Une fois le conflit réglé, il faut souhaiter un contrat de travail très long. Le hockey a besoin de stabilité. Quatre arrêts de travail en 20 ans, c'est beaucoup trop. Ça n'a pas de bon sens. Les amateurs finiront par en avoir ras le bol.
Le conflit va être très long parce que les propriétaires sont très unis et vraiment déterminés à récupérer une partie des revenus présentement consacrés aux joueurs. Prenez juste le Canadien. Il perdra beaucoup d'argent pendant le lock-out, mais Geoff Molson se range derrière Gary Bettman. Il fait preuve de solidarité. Vous remarquerez que les propriétaires appuient Bettman et le laissent travailler. Ils ne disent pas un mot afin de ne pas lui nuire et de ne pas provoquer d'étincelles.
La solidarité des joueurs, mon oeil! Les gars de troisième et quatrième trios sont solidaires, les autres s'en fichent pas mal. Regardez-les s'envoler pour l'Europe. Ils ne pensent qu'à leur petite personne. Les gros salariés continueront de faire leur petite affaire.
Les propriétaires appuient sans réserve Gary Bettman parce qu'ils croient en lui. On aime bien frapper sur le commissaire de la Ligue nationale, mais il a été bon pour ceux qui le gardent en place. On ne peut pas le nier, la LNH a progressé sous sa gouverne. D'accord, il n'est pas sympathique. On n'a pas envie d'aller prendre un café avec lui. Reste qu'il accomplit du très bon travail aux yeux des propriétaires. Il y a longtemps que Bettman aurait été balancé s'il n'avait pas fait «sa job».
Québec
Il faut voir un bon côté à ce conflit. Il profitera à la ville de Québec dans ses démarches pour retourner dans la Ligue nationale. Les Coyotes de Phoenix perdront encore beaucoup d'argent. Ça va en faire plus sur le tas. Cette accumulation de pertes ne pourra durer éternellement, et l'Arizona disparaîtra du décor.
Les amateurs de hockey de Québec sont frustrés de ne pas avoir de hockey de la Ligue nationale. Ils peuvent se consoler parce qu'il n'y en aura pas ailleurs, cette saison.
Le vent change de direction dans le conflit. L'opinion publique s'en va du bord des propriétaires. On parle continuellement des gros salaires des joueurs. Les chiffres indisposent les amateurs. Ils n'en reviennent pas de voir que le salaire moyen dans la LNH se situe maintenant à 2,4 millions $.
Les joueurs devront se faire à l'idée et accepter que les propriétaires diminuent le pourcentage des revenus qu'ils leur consacrent. Au bout du compte, ce sera 50-50 comme dans les autres sports. Il n'y aura pas de règlement tant que nous n'en serons pas là. Les propriétaires ont le droit de faire de l'argent. Je me répète, mais ce sont eux qui prennent les risques.
J'ai sursauté en prenant connaissance des propos d'Alex Ovechkin, qui menace de demeurer en Russie si on réduit trop les salaires des joueurs. De la bullshit! Ils sont nombreux à tenir un tel langage. Ils reviennent tous. Le capitaine des Capitals de Washington a goûté à la vie nord-américaine. C'est une rock star et je ne crois pas un mot de ce qu'il dit. Il va revenir en courant.
J'invite les gens à encourager les équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pendant le conflit de la Ligue nationale. En remplissant les amphithéâtres du circuit Courteau, on passera un message aux joueurs en conflit. On dit que c'est une très bonne année pour la LHJMQ. Six ou sept de ses espoirs devraient être repêchés, en première ronde, en juin prochain. Il y en aurait plus d'une quinzaine dans les trois premières rondes.
La réponse
En réponse à un lecteur, je suis convaincu que les relations demeureront très cordiales entre Sidney Crosby et Mario Lemieux. On sait que le capitaine des Penguins a été hébergé par Lemieux à ses premières années à Pittsburgh. Dans les dernières semaines, il accompagnait Donald Fehr dans les points de presse de ce dernier.
L'amitié entre les deux va au-delà de la business. Lemieux est maintenant du côté des propriétaires, mais il comprend les joueurs. C'est pourquoi il ne tiendra pas rigueur à son joueur étoile. Il s'est déjà retrouvé dans la même position.
La question de la semaine
Si vous avez des questions à me poser, ne vous gênez pas. Faites-les-moi parvenir à l'adresse suivante: michelbergeron@lesoleil.com. Chaque semaine, je répondrai à la plus pertinente.
Propos recueillis par Maurice Dumas