Les Québécois ont repris possession d'Anticosti

Les chasseurs du Québec forment aujourd'hui 84 %... (Collaboration spéciale André-A. Bellemare)

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Les chasseurs du Québec forment aujourd'hui 84 % de la clientèle de la SEPAQ-Anticosti.

Collaboration spéciale André-A. Bellemare

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André-A. Bellemare, collaboration spéciale
Le Soleil

Avant la crise économique qui touche durement les États-Unis depuis 2008, les chasseurs de chevreuil provenant des États situés au sud du Canada constituaient 52 % de la clientèle de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) dans l'île d'Anticosti. La société d'État gère la chasse dans 4650 km² des 7943 km² de l'île située dans le golfe. En 2012, les chasseurs états-uniens ne représentent plus maintenant que 16 % des clients.

«Les chasseurs de chevreuil du Québec ont repris possession des meilleures places offertes par la SEPAQ-Anticosti dans les meilleurs pavillons et les meilleurs camps de chasse de l'île, durant les meilleures périodes de chasse», m'a souligné Pierre Pitre, directeur général des pourvoiries de la société d'État dans l'île. Voilà une quinzaine de jours, j'ai pu converser pendant des heures avec lui durant un séjour de chasse dans l'île.

Valeur du dollar américain

Lorsque le dollar des États-Unis valait près de 40 % plus que le dollar du Canada, les chasseurs états-uniens ont progressivement accaparé les meilleurs forfaits de chasse offerts par la SEPAQ-Anticosti, puisque c'était une véritable aubaine pour eux. Et ces chasseurs états-uniens, au terme de leur expédition, prenaient bien soin de réserver leur place pour l'année suivante, aux mêmes dates et dans le même pavillon de chasse.

Simultanément, à cause de l'accroissement fulgurant de la population de cerfs de Virginie dans le Québec continental, les chasseurs ne sentaient pas vraiment le besoin de fréquenter l'île d'Anticosti durant cette période d'invasion... américaine.

Les chasseurs de chevreuil du Québec - ceux qui ne possèdent pas ou qui ne louent pas de terres privées dans le sud et l'ouest de la province - décident souvent à la dernière minute où ils iront chasser ce cervidé... Mais ces chasseurs québécois ont modifié leurs habitudes de réservation durant les dernières années, à mesure que les responsables de la chasse dans la province - ployant sous les pressions exercées par des non-chasseurs - ont provoqué par toutes sortes de mesures une diminution très sensible du nombre de cerfs dans plusieurs régions semi-urbaines du sud-ouest du Québec.

Ces chasseurs de chevreuil québécois fréquentent maintenant les pourvoiries de la SEPAQ dans l'île d'Anticosti, et ils imitent les chasseurs états-uniens : lorsqu'ils quittent l'île, au terme de leur expédition, ils achètent un forfait de chasse pour l'année suivante, aux mêmes dates et dans le même secteur. À vous d'y voir pendant qu'il y a encore des places libres!

Des projets importants

Le directeur Pitre a annoncé aux journalistes du groupe dont je faisais partie, durant ce séjour survenu à la fin d'octobre, qu'il prendrait sa retraite le 31 mars prochain, non sans avoir enclenché les étapes finales de certains projets majeurs.

Ainsi, un an après la destruction de l'Auberge de Port-Menier par un incendie en novembre 2011, Pierre Pitre pourra assister bientôt aux travaux de reconstruction d'une auberge de 16 chambres d'une valeur de 5 millions $ clé en main. L'ouverture aurait lieu en juillet. Le directeur Pitre a fait des prodiges durant les derniers mois, avec l'aide du gérant Peter Schulke et du personnel de l'auberge détruite, pour offrir hébergement et restauration dans des bâtiments privés aménagés et agrandis en face des bureaux actuels de la SEPAQ dans Port-Menier.

Pierre Pitre a aussi entrepris de convertir les bâtiments que la SEPAQ possède dans l'île à l'énergie solaire et à la bi-énergie pour diminuer l'utilisation de génératrices d'électricité fonctionnant au pétrole, afin d'assurer une meilleure protection de l'environnement et une plus grande quiétude aux chasseurs et aux touristes.

L'un des projets majeurs de Pierre Pitre avant sa retraite, c'est d'adopter un train de mesures pour maintenir et augmenter la clientèle des touristes non chasseurs dans l'île. Car Pitre est aussi directeur du parc «national» québécois géré par la SEPAQ à Anticosti.

Enfin, le directeur Pitre s'occupe activement de la «résurrection» toute prochaine de la fosse à saumons nº 12 de la Jupiter, celle située au 12e mille de l'embouchure de la rivière. La Jupiter, la meilleure rivière à saumons d'Anticosti et l'une des meilleures au monde pour la pêche du saumon à la mouche sèche, constitue un symbole de l'île. La fosse no 12 a été remplie de gravier lors de crues soudaines causées par des ouragans durant les années passées, mais l'embâcle est parti lors de la crue printanière de 2012. Dans le cadre des gigantesques travaux de harnachement de la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, le Québec a prévu un million de dollars pour l'aménagement des rivières à saumons de la Minganie : 60 % des rivières à saumons de cette région sont situées dans l'île d'Anticosti.

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