La foule irrite MacKinnon

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Fort de leurs deux victoires récoltées à la maison, Nathan MacKinnon et ses coéquipiers des Mooseheads s'amènent à Québec gonflés à bloc.

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<p>Kathleen Lavoie</p>

Kathleen Lavoie
Le Soleil

(Québec) Avec leurs deux dernières défaites, les Remparts ont peut-être perdu leur élan dans la série quart de finale qu'ils mènent 3-2 face aux Mooseheads, mais ils retrouveront l'avantage de la glace et leurs bruyants partisans, lors du sixième match disputé demain, au Colisée. Un facteur qui n'est pas sans irriter l'attaquant-vedette des Orignaux, Nathan MacKinnon.

Après la victoire de 3-2 des siens au Metro Centre de Halifax vendredi, le prodige de 16 ans a admis qu'il n'était pas facile pour l'équipe visiteuse de bien jouer au Colisée, notamment parce que, selon lui, les inconditionnels des Diables rouges réagissent de manière excessive à chacun des gestes de leurs préférés.

«C'est juste la foule, [qui rend ça plus dur]. À chaque jeu, ils ont tendance à s'exciter, alors que les Remparts ne sont même pas proches du but et qu'ils n'obtiennent même pas de tirs dangereux. Ils s'agitent après chaque petit jeu, ce qui pourrait nous faire paniquer, ou nous faire croire qu'ils nous dominent, alors que ce n'est pas vraiment le cas. Mais c'est comme ça que ça se passe parfois, là-bas...» a laissé entendre le franc-tireur, qui présente une fiche de 10 buts et de cinq passes, jusqu'à maintenant, en neuf matchs des séries.

Roy n'apprécie pas

La remarque n'a pas nécessairement bien passé auprès de l'entraîneur des Remparts, Patrick Roy, hier. Ce dernier, qui s'affairait déjà à la tâche à l'heure du midi malgré le retour en avion tardif de la veille, a cru bon remettre les pendules à l'heure.

«[MacKinnon] joue du bon hockey. Mais je ne pense pas qu'il puisse manquer de respect envers nos partisans. De mon côté, c'est certain que je n'aime pas quand on s'attaque à eux, qu'on dise qu'ils parlent pour rien... 'Scusez là, mais on en a assez vécu, à Halifax, cette semaine! Quand on parle de gens qui crient pour rien...» a répliqué Roy.

Selon l'entraîneur, certains représentants des Mooseheads figureraient bien dans une compétition sur le tremplin de trois mètres, face à Alexandre Despatie! «Là-bas, les gens réagissent au moindre petit plongeon de l'un de leurs joueurs... Critchlow se garroche à terre, alors que tu l'as à peine touché, et que les arbitres le voient très bien, et la foule réagit. Ça gosse le club de l'autre bord aussi. Alors chaque place a ses avantages et ses désavantages.»

Desjardins hué à Halifax

Dans la capitale de la Nouvelle-Écosse, les partisans des Mooseheads n'ont pas hésité à prendre un de leurs anciens favoris, Gabriel Desjardins (sept buts et cinq passes), en grippe, après que celui-ci eut donné un coup à la tête de Brad Cuzner, pendant le troisième duel. À chacune de ses présences suivantes, des huées ont retenti. Quant au gardien Louis Domingue, il a disputé les trois derniers matchs devant une pancarte disant «Let It In, Louis!», derrière son but.

Roy se demande comment MacKinnon réagirait, s'il faisait l'objet du même traitement au Colisée. «Je suis convaincu que si la foule de Québec décide d'embarquer sur son cas, il va la trouver tough en crif...» a-t-il laissé entendre.

De leur côté, le natif de Cole Harbour et sa bande s'amènent dans la capitale gonflés à bloc. «Je pense qu'on aurait pu gagner nos deux premiers matchs, là-bas. C'était des parties très serrées, qu'ils ont fini par remporter. En même temps, nous sommes un groupe confiant, avec certains de nos gars qui jouent à fond de train, et nous sommes prêts à étaler notre talent à Québec», a affirmé MacKinnon.

