Debout sur la Saint-Charles

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S'il est possible de rendre le surf à pagaie particulièrement sportif selon l'intensité recherchée par les pagayeurs ou encore par la difficulté du plan d'eau, le sport se prête surtout très bien à la balade.

Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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Jean-Sébastien Massicotte

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Au diable le printemps timide et la neige qui persistait par endroits sur les rives de la rivière Saint-Charles. L'attente avait assez duré. Ça faisait déjà quatre ans que je me disais qu'il était temps de remettre ça. Ce deuxième essai en surf à pagaie avait assez tardé.

Déjà quatre ans que je découvrais ce sport nautique grâce à mon ami Lewis, sur le lac Delage. L'activité commençait à peine sa percée au Québec. Malgré mon intérêt instantané et la popularité croissante de la discipline, je n'avais pas eu depuis l'occasion de dominer à nouveau les flots, debout sur une planche. Mais chaque fois que j'avais vu quelqu'un en faire, quelque part, je n'avais pu m'empêcher de l'envier.

Ma compagne dans cette aventure n'a pas été difficile à convaincre. Elle tardait aussi à remonter sur une planche, pagaie en main. Néophyte tout comme moi, elle avait eu la chance en vacances de s'initier au stand up paddle dans les mers du Sud, où le sport est né. Cette impression de marcher sur l'eau avait laissé chez elle aussi de bons souvenirs.

Sauf qu'au moment d'enfiler les combinaisons étanches en prévision de cette sortie sur la partie haute de la Saint-Charles, il devenait évident que nous étions dans un tout autre univers que celui des bikinis...

Heureusement, comme pour le vélo, la pratique du surf à pagaie ne se perd pas. Ou presque... Car en pensant à l'eau encore glaciale, même bien habillé, une petite nervosité s'est installée dans les premiers instants, le temps de retrouver les repères et de s'habituer à la gîte de la planche, qui nous rappelle que la baignade reste une réelle possibilité.

En partance de la petite plage de chez Canots Légaré, à Québec, où nous avions loué nos équipements, nous n'aurions pu mieux choisir comme plan d'eau accessible pour des débutants comme nous. Protégée et étroite, cette partie calme de la rivière Saint-Charles présente un faible courant facile à remonter. Une aide appréciée au moment de rebrousser chemin - encore plus avec un vent favorable -, pour le trajet aller-retour de 10 km qui était au programme.

J'avais conservé comme souvenir ce réel plaisir de naviguer debout au-dessus de l'eau. Une façon de se déplacer sur les flots des plus contemplatives qui nous assure une vue imprenable. C'est assez génial.

S'il est possible de rendre le surf à pagaie particulièrement sportif selon l'intensité recherchée par les pagayeurs ou encore par la difficulté du plan d'eau, le sport se prête surtout très bien à la balade. D'ailleurs, je me suis encore surpris à constater à quel point il est facile de discuter tout en progressant, un peu comme on le ferait en marchant sur la terre ferme, en bonne compagnie.

À cette deuxième sortie à vie, j'ai d'ailleurs été étonné de voir comment - avec aussi peu de pratique - il devient assez facile de bien contrôler sa planche et de la mener où l'on veut. Sur un modèle adapté à son niveau, rester stable de manière confortable se fait d'ailleurs sans trop d'efforts.

Certes, sur la Saint-Charles, nous n'étions pas sur les mers turquoise et cristallines du Sud, mais le spectacle en valait tout de même la peine. Pas de poissons tropicaux sous les pieds, c'est sûr, mais une faune bien active dans cette petite oasis nature de Québec.

Et c'est justement l'une des beautés du surf à pagaie, cette capacité à bien voir au loin et à pouvoir s'approcher des canards et autres animaux sans les effrayer, eux qui doivent bien se demander quels drôles de spécimens nous sommes...

Une curiosité partagée par les rares plaisanciers croisés sur la Saint-Charles en cet après-midi printanier. En sortie de groupe en canot, des élèves de la concentration plein air et aventure de l'école secondaire Le Sommet n'ont pas manqué de nous questionner au passage. «C'est difficile à faire? C'est stable? Je veux essayer ça bientôt!»

Déjà, ils étaient contaminés par le virus du surf à pagaie.

Tout pour se laisser tenter

Pas de mers turquoise et cristallines du Sud... (Photo Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte) - image 3.0

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Pas de mers turquoise et cristallines du Sud pour pratiquer le surf à pagaie, mais le spectacle sur la rivière Saint-Charles en vaut tout de même la peine.

Photo Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

Preuve de l'intérêt toujours en croissance pour le surf à pagaie, la discipline a pris diverses tangentes pour répondre aux passions des adeptes et s'adapter aux plans d'eau de prédilection des sportifs.

C'est ainsi qu'on trouve désormais des équipements de plus en plus spécialisés, selon que l'on préfère s'amuser en mer, en lac ou en rivière. Planches, vêtements, pagaies et accessoires... les choix adaptés ne font que s'accentuer. Même des fabricants québécois ont fait leur apparition sur le marché. 

La pratique aussi gagne en maturité. Par exemple, ce qui n'était qu'une folle idée de quelques mordus au départ, celle de faire du surf à pagaie dans les rapides, est désormais une discipline à part entière. 

Des athlètes sont maintenant spécialisés en eau vive, tandis que des fabricants développent du matériel expressément pour les défis de la rivière. Surf en rapides, figures acrobatiques et sauts de chutes sont aujourd'hui des réalités.

Pareil du côté de la longue randonnée, qui gagne aussi en adeptes. Grandes traversées ou voyages de plusieurs jours, les aventures nautiques en surf à pagaie n'ont désormais de limite que l'imagination. Équipements compacts adaptés et planches sur lesquelles ont peut fixer du matériel sont d'ailleurs plus faciles à dénicher chez les marchands.

Du côté de la pratique du stand up paddle ou SUP, une petite communauté se développe. À Québec, le Studio la plage (studiolaplage.com ou facebook.com/SUPSouthbird) est l'un des bons endroits pour se tenir au courant de ce qui se prépare pour l'été.

Jessica Fortin et sa bande sont notamment derrière l'organisation des jeudis 5 à SUP, tout l'été à la Baie de Beauport. Un rendez-vous relax en format 5 à 7 où habitués comme néophytes peuvent s'amuser sur le fleuve en bonne compagnie.

Sinon, outre chez Canots Légaré, la location de planches est notamment possible à la station touristique Duchesnay, dans Portneuf. Du côté de Montréal, KSF (KSF.ca) offre pour sa part l'initiation au surf à pagaie en rivière. Notons aussi l'organisation d'un premier festival SURF & SUP, prévu le 18 juin au club nautique de Lac-Beauport.

Puis, pour ceux qui cherchent une rencontre ultime avec le milieu marin, les sorties guidées en surf à pagaie chez Mer et Monde Écotours (meretmonde.ca), à Bergeronnes près des Escoumins, sont à essayer. Le Saint-Laurent à son meilleur et des baleines presque garanties. Que demander de plus?

Bref, plus que jamais cet été, il n'y a pas de raison de ne pas se laisser tenter!  

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