Pierre Gauthier, le prochain à partir

(Québec) La surprise hier n'était pas nécessairement d'entendre qu'on venait de congédier Jacques Martin. À court ou à moyen terme, son départ était prévisible. La surprise, c'était de voir Pierre Gauthier annoncer la nouvelle. Parce que le directeur général du Canadien aurait dû être invité à vider son bureau en même temps que son entraîneur-chef.

Tant qu'à faire le ménage, t'en fais un vrai. Pourquoi juste balayer la poussière sous le tapis? C'est facile de montrer la porte à un coach. Martin est déjà le sixième à perdre son job dans le circuit Bettman cette saison. Mais le Tricolore ne va nulle part, et la direction que le patron du département de hockey semble vouloir lui donner n'est pas la bonne.

Lorsque Pierre Gauthier est allé voir Geoff Molson pour lui faire part de son intention de remercier Jacques Martin, il aurait dû se faire fermer la porte au nez. Mais pas avant qu'il exige sa démission sur-le-champ. Vous me direz que les hommes de hockey de fort calibre capables de remettre le Canadien sur les rails ne courent pas les rues. Je vous répondrai qu'il y aura toujours quelqu'un quelque part pour relever un défi. Quelqu'un avec des idées nouvelles. Quelqu'un capable d'effectuer un virage à 180 degrés avec la Sainte-Flanelle.

Le Canadien n'a plus d'identité. C'est ce qui lui cause le plus grand tort. Ce n'est pas avec des Gionta, Cammalleri, Gomez, Cole, Gill et Kaberle que tu crées un climat d'appartenance. C'est un constat d'échec que l'on fait aujourd'hui à Montréal. Bob Gainey y est pour beaucoup. Mais Gauthier l'est tout autant parce qu'il s'entête dans ses convictions. Espérons que la famille Molson le réalise avant qu'il soit vraiment trop tard.

Je n'ai rien contre Randy Cunneyworth. Ce gars-là a certainement des compétences et s'il travaille aussi fort que lorsqu'il était joueur, il va devenir un excellent entraîneur-chef dans la LNH. Mais il n'est pas à sa place avec le Canadien, où l'importance de tenir compte des deux solitudes est capitale. Gauthier affirme qu'une langue, ça s'apprend. De la foutaise. Il se contredit également en disant que Cunneyworth est l'homme de la situation, mais du même souffle, il dit qu'il est là par intérim.

C'est à l'extérieur de l'organisation qu'il aurait fallu piger. Autant pour le poste d'entraîneur-chef que pour celui de directeur général. C'était la seule façon de changer cette culture malsaine qui imprègne actuellement le CH. Évidemment, le nom de Patrick Roy va ressurgir maintenant que la porte est semi-ouverte. Mais l'ami Patrick, on aimerait bien le garder chez nous en prévision du retour des Nordiques. Ça, c'est cependant une autre histoire.

L'important, c'est qu'un pas a été fait. Jacques Martin s'entêtait lui aussi dans ses convictions. Un gars d'une autre génération, il se voulait un frein à la libre expression sur la patinoire. À un moment donné, un système doit s'adapter aux outils que tu as dans ton coffre. Cunneyworth a laissé entendre qu'il allait exploiter la vitesse qu'il a sous la main. Une bonne nouvelle. Pour ce qui est du reste, ce sont les joueurs eux-mêmes qui vont décider parce que ce sont eux qui mènent. Faut juste savoir comment les influencer de la bonne façon. C'est ce qui manque à Montréal depuis des lunes.

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