Du hockey dans l'amphithéâtre

L'achat des Remparts par Québecor annoncé jeudi assure... (Le Soleil, Erick Labbé)

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L'achat des Remparts par Québecor annoncé jeudi assure au bâtiment à 400 millions $ un minimum d'une cinquantaine de jours d'activité par an.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Il y aura du hockey dans l'amphithéâtre de Québec dès son ouverture. Ce ne sera pas pour l'instant celui des Nordiques. Mais l'achat des Remparts par Québecor annoncé jeudi assure au bâtiment à 400 millions $ un minimum d'une cinquantaine de jours d'activité par an.

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L'homme d'affaires Jacques Tanguay, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion, et le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Gilles Courteau.

Le Soleil, Patrice Laroche

L'annonce a eu l'effet d'une bombe dans le milieu sportif, mais aussi économique et politique de Québec. Plus que la transaction d'une équipe de hockey, le fait que le futur gestionnaire de l'amphithéâtre mette la main sur la prestigieuse franchise de hockey junior est une «base» importante de la vitalité du futur colisée qui décroche ainsi son premier locataire pour septembre 2015.

«C'est certain qu'en ayant une quarantaine de soirs avec le hockey, ça vient créer une fondation très, très importante», s'est réjoui le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion lors d'une conférence de presse fort courue au Colisée.

M. Dion était accompagné du commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Gilles Courteau et de Jacques Tanguay. Ce dernier détenait les Remparts avec l'homme d'affaires Michel Cadrin, André Desmarais de Power Corporation et Patrick Roy, l'entraîneur de l'Avalanche du Colorado. M. Tanguay restera président de l'équipe.

Cette transaction, qui pourrait atteindre 20 millions$ selon la rumeur, «allait de soi» selon Pierre Dion qui y voit le potentiel de convergence du géant Québecor.

Et même s'il dit ne pas faire de lien entre l'achat d'une équipe junior et les ambitions de son entreprise de ramener les Nordiques à Québec, Pierre Dion imagine bien un modèle ou les deux clubs «ne feraient qu'une seule organisation». «Nos intentions sont les mêmes. On veut une franchise de la Ligue nationale de hockey», a-t-il réitéré.

De la musique aux oreilles du maire

Tout ce qui s'est dit jeudi était de la musique aux oreilles du maire de Québec, Régis Labeaume.

«Je ne peux pas être plus heureux. Je suis extrêmement satisfait», a-t-il lancé en mêlée de presse en marge de l'annonce jeudi après-midi.

L'annonce de jeudi, a dit M. Labeaume, est l'aboutissement de deux ans de «tracas».

Tracas, car il voyait venir la compétition entre le groupe de Jacques Tanguay, dont les Remparts évoluaient dans le Colisée et Québecor, gestionnaire du futur amphithéâtre.

«Le but premier était de conserver les Remparts», a dit M. Labeaume jeudi. «Il ne fallait pas avoir deux entreprises qui se compétitionnent pour la publicité et la commercialisation. C'était malsain», a-t-il estimé.

Maintenant que Québecor a intégré le tout, les inquiétudes se sont envolées. «L'hypothèse la meilleure est ce qui se concrétise aujourd'hui. Ça donne à Québecor une structure hockey et un atout de plus», a poursuivi M. Labeaume.

Le maire se réjouit aussi à l'idée que des amateurs de hockey junior pourront fréquenter l'amphithéâtre.

«Les gens moins fortunés à Québec doivent pouvoir profiter de l'amphithéâtre parce que ça leur appartient», a-t-il dit à propos de la clientèle de la LHJMQ dont les matchs sont plus abordables.

Le défi de l'occupation

Mais malgré une quarantaine de matchs des Remparts auxquels s'ajouteront les journées du Tournoi international de hockey pee-wee à partir de 2016, on est encore loin de la coupe aux lèvres pour le groupe Québecor. Selon une étude de la firme Ernst & Young, datant de 2010, l'amphithéâtre devra offrir 127 représentations (sur 117 jours d'événements) pour générer une marge d'exploitation de 1 million$, sans la présence d'une équipe de la LNH, mais avec une équipe de hockey junior.

«Il faut aux alentours de 110 journées d'occupation pour être rentable. Si vous n'avez pas d'équipe sportive, c'est assez difficile. C'est un moyen pour Québecor de rentabiliser l'endroit», a affirmé jeudi le professeur de marketing de l'Université Laval, Frank Pons. «Cependant, il faut être réaliste avec 50 ou 60 soirées des Remparts par année, ce n'est pas ça qui va vous faire faire beaucoup de profit. C'est une bonne base, mais il va falloir travailler encore».

Jeudi, le patron de Québecor s'est toutefois montré particulièrement optimiste pour le volet spectacle et événements spéciaux. «La réponse est très positive, a dit Pierre Dion. En février ou mars, on va commencer à faire des annonces.»

Le vieux Colisée pas encore condamné

Avec la vente des Remparts au groupe Québecor, le Colisée Pepsi perd ses dernières locataires. Mais le déménagement de l'équipe de hockey junior dans l'amphithéâtre dès l'automne 2015 ne signe pas encore l'arrêt de mort du vieil aréna.

«Les choses tombent en place. Il fallait régler le cas des Remparts. On va y aller une chose après l'autre», a dit le maire de Québec Régis Labeaume lorsque questionné hier sur le sort du Colisée actuel.

L'utiliser, le démolir? Rien n'est décidé selon le maire qui s'est de nouveau adressé jeudi à ceux qui pourraient trouver une vocation au voisin du futur amphithéâtre.

«Je fais encore un appel à tous. Si quelqu'un a une très bonne idée pour utiliser le Colisée Pepsi, je ne serais pas exigeant sur le prix d'achat», a-t-il lancé.

Pour l'instant, le maire ne semble pas inquiété outre mesure à l'idée de vivre avec un aréna vide pendant «un certain temps».

«Dans les ligues de garage ou les ligues de hockey mineur, il y a plein de monde qui aimeraient ça jouer au Colisée. On est capables de le maximiser en attendant», a-t-il évoqué.

«Quand on regarde les sondages, les gens ne veulent pas qu'on mette le Colisée à terre. Alors on va les prendre une après l'autre», a répété le maire.

M. Labeaume a aussi rappelé jeudi que la Ville de Québec fera bientôt le point sur la situation déficitaire d'ExpoCité, gestionnaire du Colisée. Il a déjà laissé entendre qu'un «grand coup» serait porté à la structure de l'organisation. L'administration Labeaume attend aussi les conclusions d'un comité de réflexion sur l'avenir d'ExpoCité piloté par le directeur général du Festival d'été, Daniel Gélinas. Tout cela, a dit le maire, orientera les décision et décidera éventuellement de l'avenir du vieux Colisée. Valérie Gaudreau

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