Le pardon facile...

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Michel Bergeron

Les négociations pour régler le conflit dans la Ligue nationale de hockey ressemblent souvent à un très mauvais film. Les acteurs semblent mêlés et reviennent sur de vieilles affaires. Ils improvisent et passent du coq à l'âne.

De part et d'autre, les offres et les contre-offres me font penser à un contrat. Les lignes en petits caractères dans le bas viennent contredire le reste. C'est malheureusement ce que nous vivons depuis plusieurs semaines. Les progrès réalisés dans une journée donnée sont suivis d'un recul. On passe vite de l'espoir à la déception.

Malgré tout, je reste optimiste. Je continue à croire que la saison 2012-2013 sera sauvée. Une partie du moins, puisque l'année 2012 est déjà derrière nous. Les joueurs et les propriétaires ont encore une semaine devant eux pour s'entendre. Après ça, il n'y aura plus de lendemain. Il sera trop tard. Gary Bettman, le commissaire de la Ligue nationale de hockey, a fixé la date butoir au 11 janvier. Les dirigeants des Penguins de Pittsburgh ont demandé à leurs employés du secteur hockey d'être en ville le 12 janvier. Un vétéran comme Teemu Selanne est persuadé que le conflit sera réglé dans deux jours.

Dans l'attente de cet accord tant souhaité des amateurs qu'on oublie tout le temps, le constat saute aux yeux. Les deux parties ont causé un tort énorme au hockey. Certains prédisent des lendemains catastrophiques, mais les gens ont le pardon facile dans le sport. Je ne m'inquiète pas trop pour les villes canadiennes. Les partisans vont crier pas mal plus fort si leurs favoris tirent de l'arrière tôt dans le match. Ça va hurler dans le Centre Bell les soirs que le Canadien de Montréal sera en déficit de deux ou trois buts. Le mécontentement des amateurs devrait s'arrêter là au Canada.

L'indifférence

L'histoire sera différente aux États-Unis, où le hockey vient assez loin dans la liste des priorités de la population sportive. Je suis présentement en Floride et on ne parle pas du lock-out de la LNH dans les médias. Il n'y a rien de pire que l'indifférence.

Chaque équipe américaine mise sur un noyau de partisans qui sont loin de former la majorité de la clientèle. Je dirais que les autres sont plus ou moins indifférents et ne possèdent pas cet attachement et cette passion que nous avons chez nous. Ils peuvent aller au hockey un soir et attendre un mois avant d'y retourner. Ils réagissent selon les circonstances et les formules mises de l'avant pour les attirer.

Je m'inquiète davantage pour les commanditaires. Certains ne reviendront pas, d'autres se feront tirer l'oreille avant de le faire. La concurrence est de plus en plus féroce à ce niveau.

Les joueurs de hockey se contredisent dans leurs agissements. Ils visitent les jeunes et les malades dans les hôpitaux pendant la période des Fêtes. On prend des photos et ça ne va pas plus loin. Ils oublient ensuite tout ce qu'ils font à l'ensemble de la population en ne jouant pas.

Le commissaire Gary Bettman et Donald Fehr, le représentant des joueurs, ne connaissent rien au hockey. S'ils patinent pendant les négos, ils n'ont jamais mis une paire de patins de leur vie. Demandez à Fehr de vous expliquer un hors-jeu à la suite d'une passe de deux lignes? On leur demande ensuite de régler le sort d'un sport inconnu pour eux. Comme quoi l'argent a vraiment pris le dessus sur tout le reste.

Une fois la prochaine convention collective signée, Bettman et Fehr ne seront plus là pour la suivante. Tant mieux et personne ne s'en plaindra. On les a déjà trop vus et trop subis. Ils ne veulent pas passer la rondelle à l'autre. Ils ne pensent qu'à gagner la guerre. Le hockey leur passe plusieurs pieds au-dessus de la tête.

Un mauvais match

Le Canada a subi une défaite cinglante contre les États-Unis au Championnat mondial de hockey junior. Une chance que cette rencontre n'a pas été présentée à une grande heure d'écoute à la télévision. N'enlevons rien aux Américains, qui ont très bien joué. Le hockey est ainsi fait. Tu peux disputer un mauvais match à un mauvais moment. C'est arrivé à nos jeunes représentants.

L'or échappe donc au Canada pour une quatrième année d'affilée. Le bronze était à l'enjeu dans la confrontation avec la Russie. Il ne faut pas faire un drame de l'échec des nôtres contre les Américains. Je le répète, tout peut se produire dans un simple match. Ce n'est pas comme dans une série quatre de sept.

Cette défaite ne laissera aucune séquelle. Les jeunes vont tourner la page pour poursuivre leur apprentissage vers les rangs professionnels. Et le Canada sera encore le favori au prochain Championnat. C'est comme ça tous les ans.

La compétition est de plus en plus forte à cet événement annuel. Des pays comme le Canada, la Russie, la Suède, les États-Unis, la République tchèque et la Finlande forment toujours le groupe le plus puissant. D'autres nations s'améliorent et la Suisse en est un bel exemple.

Des jeunes des autres pays viennent jouer avec les nôtres dans les rangs juniors. Il est donc tout à fait naturel que la compétition augmente chaque année.

Propos recueillis par Maurice Dumas

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