Sakic et Sundin «tirés du même moule»

Mats Sundin... (Archives Le Soleil, Jean Vallières)

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Mats Sundin

Archives Le Soleil, Jean Vallières

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(Québec) Qui de mieux pour parler des nouveaux intronisés du Temple de la renommée du hockey Joe Sakic et Mats Sundin que quelques-uns des hommes de hockey qui les ont côtoyés le plus lors de leur passage chez les Nordiques. Le Soleil a discuté avec Maurice Filion, Martin Madden et André Savard, qui étaient unanimes sur un point: autant les deux athlètes étaient bons sur la patinoire, autant ils étaient bons dans la vie de tous les jours.

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Joe Sakic

Archives Le Soleil, Patrice Laroche

«Joe et Mats étaient à la base deux individus bien différents», a analysé Madden, qui était dépisteur chef des Fleurdelisés lorsqu'ils ont sélectionné Sakic au 15e rang en 1987 et directeur général quand ils ont fait de Sundin le premier choix au total en 1989. D'un côté, tu avais le pure laine de l'Ouest, de l'autre, un Européen qui avait tout à découvrir.

«Mais quand on se mettait à analyser les deux de plus près, on se rendait compte qu'ils étaient tirés du même moule», a ajouté Madden. «Des jeunes hommes d'exception, des passionnés du hockey, des types chaleureux et faciles d'approche à l'extérieur de la glace.»

D'ailleurs, Madden n'était pas peu fier lors de l'entrevue plus tôt cette semaine. «Ça m'a fait un petit quelque chose lorsque j'ai appris qu'ils entraient au Temple de la renommée», a-t-il lancé sur un ton enjoué. «Ils sont les premiers joueurs que j'ai repêchés à être ainsi honorés.»

Ce qui a frappé le plus Maurice Filion, longtemps directeur général et vice-président des opérations hockey des Nordiques, c'est le désir de se surpasser de Sakic et l'entêtement de Sundin pour devenir l'un des meilleurs jeunes de la LNH. «Joe était là à chaque match», s'est-il remémoré. «Il était toujours prêt, il avait ce don spécial d'anticiper ce qui allait se produire sur la glace. Un gars tellement intelligent doté d'habiletés supérieures. Et tellement difficile à frapper.»

Quant à Sundin, c'est son désir d'évoluer en Amérique du nord qui a l'a le plus impressionné. «Les Suédois n'étaient pas nombreux à s'amener ici aussi jeunes. Mais dans sa tête, il se savait prêt et il ne voulait pas gaspiller une autre saison chez lui. S'il est arrivé à Québec un an avant le temps, c'est qu'il savait où il s'en allait.»

Déculottés

André Savard venait tout juste d'être nommé entraîneur-chef des Nordiques en remplacement de Michel Bergeron quand Sakic s'est amené à son premier camp professionnel. «Nous avions tenu un précamp où il avait été dominant comme ce n'est pas possible», a-t-il raconté. «Puis, il a été tout aussi impressionnant lors du camp régulier. À un point tel qu'il avait fait sa place. On voulait le garder.»

Mais comme Filion et Savard l'attendaient dans le bureau du dg pour lui annoncer la nouvelle, Sakic les a littéralement déculottés en leur annonçant qu'il quittait de lui-même pour retourner chez les Broncos de Swift Current ,de la Ligue junior de l'Ouest. «Qui sait ce qui se serait produit s'il était resté», a commenté Madden. «Peut-être que l'avenir de certains aurait été différent.»

Une allusion au congédiement beaucoup trop rapide de Savard après seulement 24 matchs cet automne-là. «Tout ce que je peux dire», a continué Madden, «c'est qu'il y a eu beaucoup de tiraillage dans l'entourage de Joe. Il ne se croyait pas prêt physiquement et son frère Brian s'amenait chez les Broncos. Il voulait jouer avec lui au moins une saison.»

Un des meilleurs juges de talent dans le monde du hockey, Savard reconnaît que Sakic aurait certainement aidé la cause des Nordiques cette année-là. «Mais il n'a pas perdu de temps chez les juniors non plus. Il était cependant prêt, peu importe ce que l'on dit. Moi, je voulais le jumeler à Michel Goulet. Malheureusement, Michel n'a pas participé au camp cette année-là parce qu'il prenait part au tournoi de la Coupe Canada [1987]. Si Joe avait pris le goût de jouer avec lui, je pense qu'il serait demeuré.»

Échange controversé

Revenant aux repêchages respectifs des deux joueurs, ils n'auraient pu être plus différents l'un de l'autre. Les Nordiques détenaient le huitième rang au total en 1987 avec lequel ils ont sélectionné le regretté et controversé Bryan Fogarty. C'est en troquant Dale Hunter aux Capitals de Washington qu'ils ont mis la main sur le 15e choix, qui s'est transformé en Sakic.

«Les choses auraient pu se dérouler autrement si Maurice [Filion] n'était pas allé chercher le 15e choix», a confié Madden. «À ce moment-là, peut-être que Joe aurait été notre huitième choix. Mais on ne le saura jamais. Bryan était tellement bien coté cette année-là. Dans notre tête, nous étions encore meilleurs avec les deux.»

Une déclaration avec laquelle Filion est totalement en accord. «L'échange de Dale a causé beaucoup de controverse. Faut pas oublier qu'il avait été sérieusement blessé à une cheville quelques mois plus tôt et que les médecins disaient qu'il ne serait plus le même joueur. Et comme le club ne se dirigeait plus vers le sommet, il fallait penser à l'avenir.»

Sundin de son côté était dans une classe à part dans la cuvée 1989. «Je l'avais vu au Mondial des moins de 18 ans en République tchèque et il était seul sur la glace», a raconté Madden. «Dès ce moment, je savais qu'il deviendrait un Nordiques.» Congédié quelques mois après le repêchage, il n'a cependant pas pu voir son espoir donner ses premiers coups de lame dans la LNH.

Rivalité

Savard est réapparu derrière le banc de la formation québécoise comme adjoint de Pierre Pagé à ses deux dernières années à Québec. «C'est là que j'ai pu les voir sous leur meilleur jour. Ils étaient les vedettes du club, mais ils travaillaient plus fort que n'importe qui pour s'améliorer. Je me souviens de leur rivalité sur les mises en jeu. Ils se faisaient une fierté d'exceller en infériorité numérique.»

«Joe a été tout un capitaine. Et Mats adorait tellement Québec. Il trouvait que ça ressemblait à sa Suède natale. On se parlait souvent de ces choses-là, quelques fois en jouant au tennis. Comme adjoint, j'avais un certain accès aux joueurs. Deux bons gars qui méritent ce qui leur arrive en fin de semaine.»

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