Ces héros du passé

En 1958, Paddy Moran a reçu de Clarence... (Photo fournie par le Temple de la renommée)

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En 1958, Paddy Moran a reçu de Clarence Campbell, alors président de la LNH, l'écusson soulignant son entrée au Temple de la renommée du hockey.

Photo fournie par le Temple de la renommée

Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) Le projet de souligner les 100 ans de la conquête de la Coupe Stanley par les Bulldogs de Québec a lancé les artisans du Soleil sur une multitude de pistes parallèles qui ont permis de réaliser que l'histoire du hockey à Québec comportait son lot de figures influentes, pas toujours reconnues à leur juste valeur. Quoi de mieux alors que de faire une saucette du côté du Temple de la renommée du hockey à Toronto afin de revisiter ce passé qui nous a réservé des découvertes pour le moins étonnantes sur des athlètes de chez nous reconnus par leurs pairs.

Évidemment, Joe Malone a sa place bien à lui au Panthéon, y accédant en 1950. Première super vedette de son sport, le «Fantôme» se voulait un naturel. Mais saviez-vous que Patrick Roy, le p'tit dernier du coin intronisé au Temple en 2006, n'a pas été le premier gardien originaire de la Vieille Capitale à être honoré de la sorte, ni le deuxième mais plutôt le troisième?

Ses deux prédécesseurs, qui ont pratiqué leur art au tout début du siècle dernier, étaient de féroces compétiteurs eux aussi. Dont Paddy Moran, une des étoiles des Bulldogs en vedette dans nos pages ce matin, qui a été admis au Temple en 1958. Le bouillant Irlandais, qui a évolué de 1899 à 1917, a passé toute sa carrière à Québec, sauf un petit détour à Montréal et à Haileybury en 1909-1910. Malheureusement pour ses adversaires, il se voulait un mélange de Ron Hextall et de Billy Smith devant son filet. On raconte qu'il défendait son espace vital comme un chien défend son os. Quand il ne se servait pas de son bâton pour faire le ménage, il arrosait les gars de l'autre bord des surplus de chique de tabac. Dommage que l'on n'ait pas d'images d'archives!

L'autre est Percy LeSueur, qui a fait sa marque devant le but entre 1903 et 1916. Talentueux attaquant dans son adolescence, il a disputé son premier match chez les pros à l'aile droite pour le Club Hockey Québec. Mais c'est en enfilant les maigrichonnes jambières de l'époque qu'il a brillé avec les Silver Seven et les Sénateurs d'Ottawa, où il a remporté trois Coupes Stanley. Fait intéressant, c'est lui qui aurait inventé la mitaine de gardien du style de celle encore utilisée aujourd'hui. Il est entré au Panthéon en 1961.

Par ailleurs, l'attaquant Jack Marshall a vu le jour à Saint-Vallier de Bellechasse en 1877. Il y a passé les 15 premières années de sa vie avant de voir sa famille déménager à Montréal, où il est devenu l'un des athlètes les plus polyvalents de toute la ville. Étoile au rugby, au soccer, au baseball, à la crosse et aux quilles, il a finalement opté pour le hockey. Sa carrière débute à Winnipeg, où il a remporté la première de ses six Coupes Stanley en 1901. De retour dans la métropole la saison suivante, il a rapporté avec lui la première paire de patins avec des lames à tube utilisée dans l'est du pays. Il a été admis au Temple de la renommée en 1965, quelques mois après son décès.

Proprio du Canadien

Ce qui nous amène à la catégorie des bâtisseurs. Joseph Cattarinich, un gars du Cap-Blanc qui a fait son cours commercial au Collège de Lévis, est entré au Panthéon en 1977. Sa feuille de route est drôlement intéressante. Athlète accompli, il s'est retrouvé devant le filet du Canadien comme substitut pendant quelques matchs en 1909. Pas égoïste pour deux sous, on lui donne le crédit d'avoir découvert un jeune Georges Vézina lors d'un match d'exhibition à Chicoutimi. Ce qui allait bien sûr lui coûter son emploi.

Homme d'affaires averti, Cattarinich a fait son argent dans le monde des courses de chevaux et du tabac. Il a fait l'acquisition du Canadien avec ses associés Léo Dandurand et Louis Létourneau pour 11 000 $ en 1921. Il les revend pour 175 000 $ en 1935. C'est sous sa gouverne que le Tricolore a hérité du qualificatif «Flying Frenchmen» et a remporté la Coupe Stanley en 1924, 1930 et 1931. Ses partenaires et lui sont également ceux qui ont eu l'idée d'offrir un trophée en l'honneur du gardien Vézina décédé des suites de la tuberculose en 1926. Le trio a aussi été propriétaire du parc Delorimier et de la piste de course Blue Bonnets.

Infatigable bâtisseur

Robert «Bob» Lebel est un autre bâtisseur originaire de Québec. On le connaît plus pour son travail inlassable à mettre sur pied la Ligue de hockey junior majeur du Québec en 1969. Il a toutefois accompli beaucoup plus que ça. Solide gardien dans le circuit junior de Beaupré, il s'est tourné vers l'arbitrage quand il a réalisé qu'il ne ferait pas carrière au hockey.

Comptable-caissier à la succursale de la Banque de Montréal du Château Frontenac, il n'a pas tardé à s'improviser administrateur au hockey. Après avoir dirigé la Ligue senior provinciale de 1944 à 1947, il a gravi les échelons du hockey amateur, se retrouvant à la tête de l'organisme provincial. Premier francophone à occuper le poste de président de la Canadien Amateur Hockey Association (CAHA), Lebel s'est aussi retrouvé président de la Fédération internationale de hockey (IIHF) de 1957 à 1962, tout juste après ses trois ans comme maire de la municipalité de Chambly. De retour sur la scène québécoise à la fin des années 1960, il est devenu le premier président de la LHJMQ, de 1969 à 1975. Il est entré au Temple de la renommée en 1970.

Ce qui nous amène à mon ex-patron Claude Larochelle, lui aussi un ancien du Collège de Lévis, qui a été désigné récipiendaire du Elmer Ferguson Memorial Award en 1989, honneur soulignant la contribution d'un journaliste de l'écrit au sport du hockey, plus spécifiquement la Ligue nationale de hockey. Chroniqueur et directeur des pages sportives du Soleil pendant une trentaine d'années, il avait également connu du succès comme hockeyeur, évoluant notamment avec Jean Béliveau chez les Citadelles junior dans les années 1950.

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