Il y aura une saison!

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Les différents vestiaires de la LNH devraient retrouver leur animation habituelle en janvier 2013 à l'occasion d'une saison de 48 matchs.

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Michel Bergeron

(Québec) J'ai eu peur de ne pas conclure cette chronique. On nous avait annoncé la fin du monde, mais nous sommes encore là! Comme nous sommes passés à travers cette prophétie, on peut certainement croire à un règlement du conflit dans la Ligue nationale de hockey.

Je suis convaincu qu'il y aura une saison. Elle sera de 48 matchs. L'annulation des activités jusqu'au 14 janvier confirme la date butoir. C'est un signal qu'on ne peut pas aller plus loin. Un signal que les deux parties ne peuvent ignorer. Nous avons atteint le point de non-retour.

Je suis convaincu qu'il y aura une saison parce que la pression est trop forte sur les deux parties. Les amateurs sont écoeurés et ils en ont plein le casque des chicanes entre les joueurs et les propriétaires.

À la reprise des activités, tout ce beau monde devra marcher le corps raide et les oreilles molles. Les amateurs exprimeront vite leur mécontentement. Dès que l'équipe locale tirera de l'arrière par deux ou trois buts, les huées se feront entendre. Ça va crier comme jamais dans le passé et les joueurs le savent.

L'exaspération des amateurs est à son comble et ils seront sans merci. Ils se feront un plaisir de se défouler parce qu'ils sont tannés d'être au milieu des disputes entre les deux groupes. Ça va être beau au Centre Bell lorsque le Canadien sera en retard dans le pointage!

Je suis convaincu que les propriétaires soumettront sous peu une nouvelle offre aux joueurs. Elle sera évidemment à prendre ou à laisser. Cette fois, les joueurs l'accepteront. Nous sommes dans la phase critique du conflit. On ne peut pas aller plus loin sans craindre de perdre une autre saison au complet.

Les propriétaires ne sont pas insensibles aux plaintes et aux critiques des amateurs. Chaque mois, le Canadien de Montréal remet de l'argent aux détenteurs de billets de saison. Il en entend des bonnes. Il se fait dire que cet argent remis ne sera pas réinvesti dans le hockey. C'est à la fois inquiétant et révélateur. Le temps est donc au compromis et au gros bon sens. Retournons vite aux activités normales!

Outre la colère des amateurs, il faut également penser aux commanditaires. Que se passera-t-il avec des commanditaires qui auront injecté leur argent ailleurs pendant le conflit? Si ces placements s'avèrent rentables, ils ne reviendront pas au hockey. Les commanditaires ne sont pas acquis comme certains amateurs.

Les joueurs ne sont pas les seuls à blâmer, mais on ne doit pas perdre de vue que 18 équipes perdent de l'argent dans la LNH. Les propriétaires veulent arrêter cette saignée. Ce n'est pas normal ce qui se passe présentement. Six ou sept équipes font vivre la Ligue au complet.

Les joueurs seraient les premiers à se plaindre si la Ligue nationale éliminait quatre équipes. Ils perdraient une centaine de jobs. Ils n'y pensent peut-être pas, mais cette possibilité existe.

Pas de dissolution

L'Association des joueurs de la Ligue nationale dévoilera bientôt un vote nettement en faveur de sa dissolution. Ce ne sont que des mots et les joueurs n'iront pas jusque-là. Il faut plutôt voir ce vote comme une pression additionnelle sur les propriétaires et un vote de confiance envers leur représentant Donald Fehr. Ça ne veut rien dire de plus parce que plusieurs joueurs ne comprennent même pas la signification de ce vote.

Le conseiller Pat Brisson travaille toujours en coulisses afin de réunir joueurs et propriétaires. Les joueurs influents et importants doivent revenir dans le portrait. Dans le moment, Donald Fehr se sert de joueurs anonymes pour tenir tête aux propriétaires. Voulez-vous bien me dire quelle crédibilité ont les Ron Hainsey, Manny Malhotra, Mathieu Darche et autres à la table des négociations?

L'Association des joueurs n'a même plus de président. Donald Fehr a donc beau jeu pour dicter ses volontés. Il se tient loin des gros noms du hockey.

Plusieurs voient Pat Brisson comme le successeur de Gary Bettman au poste de commissaire de la LNH. Bettman en est à son dernier mandat et il ne remettra pas la Coupe Stanley à son prochain détenteur. S'il la soulevait, ce serait pour se protéger des tomates qu'on lui lancerait.

J'ai été renversé, plus tôt cette semaine, par les propos du défenseur Josh Gorges, du Canadien de Montréal. Il a accusé les propriétaires de détruire le sport. Il se prend pour qui celui-là? Est-il conscient qu'il s'est attaqué à Geoff Molson, le propriétaire qui le fait vivre grassement?

Josh Gorges, c'est le même joueur qui a récemment signé un contrat d'une durée de six ans évalué à 24 millions $. Oui, oui, 24 millions $ pour un joueur qui récolte 11 ou 12 points par année. Oui, oui, 24 millions $ pour un défenseur dont la spécialité est de bloquer des lancers. Vaut mieux être sourd que d'entendre les lamentations d'un Josh Gorges.

Joyeux Noël!

En terminant, je voudrais souhaiter un joyeux Noël aux lecteurs du Soleil et aux amateurs de hockey. Nous sommes passés à travers la fin du monde et nous assisterons bientôt à la reprise des activités dans la Ligue nationale.

Propos recueillis par Maurice Dumas

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