«Si je n'avais pas autant de plaisir à jouer ici, je ne serais jamais revenu, même si c'est Québec. Dès le jour 1, cette année, ce fut le coup de foudre entre les joueurs et ça ne s'est jamais estompé», admettait le vétéran receveur qui subira une arthroscopie, mardi.
À Québec, Laforest a aussi retrouvé son ami Patrick Scalabrini. Les deux hommes se connaissent depuis l'adolescence, et maintenant qu'ils ont dépassé la trentaine, ils s'entendent toujours comme de vieux complices.
«On dirait que c'est l'un des nôtres qui nous gère. Patrick, on ne le voit pas comme une personne intouchable à qui les joueurs sont intimidés d'aller parler. Il ne regarde jamais personne de haut, il est à l'écoute de nos opinions, il ne joue pas au boss. Depuis qu'il est le gérant, je n'ai jamais entendu quelqu'un parler en mal de lui ou remettre en question ses décisions», avouait Laforest.
Pourtant, le gérant avait des grands souliers à remplir en remplaçant Michel Laplante, en 2010. Avec deux titres consécutifs, la réputation de Scalabrini n'est plus à faire. Laforest lui accorde d'ailleurs beaucoup de crédit pour les récents succès de l'équipe.
«Au début, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je suis impressionné par son travail, notamment au niveau du recrutement. Oui, le noyau revient à chaque année, mais il a le flair pour dénicher de bonnes recrues et quelques nouveaux visages. Ça s'ajoute à tout le respect que j'avais pour lui pour m'avoir cédé son poste de vétéran, en 2009.»
Une bague pour Tremblay
Laforest n'écarte pas la haute direction dans ses compliments. À ses yeux, l'organisation fait tout ce qu'elle peut pour faciliter la tâche de Scalabrini et assurer le bonheur des joueurs. C'était le cas sous Miles Wolff, ça l'est encore plus avec Jean Tremblay. Le nouveau propriétaire, qui avait toujours refusé qu'on lui donne une bague de championnat pour son implication des dernières années, recevra donc son premier «caillou».
«Je n'en méritais pas avant, je n'étais qu'un partenaire comme les autres. Et je disais toujours, sans savoir pourquoi, qu'un jour, je m'arrangerais pour en avoir une. Je suis peut-être le propriétaire, mais l'équipe, elle appartient aussi aux amateurs», indiquait celui qui se réjouit de voir de la stabilité dans le vestiaire et les bureaux administratifs.
Il aurait pu ajouter aussi sur le terrain, puisque les succès s'accumulent depuis 2006. «On a tellement un bon gérant, quelqu'un pourrait venir le chercher... même si je ne nous le souhaite pas. Patrick a adhéré à ce que j'appelle la "magie de Michel Laplante". Lui, je sais que si les Yankees l'avaient courtisé, il serait resté à Québec. Ça doit être la même chose avec Pat», rigolait le propriétaire, en prédisant que les autres équipes de la ligue n'auront pas le choix d'emprunter le modèle québécois pour mettre fin au règne des Capitales.
Une Can-Am à six équipes
Pour la première fois, Miles Wolff a observé la victoire des Capitales avec ses yeux de commissaire et non pas de propriétaire. «Je reste un fan des Capitales», avouait-il au lendemain de leur quatrième titre en six ans. Un tour de force réalisé dans les règles, même si ailleurs, on les surnomme les Yankees de la ligue Can-Am. «Cette saison, nous avions cinq bons clubs sur huit. L'an prochain, la ligue devrait compter six équipes [Québec, Brockton, Newark, New Jersey, Rockland et Worcester] parce que je ne pense pas que Trois-Rivières et Sussex soient prêts. L'idée a aussi été lancée pour que l'on dispute des matchs interligues avec l'American Association, mais je doute que cela se réalise en 2012», indiquait-il.
Son successeur, Jean Tremblay, fait confiance à celui dont l'objectif est de créer une division canadienne. «Dans ce projet, Montréal est stratégique. Hier [vendredi], j'ai vu des gens se promener avec les plans d'un stade à y construire. L'équipe itinérante n'a pas aidé la crédibilité de la ligue, et il y a du travail à faire pour 2012 et 2013, mais je vous assure qu'il y aura du baseball pendant encore longtemps à Québec», indiquait Tremblay, celui qui ne prévoit pas avoir à ajouter d'argent pour boucler le budget malgré le temps peu clément de l'été.