui a fait en sorte que l'équipe a été déménagée. Est-ce qu'on peut régler ce problème-là à long terme? C'est la principale question.»

***

Embouteillage de 20 ans sur le marché

À la veille de l'ouverture de la période des échanges dans la LHJMQ, les directeurs généraux du circuit Courteau faisaient grand état de la surabondance de joueurs de 20 ans sur le marché, jeudi. Des 123 joueurs nés en 1997 qui évoluaient dans la Ligue en 2016-2017, 99 ont manifesté le désir de revenir. Et c'est sans compter ceux qui ne se tailleront pas une place avec leur club professionnel!

Cet embouteillage sur le marché des échanges force les dirigeants à faire une analyse en profondeur de leurs besoins et de leur capacité de payer. «Parce que de ces 55 attaquants, 33 défenseurs et 10 gardiens de but, il va toujours bien en avoir seulement 54 qui vont jouer!» a souligné Serge Beausoleil, le directeur général de l'Océanic.

«Les prix sont donc assez importants, mais les choix valent plus que les prix, en ce moment. Ça veut dire qu'il y a beaucoup de gars de disponibles. Juste chez nous, il y a deux gardiens de but de 20 ans qui viennent au camp.» En plus de ces deux portiers, deux attaquants de 20 ans - Samuel Laberge et Samuel Dove-McFalls, qui n'a pas été signé par les Flyers de Philadelphie et dont l'acquisition des Sea Dogs devrait être confirmée vendredi - lutteront pour l'un des trois postes disponibles chez l'Océanic.

Pas de petite fondue...

Il ne s'agissait que de l'un des dossiers qui occupaient le grand patron des opérations hockey de l'Océanic au deuxième jour des assises annuelles de la LHJMQ, jeudi à Saint-Jean. Détenteur de trois choix de première ronde (1er, 10e, 12e), Beausoleil a participé activement aux discussions de corridors, mais affirme ne pas avoir été sollicité outre mesure par ses homologues, même s'il a été vu à quelques reprises en compagnie de Yanick Jean, dg des Saguenéens.

«C'est assez calme de ce côté-là, à cause de la qualité de l'encan pour tout le monde. Ça m'étonnerait aussi qu'on assiste à une première ronde aussi frivole que ça l'a été, l'année passée. Steve [Ahern] avait alors fait un travail d'artiste. Il faut le dire : il est sorti de là avec quatre choix de première ronde! Et il a fait de bonnes sélections, en plus. Mais ç'a été épique de les voir aller. Nous, on aurait pu se faire une petite fondue!» a-t-il lancé au sujet de son collègue baie-comois, qui a de nouveau tenté le coup de circuit jeudi en offrant ses sixième et neuvième choix aux Wildcats pour s'avancer au troisième rang, mais a essuyé un refus.

Quant à ses discussions avec Jean, Beausoleil n'a pas voulu en dévoiler la teneur. Il ne s'est toutefois pas dit opposé, comme plusieurs de ses collègues, à l'idée de transiger à l'intérieur même de sa division.

«Je ne sais pas si c'est aussi vrai qu'avant [qu'on évite de transiger dans sa propre division]. Personnellement, ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Cette année, on a transigé Picco à Phil [Boucher], à Québec. On a envoyé Dufort-Plante à Baie-Comeau. Si la division se rencontrait en séries éliminatoires, je pense que ce serait différent.»




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