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Recrues: avantage Mooseheads

Dans le cinquième match de la série, le but gagnant de Nathan MacKinnon a été réalisé sur des passes de l'ailier Jonathan Drouin et du gardien Zachary Fucale, trois joueurs de 16 ans dominants pour les Mooseheads. En contrepartie, Grigorenko, Duclair et Erne sont presque réduits au silence, sur le plan offensif, du côté de Québec. Comment expliquer pareille disparité?

«Je ne m'attarde pas aux statistiques. Mais c'est sûr que Drouin et MacKinnon, présentement, jouent du meilleur hockey qu'Erne et Duclair. Dans le cas de Drouin, il est arrivé à la mi-

saison. Il a peut-être plus d'énergie qu'Anthony... Mais ce n'est pas des excuses. Ils sont capables de nous donner du meilleur hockey et je suis convaincu qu'ils vont le faire. C'est une question de temps», estime Patrick Roy.

À l'exception de l'attaquant Adam Erne, convoqué à une séance de vidéo individuelle, tous les joueurs des Remparts bénéficiaient d'un congé, samedi. Les Mooseheads prennent la direction de Québec, aujourd'hui, à midi. Contrairement à leur premier voyage de la série, ils se déplaceront en avion.

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Le spectre de 2011

L'histoire a tendance à se répéter. Il s'agit de savoir de quel côté elle penchera pour les Remparts. D'une part, ils font face à une équipe, les Mooseheads, qui tente de revenir d'un déficit de 0-3 dans sa série, ce que seulement trois formations sont parvenues à faire, dans les annales de la LHJMQ. D'autre part, les Remparts ont toujours fraîches à la mémoire les avances de 3-1 perdues en 2011. Ils avaient d'abord sauvé leur vie, lors d'un septième match face aux Cataractes, avant d'échapper la demi-finale aux Olympiques, également en sept matchs. «L'important, ça va être de bien jouer lundi. Il faut arrêter, là... Ça prend tout le monde. Et si tout le monde joue à la hauteur de son talent, même si eux, ils ont un peu de momentum, ça ne va rien changer. Ils s'en viennent chez nous. Si on part forts, le momentum va shifter assez vite», croit Roy, qualifiant l'avantage mental des Mooseheads de «fragile».

Des changements pour fouetter les troupes

Au milieu du cinquième match, Patrick Roy a jonglé avec ses lignes, mutant Desjardins sur le trio de Grigorenko, Duclair sur celui de McNamee et Erne sur celui de Malouin. «Ça faisait longtemps que j'y pensais, mais c'est difficile d'effectuer des changements, quand t'as des combinaisons qui vont bien, comme celle de Malouin, avec Desjardins et Comtois»... Déçu de voir autant de passagers dans son équipe après le quatrième match, il espère que ces derniers monteront sur le siège du conducteur, demain. «Dans les quatrième et cinquième matchs, soyons honnêtes, on n'a pas joué le hockey qu'on était capables de jouer. Pour gagner en séries éliminatoires, tu as besoin de 20 joueurs sur la même page.»

Belle lutte de gardiens

En trame de fond de l'affrontement entre Grigorenko et MacKinnon - largement dominé par la recrue des Mooseheads -, la série donne aussi lieu à un beau duel entre la recrue de 16 ans Zachary Fucale (photo)et le vétéran de 19 ans Louis Domingue. À chaque départ, les deux portiers se sont illustrés pour garder leur équipe dans la course. Ils présentent en outre des statistiques quasi similaires. Pour Fucale, on parle d'une fiche de six victoires et de trois défaites, dont l'une en prolongation. Il possède de plus une moyenne de buts alloués de 2,41 et un pourcentage d'efficacité de ,910. Domingue affiche un dossier de sept victoires et deux défaites, assorti d'une moyenne de 2,31 et d'un taux de réussite identique de ,910. «Je pense que les deux jouent du bon hockey. Les deux sont très bons, les deux sont constants, les deux donnent une chance de gagner à leur équipe», a jugé Patrick Roy.

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