Et preuve qu'il n'entendait pas à rire, c'est à 7h30 que Patrick Roy a convoqué sa troupe au Colisée. Celle-ci a d'abord été conviée à une séance vidéo, puis à un entraînement hors glace de 45 minutes, soit de la course dans les marches de l'amphithéâtre, et finalement, à une séance sur glace d'un peu plus d'heure heure. Et le manège se répétera mardi.
«Dans les X et les O, on travaille bien. On applique un bon échec-avant. Défensivement, on est bien positionnés. Mais présentement, on ne gagne aucune bataille. C'est juste ça. Ce matin [lundi], c'était seulement des exercices pour nous aider à gagner nos batailles. D'ici la fin de la saison, c'est ça qu'il faut faire. On a de la misère à jouer contre les équipes qui compétitionnnent bien. Si on joue comme on l'a fait en fin de semaine, on ne passera pas la première ronde», a affirmé l'entraîneur qui, au lieu de ruer dans les brancards, a opté pour un ton posé avec ses joueurs, lundi.
Roy ne croit pas que la complaisance, à la suite d'une victoire de 7-3 sur les Voltigeurs mercredi, ou encore le petit bonbon offert samedi à ses joueurs, qui ne se sont pas entraînés et ont assisté à un match des Sénateurs d'Ottawa, soient responsables des contre-performances de la fin de semaine.
«Qu'est-ce qui a fait la différence à Gatineau? Ce sont nos batailles à un contre un. On les a toutes perdues. On gagnait les mises en jeu et c'est eux autres qui se ramassaient avec la rondelle. Là, il faut juste mettre le pied à terre. Parce qu'honnêtement, j'ai un bon groupe. On ne garrochera pas tout ce qu'on a fait dans les premiers 64 matchs de la saison. On a une bonne gang, les gars sont dédiés, ils veulent. [...] Il faut juste améliorer le coté compétitif et s'assurer de gagner ces batailles-là», a estimé le pilote.
Sur la glace, ses hommes ont justement été soumis à des exercices de possession de rondelle et de «un contre un», lundi. Les «perdants» devaient payer leur défaite de quelques pompes.
«Ce matin [lundi], c'était moins le fun. Mais ça se peut que ce soit moins le fun dans les séries. Si je suis une équipe qui joue contre les Remparts de Québec, c'est sûr que je n'essaie pas de jouer une game ouverte, un running gun. Ils vont tous vouloir jouer une game bien serrée, gagner les espaces. C'est ça qu'on va voir. C'est ça qu'on a vu en fin de semaine.»
S'il a pris sa part de blâme pour les derniers insuccès de sa formation, l'entraîneur reste néanmoins convaincu de son potentiel et est loin de lancer la serviette.
«On a tous une responsabilité. On a à coeur notre sport, on a à coeur notre équipe. Et je crois en mon équipe. Si je ne croyais pas en mon équipe, je ne serais ici aujourd'hui [lundi]. Il s'agit juste d'amener une dimension de plus dans notre jeu. Il nous reste deux matchs à domicile cette semaine pour se préparer à ça», a terminé Roy, au sujet des rencontres de vendredi et samedi, face à l'Armada et aux Saguenéens.
Une parité à ne pas négliger
Vétéran de quatre saisons dans la LHJMQ, le défenseur Vincent Barnard a tracé lundi un bilan plutôt sombre de la dernière fin de semaine des Remparts. Selon lui, ces derniers ont pris les Voltigeurs «à la légère», vendredi, et se sont «écrasés» contre les Olympiques, dimanche. «Dans ces moments-là, c'est notre rôle comme vétérans, comme leaders, de dire qu'il n'y a aucun match à prendre à la légère. Et on l'a vu à Drummondville et Gatineau, ce sont des clubs qui travaillent extrêmement fort, qui ont un bon système de jeu. Il y a une tellement une bonne parité dans cette ligue-là que tout le monde peut battre tout le monde. Ça revient, surtout à ce temps-ci de l'année, à celui qui travaille le plus fort. Et en fin de semaine, ça n'a pas été nous autres», a constaté le no 74.
Du travail pour le capitaine
À l'approche des séries, le capitaine des Remparts, Mikaël Tam, est d'avis qu'il revient aux vétérans de montrer le chemin aux plus jeunes joueurs. «Quand tu arrives en fin de saison et dans les séries, c'est sûr que les leaders, les plus vieux, les gars d'expérience, il va falloir qu'on traîne ce bateau-là. Dans une fin de semaine comme la dernière, quand on ne gagne pas les matchs, les leaders n'ont pas connu de succès et les performances de l'équipe ont, en général, été dans le même sens.» Au cours des prochains jours, Tam entend réunir ses coéquipiers afin de discuter de la situation. Il préférait toutefois laisser passer les entraînements d'hier et d'aujourd'hui avant de «mettre les barres sur les "t" et les points sur les "i"». «Cette semaine, ça peut juste être bénéfique pour nous autres. On va travailler, alors qu'on n'a pas travaillé pendant 60 minutes au cours de la fin de semaine. Aujourd'hui [hier], on a travaillé pendant deux heures et demi. Après ça, on devrait être capables de descendre à 60...»
En vitesse...
La première personne à qui Patrick Roy a parlé au lendemain de la défaite de 5-0 des Remparts à Gatineau, dimanche? L'entraîneur des Olympiques, Benoît Groulx! «J'ai appelé Ben Groulx et je lui ai demandé s'il avait bien aimé sa game, s'il avait eu du plaisir. Et il était 6h50. Il trouvait que j'étais debout de bonne heure. Je lui ai répondu que moi, je n'avais pas eu mon fun, [dimanche]», a laissé entendre Roy... Un puissant lancer d'Adam Erne a fracassé une baie vitrée du Colisée pendant l'entraînement de lundi... S'étant blessé dans les marches du Colisée, Michael McNamee a amorcé la pratique sur glace, mais n'a pas été en mesure de la terminer... Le gardien Derek Clavet a de nouveau été appelé en renfort, Louis Domingue (aine) n'étant toujours pas en mesure de patiner.