Selon lui, les Capitales tenaient à se mesurer à un rival de taille pour cette classique annuelle. La même chose s'appliquait aux Jackals, qui désirent à tout prix mettre fin à la domination québécoise et remporter un premier titre depuis 2004.
«Sur papier, ils pourraient avoir l'avantage sur nous à cause de leurs partants gauchers contre tous nos frappeurs gauchers [six sur neuf], mais on a bien fait tout au long de l'année dans ces situations. Avec la défensive et les lanceurs que nous avons, je suis prêt à mettre mon alignement contre n'importe qui», indiquait l'instructeur des frappeurs, qui occupe le cinquième rang dans l'alignement.
Dans sa tâche, Laforest n'exigeait pas de ses coéquipiers de frapper dans des moyennes astronomiques, ni de défoncer les clôtures. Au fil des ans, il a appris que le succès passait par l'accomplissement de petites choses, et surtout, par l'importance de bien réagir dans les moments importants.
«Ce qu'il y a de plaisant avec notre alignement de frappeurs, c'est que de 1 à 9, ils peuvent apporter quelque chose. Quand ça compte, est-ce que tu seras là ? Je pense qu'on présente la meilleure production de la ligue avec des coureurs en position de marquer, c'est le signe d'un club opportun», avouait Laforest.
Il en sera à sa troisième participation d'affilée avec les Capitales, puisqu'il était membre des équipes championnes de 2009 et de 2010. En fait, le frappeur de choix commence à manquer de doigts pour porter les bagues remises aux équipes gagnantes, lui qui en compte déjà sept. «Mon objectif, c'est de rattraper Alex Nunez. «I have twelve [12], n'arrêtait-il pas de nous dire», rigolait le joueur de 33 ans.
Laforest expérimenté
Laforest dit avoir appris beaucoup de ses années passées dans les ligues mineures, notamment lors de son passage à Durham, où il a remporté deux championnats successifs avec les Bulls (filiale AAA des Rays de Tampa Bay). «Et on aurait dû en gagner trois de suite, parce qu'on menait la finale 3-0 pour ensuite perdre les quatre matchs suivants contre Buffalo», se souvenait-il de cette époque, où il a connu l'actuel instructeur dans l'enclos des releveurs des Capitales, Pat Henley.
Il ne sent pas une pression supplémentaire en raison du début de la finale. Au contraire, il est excité comme une recrue. Avec le temps, il a appris à gagner et se plaît à propager le virus à ses coéquipiers.
«Gagner, c'est quelque chose qui s'apprend. Et pour le faire, ça prend un esprit d'équipe. Le noyau, il sert à cela, c'est la colle qui tient tous ensemble. Il n'est pas nécessairement composé de tes meilleurs joueurs, mais de vétérans qui s'assurent que les recrues font partie intégrante de l'équipe. Si j'avais quitté Sommerset pour revenir à Québec, l'an passé, c'était justement parce que les vétérans, là -bas, se foutaient carrément des recrues et je n'étais pas capable d'accepter cela.»
À la recherche d'un hôtel
Pendant que les joueurs participaient à un léger exercice au bâton sur le terrain du Stade municipal, hier matin, le directeur général des Capitales, Alexandre Harvey, multipliait les appels au New Jersey afin de trouver un hôtel pour y loger l'équipe. Tout au long de la fin de semaine, il a été incapable de parler à un employé des Jackals pour s'assurer que ceux-ci réservent les chambres à l'hôtel habituel d'East Hanover, la résidence secondaire des Capitales pour le nombre de fois qu'ils y passent des nuits. Ce n'est pas encore définitif, mais on doute fortement que les Jackals seront hébergés à l'hôtel Clarendon, comme l'ont été toutes les équipes de la ligue Can-Am cette saison.
Les deux meilleures équipes
«Pour une fois, je suis d'accord avec Joe [Calfapietra] à l'effet que le résultat des matchs de la saison régulière entre les deux équipes ne veulent rien dire. En seconde moitié, on a perdu contre eux alors qu'on alignait Ben Gorang, Mitch Delaney et Dan Barbero, qui ne sont même plus avec nous. Les deux meilleures équipes s'affrontent, et pour nos partants, ce sera difficile mentalement parce qu'ils ont mis l'accent sur le bâton, tandis que nous, on a bâti notre club avec la défensive et les lanceurs. Ils ont neuf bons frappeurs, il n'y aura aucun moment pour relaxer au monticule», a raconté le gérant Patrick Scalabrini. Le premier duel de lanceurs opposera le droitier des Capitales, Bryan Rembisz (9-1), au gaucher des Jackals, Isaac Pavlik (13-3), les deux artilleurs par excellence de la ligue en 2011.
Le privilège de D'Aoust
Patrick D'Aoust considère comme un privilège de pouvoir s'accroupir derrière le marbre à chaque rencontre depuis le début des séries. L'an dernier, il l'avait fait dans un seul match, soit le tout dernier de la finale, parce qu'il avait raté les autres en raison d'une commotion cérébrale. «Si Pete [Pierre-Luc Laforest] était en santé, il catcherait sûrement plus souvent, mais ce n'est pas le cas et je donne tout ce que j'ai. Sans sa présence, je ne serais pas devenu le receveur que je suis aujourd'hui. C'est fou tout ce qu'il m'a montré, et à chaque match, il s'assure de me remettre dans le droit chemin si je fais quelque chose de croche. Aujourd'hui [hier], on discutera du plan de match, lui, moi, Pat [Scalabrini] et les lanceurs. L'important, ce sera de s'ajuster en cours de route, surtout contre les quelques frappeurs que l'on ne connaît pas», expliquait le joueur défensif par excellence de la ligue Can-Am en 2011.
Pas un sujet tabou
Peu importe que l'on parle de tour du chapeau, de triple couronne ou de troisième titre d'affilée, le sujet n'est pas tabou dans l'entourage des Capitales de Québec. «Ça ne l'est pas pour une simple raison : depuis le début de la saison que l'on parle de remporter encore le championnat», indique le gérant Patrick Scalabrini. Les Capitales ont pris la route du New Jersey, hier en début d'après-midi, où ils affronteront les Jackals de l'endroit en finale de la ligue Can-Am.
La formation québécoise veut ajouter une autre plaque sur le trophée Arthur E. Ford pour accompagner celles de 2006, 2009 et 2010. «Notre objectif n'était pas de se battre pour les séries, mais pour aller conquérir un autre championnat. Et ce, même si on savait que ce ne serait pas facile. Ce n'est pas toutes les équipes qui accèdent à la finale. À mes six premières saisons chez les professionnels, je n'ai jamais franchi les demi-finales», racontait le gérant, qui complète sa seconde saison à la barre de l'équipe.