Lamoriello, la voix de la sagesse

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Michel Bergeron

(Québec) Lou Lamoriello, le directeur général des Devils du New Jersey, s'est indigné du conflit dans la Ligue nationale de hockey et il n'a pas été mis à l'amende par le commissaire Gary Bettman. Sans doute parce qu'il a frappé en plein sur la tête du clou. Il a dit ce que tout le monde pense.

La Ligue nationale craint plus Lou Lamoriello que Jimmy Devellano, le vice-président des Red Wings de Detroit, qui a déjà été sanctionné dans le passé. «J'ai honte pour notre sport de voir où nous en sommes présentement», a déclaré le directeur général des Devils. «Je ne suis plus au coeur du processus de négociation comme je l'étais dans le passé et je ne sais pas pourquoi.»

Lamoriello a raison sur toute la ligne et nul doute que sa sortie n'est pas étrangère à la nouvelle offre que la Ligue nationale vient de faire aux joueurs, qui comporte notamment une année de plus sur la durée des contrats. Ça ne se pouvait pas que les deux parties ne se parlent pas. La date butoir du 14 janvier approche dangereusement.

Comme il l'a lui-même mentionné, Lamoriello n'a plus son mot à dire dans les négociations comme dans le passé. On l'a mis de côté parce qu'il n'avait pas été tendre avec la Ligue nationale dans le dossier d'Ilya Kovalchuk. C'est toujours comme ça avec Gary Bettman. Tu n'as pas le droit d'avoir une opinion contraire à la sienne. Geoff Molson, le propriétaire du Canadien de Montréal, a eu droit au même traitement pour s'être ouvert la trappe lorsque Zdeno Chara, des Bruins de Boston, a blessé Max Pacioretty.

Le commissaire de la Ligue nationale sait pertinemment que Lamoriello n'est pas le dernier venu dans le hockey. Il est le directeur général avec le plus d'ancienneté dans le circuit. Il est en poste depuis 1987. Contrairement à Bettman et Donald Fehr, le représentant des joueurs, il est un amoureux du hockey. Il connaît son affaire et il est apprécié de tout le monde même s'il doit prendre des décisions difficiles pour garder la concession des Devils sur les rails.

L'équipe de Lamoriello n'est pas la plus riche de la LNH, mais il trouve toujours un moyen de la garder compétitive. Il a remporté la Coupe Stanley. Il pense au bien du hockey, tandis que Bettman et Fehr pensent à gagner une bataille au détriment du hockey. Il a touché un bon point en déplorant l'absence totale de confiance entre les joueurs et les propriétaires. On ne fait plus confiance à personne, d'un bord comme de l'autre. Il aurait pu ajouter que l'improvisation règne en maître dans le présent conflit.

La nouvelle proposition aux joueurs m'encourage. Je reste convaincu que les activités reprendront bientôt dans la LNH. C'est vrai que ça presse, mais on peut encore sauver une partie de la saison régulière 2012-2013. On doit en arriver à une entente avant le 6 ou le 7 janvier. Le temps n'est plus à la stratégie, d'un côté comme de l'autre. C'est plutôt le temps de s'entendre.

C'est malheureux, mais le lock-out permet aux gens de se passer de hockey et ils finissent par se dire qu'ils vivent quand même. Les deux parties sont responsables de ce désastre. Les joueurs ne réalisent pas toujours que le hockey ne bénéficie pas des mêmes revenus que des sports comme le baseball, le football et le basketball. La différence est énorme au niveau des revenus de la télévision. C'est également désolant d'entendre et de lire que les Coyotes de Phoenix font plus d'argent en ne jouant pas qu'en jouant. C'est le contraire de la logique.

Le Canada favori

Le Canada devrait remporter le Championnat mondial de hockey qui se déroule présentement en Russie. Le lock-out dans la LNH permet à la formation canadienne d'aligner des joueurs d'élite comme Ryan Nugent-Hopkins, Jonathan Huberdeau et quelques autres.

Malgré l'horaire des matchs, le tournoi de cette année est encore plus intéressant parce que l'équipe canadienne regroupe plusieurs joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il permet aussi aux partisans du Canadien de Montréal de mesurer le talent du jeune Alex Galchenyuk, un porte-couleurs de l'équipe américaine.

Sans sauter aux conclusions trop vite, on peut dire que ce Galchenyuk, le premier choix au repêchage du Canadien en juin dernier, deviendra un bon joueur dans la Ligue nationale. C'est de bon augure parce que les Bulldogs de Hamilton montrent la pire fiche de toute la Ligue américaine de hockey. Laissons cependant le temps aux jeunes Nathan Beaulieu, Jarred Tinordi et Brendan Gallagher de se développer et ne mettons pas trop de pression trop vite sur les épaules de Galchenyuk.

Bonne Année!

Je profite de l'occasion pour souhaiter une bonne et heureuse année aux lecteurs du Soleil et à tous les amateurs de hockey. Avec la nouvelle offre présentée aux joueurs, je suis convaincu que l'année 2013 sera meilleure que celle qui se termine. On a trop vécu au jour le jour dans les derniers mois.

Propos recueillis par Maurice Dumas

>> La question de la semaine

Si vous avez des questions à me poser,ne vous gênez pas. Faites-les-moi parvenir à l'adresse suivante: michelbergeron@lesoleil.com.

Chaque semaine, je répondrai à la plus pertinente.

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