Le Japon a confondu les sceptiques

À court de gardien, le Japon a dû... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À court de gardien, le Japon a dû faire appel à Steve Ichiro Jensen, qui possède la double nationalité américano-japonaise.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Déjouant tous les pronostics, une équipe du Japon se retrouve en demi-finale du plus grand tournoi international de hockey pee-wee au monde. Portée par la foule, la formation nipponne, dont les joueurs n'avaient jamais joué ensemble avant le mois dernier, est en train d'écrire une véritable histoire d'amour avec les amateurs de la capitale.

Même s'ils évoluent dans la catégorie Inter B, les Japonais ont jusqu'ici concocté certaines des plus spectaculaires pièces de jeu à chacune de leur présence sur la glace du Colisée. Surpris à tout coup, les partisans de Québec se sont laissés séduire et encouragent désormais la troupe asiatique.

«Il n'y a pas beaucoup de gens qui croyaient que des Japonais savaient jouer au hockey!», s'est amusé le seul et unique entraîneur de l'équipe, Taro Kurokawa. Il comprend que les sceptiques soient confondus, admettant que le hockey n'est pas très populaire au Japon.

«Il n'y a pas vraiment de programme très poussé. [...] Nous n'avons pas beaucoup de patinoires», a-t-il expliqué, vendredi, avant la victoire de 7-5 contre les Huskies de Chaudière-Ouest. 

Sans réel support, les Japonais doivent apprendre les rudiments du sport par eux-mêmes, dans la rue - en patins à roulettes - ou en jouant dans les quelques équipes locales. «À l'âge de 15 ans, ils essaient d'aller vers le Canada ou les États-Unis.»

Le rêve d'une carrière en hockey n'est pas le plus accessible au pays du soleil-Levant. Seules quatre équipes professionnelles évoluent au Japon dans la Asia League Ice Hockey, aux côtés de deux équipes sud-coréennes, une équipe chinoise et une formation de l'Est de la Russie.

Une présence au Tournoi pee-wee de Québec revêt donc un cachet particulier pour ces jeunes joueurs. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'une première - et peut-être de la seule - expérience en Amérique du Nord. Souriants et enthousiastes, ils s'amusent avec la foule et la saluent après chaque victoire.

invaincue

en 13 matchs

Pour ajouter à la fête, l'équipe n'a pas perdu depuis qu'elle a débarqué dans la Belle-Province. «Nous avons joué [et gagné] huit parties dans la région de Terrebonne pour nous préparer», a fait savoir M. Kurokawa. «Les joueurs n'avaient jamais joué ensemble. Ça nous a aidé à créer une chimie.» En ajoutant les matchs préparatoires du Tournoi pee-wee et les rencontres éliminatoires, le groupe éphémère n'a pas perdu en 13 duels au Québec.  

L'équipe  aurait pu être encore meilleure. «Certains des meilleurs au pays ne sont pas avec nous», a confié l'entraîneur. «Oui nous avons quelques-uns des meilleurs au Japon, mais ce n'est pas l'équipe nationale.» Les frais très élevés pour un tel voyage ont découragé bien des parents.

L'un des absents de taille est le phénomène Youtube Aito Iguchi, 11 ans. «Son père ne voulait pas qu'il vienne. [...] Mais il devrait être là l'an prochain.»

Comme quoi le hockey est surtout une affaire de volonté pour les Japonais, le gouvernement n'a fourni aucune aide pour envoyer l'équipe vers l'Amérique. «Aucune entreprise ne nous a aidés non plus.» Ce sont même les parents des joueurs qui ont déboursé pour que l'entraîneur fasse le voyage avec eux.

Seul sur le banc, Taro Kurokawa ne fait que rappeler les bases du jeu à ses joueurs. Il n'y a de toute évidence pas de plan de match précis. «Pour le reste, je leur dis d'être autonomes et de faire preuve de jugement afin qu'ils prennent les bonnes décisions», a-t-il dit, avouant n'avoir entraîné que des équipes de niveau atome par le passé.

Les nouveaux favoris de la foule affrontent le Baden-Württemberg (Allemagne) à 15h30, aujourd'hui.

Ichiro Jensen, seul et unique gardien

Le Japon n'a pas un énorme bassin de joueurs de hockey, encore moins de gardiens de but. Si bien que l'équipe a dû puiser chez ses ressortissants pour compléter l'équipe. Le cerbère de la sélection nipponne, Steve Ichiro Jensen, vit à San Francisco, en Californie, et possède la double nationalité américano-japonaise. Mais ne joue pas au hockey avec le Japon qui veut aux États-Unis. «Ça a pris un mois de démarche pour le faire venir ici», a expliqué Patrick Dom, le directeur général du Tournoi pee-wee de Québec. «Ça a pris beaucoup de temps et de paperasse», a renchéri l'entraîneur-chef des Japonais, Taro Kurokawa. Il a d'abord fallu demander une dérogation de la fédération américaine de hockey, puis un visa temporaire pour venir au Canada.

«Très heureux» de faire partie de l'équipe, Ichiro Jensen n'a pas de remplaçant en cas de blessure. Il a d'ailleurs fait peur à la foule, vendredi, en ne se relevant pas après un contact violent. Il s'est finalement redressé quelques minutes plus tard sous les acclamations. Fort occupé, il a alloué cinq buts. Heureusement que ses coéquipiers sont productifs à l'attaque. Yuya Sasaki (3 buts) et Seiya Kudoh (2 buts) ont propulsé le Japon vers une victoire de 7-5 contre Chaudière-Ouest. 

Une finale avant l'heure

Le quart de finale de la classe AAA entre l'Armada de Blainville-Boisbriand (champions en titre) et le Canadien de Montréal aura des allures de finale locale, aujourd'hui (13h), au Tournoi pee-wee de Québec. 

Les Pionniers de Lanaudière (Armada) et les Conquérants des Basses-Laurentides (Canadien) sont issus du même programme de développement midget AAA (Phénix du Collège Esther-Blondin). Si la plupart sont des amis hors de la patinoire, pas question de se donner de cadeaux cet après-midi. «Ça risque d'être un match plein d'émotions, il va falloir gérer ça. Ce sont des jeunes qui se connaissent beaucoup», a déclaré l'entraîneur-chef de l'Armada, Sébastien Clavel.

Les deux clubs arrivent gonflés à bloc, ayant remporté leurs matchs de troisième tour sans équivoque, vendredi au Colisée. Le petit Canadien a d'abord vaincu les Rangers Jr de Mid Fairfield 4-1, notamment grâce à deux buts de l'attaquant Liam Bergeron. Puis, en après-midi, l'Armada n'aura eu besoin que d'une période pour venir à bout 9-2 du North Shore Winter Club, marquant neuf buts sans riposte au dernier tiers. 

Un des meilleurs joueurs pee-wee de la province actuellement, Thomas Bordeleau - fils de Sébastien Bordeleau (LNH) et petit-fils de Paulin Bordeleau (AMH) - a touché la cible cinq fois, ajoutant une passe.  Faisant peu de cas de sa meilleure performance de la saison, il avait déjà la tête tournée vers le Canadien. «Ça a toujours été une grande rivalité [...] Sur la glace on les aime vraiment pas, mais en dehors de la glace on est bien chums.»

Il se mesurera à son alter ego chez le Canadien : Nicolas Kingsbury-Fournier (photo), un attaquant de puissance format géant pour un pee-wee. Bordeleau compte 10 points en 3 matchs et Kingsbury, 7. Les deux équipes se sont partagé les honneurs en quatre affrontements cette saison. 

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