Juste des gagnants

(Vancouver) Paraît qu'il fallait garder la foi. Mais à 23-0 à la demie, les croyants étaient plutôt rares. Sauf les entraîneurs et les joueurs du Rouge et Or qui ont surmonté le déficit pour revenir dans le match. Quel match fertile en rebondissements! Hallucinant. Dommage qu'il y ait eu un perdant, mais il n'y avait qu'une seule Coupe Vanier à l'enjeu. Mais Kyle Quinlan était tout simplement trop fort. Tout un athlète, celui-là. Tout un quart-arrière. Le titre national des Marauders de McMaster, c'est le sien.

Son doigté, mais aussi le front de boeuf de son entraîneur-chef Stefan Ptaszek qui a attaqué la défensive québécoise tout au long de la soirée avec une pléiade de jeux créatifs, profitant du talent de son meneur de jeu qui a amassé le deuxième plus haut total de verges par la passe dans l'histoire de la Coupe Vanier.

Ce qui n'a pas empêché la bande de Glen Constantin de faire preuve d'énormément de caractère pour revenir dans le match. Autant ils ont été mauvais en première demie, autant on a revu les vrais représentants de l'Université Laval dans les 30 dernières minutes de jeu. Ils ont eu une seconde vie lorsque le botteur étoile Tyler Crapigna a raté un placement avec trois secondes à faire, mais la prolongation leur a été fatale, Crapignan se rachetant de belle façon.

Pourtant, c'était bien parti. La stratégie se voulait conservatrice. Et surtout physique. Le ballon allait appartenir à Sébastien Lévesque jusqu'à ce qu'on essouffle les gros joueurs de la défensive des Marauders. Le 15 a porté le ballon sur quatre des cinq premiers jeux pour un total de 27 verges avant de voir les siens devoir dégager.

La première possession des nouveaux champions nationaux n'a pas été bien longue, mais on a quand même eu une bonne idée des intentions du coach Ptaszek. Quinlan a tenté une bombe sans résultat probant. Mais il annonçait ses couleurs. Et il avait noté des failles dans la défensive rouge et or.

À partir de là, ce fut exécution contre non-exécution. Une question de précision, de concentration. Et aussi d'un peu de chance versus la malchance. Mais comme le veut l'adage, tu la fais, ta chance. Dès le début de la deuxième série offensive de Laval, Lévesque est parti comme une fusée, galopant sur 17 ver­ges. Un adversaire est cependant venu gâcher sa soirée de travail en lui arrachant le ballon. L'as de McMaster n'en demandait pas plus et il s'est mis à contrôler la rencontre. Pas pour rien qu'on prétend qu'il aurait hérité du Hec Crighton s'il n'avait pas été tenu hors du jeu pendant trois matchs en raison d'un écart de conduite en milieu de saison.

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