Bien sûr, la ligue Can-Am prête flanc à la critique. La présence des Federals de New York et les problèmes des Colonials de Pittsfield ont défrayé les manchettes. Ce qui n'enlève rien au mérite des joueurs des Capitales sur le terrain.
Peu importe la ligue, les équipes de Québec suscitent à la fois l'envie et l'admiration. Les Remparts attirent beaucoup plus de spectateurs que les autres dans un circuit qui accepte 16 de ses 17 équiÂpes dans les séries éliminatoires. Le Rouge et Or ne rencontre pas beaucoup d'opposition au Québec depuis une décennie.
Chaque circuit traîne ses forces, ses faiblesses et sa réalité économique. Les exploits des Capitales depuis la fin du mois de mai sortent de l'ordinaire. Unis et dédiés à leur équipe, ils ont édité toutes sortes de records.
Les Jackals du New Jersey ne formaient pas la seule autre bonne équipe de la Can-Am. Le Rox de Brockton, les Colonials de Pittsfield et les Tornadoes de Worcester représentaient des adversaires de taille. Moins redoutables, les Bears de Newark et les Boulders de Rockland n'étaient pas battus avant de sauter sur le gazon. Lors d'une visite à Québec, plus tôt cette saison, les Bears alignaient quatre joueurs ayant évolué dans le baseball majeur.
La présence des Federals et les difficultés pécuniaires des Colonials ont assombri le paysage de la Can-Am. Le baseball indépendant et le baseball affilié ont été frappés par la récession économique aux États-Unis. Leurs dirigeants sont continuellement en mode survie.
Il faut voir la réalité en face. La Can-Am aura du ménage à faire dans les prochains mois. Elle doit s'assurer d'une plus grande stabilité économique. À l'exception des Federals, le calibre de jeu n'était pas un problème.
Bons moments
Les Capitales ont fait passer de bons moments aux habitués du Stade municipal du parc Victoria pendant la dernière campagne. Les lanceurs ont été sublimes dans un circuit surtout porté vers l'attaque. La défensive a surpassé tout ce qui existait ailleurs, et les frappeurs ont regroupé leurs coups sûrs pour saisir les occasions qui se présentaient de croiser le marbre.
J'assiste régulièrement aux matchs des Capitales depuis leur arrivée à Québec, en 1999. Je n'ai jamais vu un personnel de lanceurs aussi équilibré. Je n'ai jamais vu une défensive aussi étanche. Je n'ai jamais vu des frappeurs faire preuve d'autant d'opportunisme.
Les succès de 2011 résultent de l'application du concept d'équipe et non pas de la faiblesse des adversaires. Conclure le contraire serait faire insulte au talent et à l'ardeur au jeu de tous ces joueurs qui se plaisent à Québec dans l'uniforme des Capitales.
Finalistes à six reprises dans les sept dernières années, les Capitales occupent une belle place dans le paysage sportif de Québec. Si c'était aussi facile que ça de se rendre aussi loin, comment expliquer que les Jackals du New Jersey aient patienté pendant six ans avant de retourner en finale?
Les Capitales occupent également une place de choix sur l'échiquier du baseball indépendant. Leurs 13 premières années d'existence parlent en leur faveur. Ils seront encore là , au printemps 2012. Ils méritent d'être là . Les prochains mois dicteront le cadre dans lequel ils évolueront.
En attendant, personne ne pourra effacer tout ce qu'ils ont accompli depuis 1999. Les six participations à la finale de la Can-Am dans les sept dernières années et les conquêtes du trophée Arthur E. Ford appartiennent déjà à l'histoire du baseball à Québec.
En plus d'accumuler les victoires et les titres, les Capitales ont créé un sentiment d'appartenance en se faisant un devoir d'intégrer des joueurs de chez nous à leur alignement. Ce qui explique également les succès répétés des dernières années.