Les plus optimistes parmi les inconditionnels de la Sainte-Flanelle croyaient voir Pierre Gauthier sortir quelques lapins de son chapeau afin de relancer leurs favoris. Un souhait totalement irréaliste, compte tenu de la situation actuelle du Tricolore. Faut se rendre à l'évidence que M. Gauthier avait les mains attachées. Ça prend toujours deux parties pour danser, et le directeur général du Canadien n'a pas trouvé preneur pour ses mal-aimés. Soyons même plus directs. Personne ne voulait de ses chaudrons.
Oui, il y a eu quelques coups de téléphone de rêveurs s'informant du statut des plus jeunes. Un P.K. Subban, qui s'amusait quasiment à se sortir lui-même de la métropole au cours des deux derniers mois, a certainement soulevé un peu d'intérêt. Mais un gars comme lui, tu le gardes. Il n'a pas joué à la hauteur des attentes cette saison, sauf que ça devrait normalement se replacer. Il a trop de potentiel pour qu'on le laisse partir. Pas question de tomber dans le même piège à ours que celui tendu par Mike Cammalleri.
Ce qui nous laisse avec le seul candidat potentiel de relocalisation. L'aîné des Kostitsyn s'en va rejoindre son petit frère Sergei à Nashville. Où, selon ce dernier, les gens sont pas mal plus gentils que ceux de Montréal. Dans les dents, comme on dit! Sergei s'est avéré une vive déception, ne connaissant qu'une solide campagne, alors qu'il évoluait en compagnie de l'«Artiste» Kovalev et de Tomas Plekanec. Fallait sourire un peu lorsque le président des Predators a déclaré à un journaliste local que Kostitsyn possédait un beau potentiel, qu'il pourrait jouer sur un deuxième ou même un troisième trio. Disons qu'il se donne une bonne marge de manoeuvre. Normal avec un bonhomme aussi irrégulier.
Une chose est cependant certaine à Montréal. Le départ d'AK46 n'aura aucun impact sur les matchs à venir. On ne le voyait déjà plus depuis belle lurette. C'est plus l'absence de Hal Gill qui va faire mal. On l'a vu lors du match contre la Floride, dimanche. Les protégés de Randy Cunneyworth se sont fait brasser le pommier d'aplomb. Pas le plus robuste, Gill prenait cependant beaucoup de place dans son territoire. Ce n'est pas l'arrivée d'un fier-à-bras comme Brad Staubitz qui va changer quelque chose. Un cône orange de plus sur la glace, sans plus.
Le malheur chez le Canadien, c'est que la reconstruction va être longue, très longue même. Surtout dans une ligue à 30 clubs, peut-être une ligue à 32 clubs si l'ami Gary Bettman décide d'aller de l'avant pour «donner» des équipes de hockey à Québec et à Seattle. D'ailleurs, l'expression sur le visage de Geoff Molson pendant le match dimanche voulait tout dire. Le président-propriétaire est conscient que sa bande va avoir du mal à revenir parmi les puissances de la LNH. Est-ce que ça va être différent avec le retour d'Andrei Markov et du capitaine Brian Gionta la saison prochaine? Un peu, c'est certain. Si ces gars-là reviennent en forme, ça va faire une différence. Mais ça va en prendre beaucoup plus. Il y a beaucoup de bois mort à lancer dans le feu de camp. Et un changement s'impose au deuxième étage. Quand on voit Bob Gainey toujours aussi influent, on ne peut se surprendre de la descente aux enfers. Pierre Gauthier et lui n'ont qu'eux-mêmes à blâmer. Pour tout!
Les Canucks actifs
Parmi les clubs les plus actifs, les Canucks de Vancouver et les Sabres de Buffalo. Les finalistes de la Coupe Stanley sont allés chercher l'attaquant à caractère défensif Sami Pahlson pour diversifier leur identité en attaque. Leur autre transaction, justement avec les Sabres, est probablement l'affaire de l'entraîneur-chef Alain Vigneault. Les Canucks ont mis la main sur les jeunes Zack Kassian et Marc-André Gragnani. Ce dernier, un arrière possédant un beau potentiel, a passé deux saisons sous les ordres de Vigneault chez le Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard.
En retour, Buffalo a obtenu les services de Cody Hodgson et de l'arrière Alexander Sulzer. Pour l'instant, les Sabres ont le dessus. Ils avaient besoin de Hodgson, ayant laissé partir Paul Gaustad à Nashville. Comme le Lightning de Tampa Bay avait besoin d'aller chercher un vétéran comme Mike Commodore. Un achat pour quelques mois, histoire de terminer cette saison difficile avec un minimum de succès.
Il sera également intéressant de voir quel rôle on va réserver à Brian Rolston à Boston. Le vétéran, qui roule sa bosse chez les pros depuis presque 20 ans, a déjà séjourné chez les Bruins au début des années 2000. Un peu de profondeur peut toujours aider un club champion. Mais Rolston a-t-il encore de l'essence dans le réservoir?