L'intérêt des Sénateurs pour le Gatinois de 18 ans ne date pas d'hier. Tout le long de la saison, ils ont suivi de près les performances du gardien, qu'ils ont invité à une journée d'évaluation, avec un autre espoir de la région, Daniel Altshuller (Oshawa), il y a quelques jours. Et Brassard, qui vient également de passer sous la loupe du Canadien et des Penguins, n'a pas déçu.
«Il comprend très bien la position, il a un très bon focus, il y a beaucoup de bonnes choses qu'on aime de lui. Pour moi, un gardien de but, c'est un joueur qui, après un mauvais match, doit pouvoir rebondir. Et d'après ce que j'ai pu voir cette année - je l'ai vu une couple de fois, à une période où c'était plus difficile -, il a toujours bien rebondi au match suivant. Ça nous démontre qu'il a de bonnes qualités», a indiqué le directeur du personnel des joueurs, Pierre Dorion, hier.
Désirant préparer une relève aux Anderson, Bishop, Lehner et renflouer leurs filières à la position, les Sénateurs veulent également profiter de la qualité de ces deux espoirs locaux pour continuer, dans la foulée de sélections récentes comme Mark Borowiecki, Corey Cowick et Jean-Gabriel Pageau, à donner un visage local à leur formation.
Tests psychologiques
«C'est pour ça qu'on a pris le temps de les connaître un peu plus. Si on repêche François ou Daniel, on voulait être sûrs qu'ils seraient capables de vivre avec le stress de jouer dans leur ville natale. On a donc aussi fait des tests psychologiques avec eux. Juste pour apprendre à connaître un peu plus les individus. Et les deux ont très bien fait. On sait maintenant qu'ils pourraient supporter cette pression.»
Le calme déjà légendaire de Brassard à Québec a particulièrement impressionné Dorion. «D'après ce que j'ai pu voir, ce n'est pas un stressé. Il n'y a pas grand-chose qui semble l'achaler. Et c'est l'une de ses qualités qu'on a beaucoup aimées chez lui», a-t-il admis.
En même temps, il voit aussi place à l'amélioration chez le portier des Remparts. «Notre entraîneur des gardiens de buts, Rick Wamsley, a passé une heure avec lui sur la glace. Il y a certains points techniques qu'il doit améliorer, comme sa force physique et son gant, mais sinon, il a un bon talent naturel.»
À 6'1'' et 154 livres, Brassard figure parmi les poids plume à sa position. Mais malgré cela, il ne serait pas le premier à aspirer à une carrière professionnelle. Son entraîneur, Patrick Roy, faisait 6' et 165 livres au même âge. «Et sa carrière a très bien tourné!» a convenu Dorion, un large sourire au visage.