Assez incroyable comme cheminement que celui de l'athlète de 29 ans. Et n'utilisons pas ici le mot athlète à la légère. Ce que Pontbriand vient de réussir confirme son statut de pur-sang. Passer quatre ans à pratiquer son sport favori dans un circuit senior local et se retrouver du jour au lendemain dans l'uniforme des Blue Bombers de Winnipeg sort de l'ordinaire.
Mais encore plus que ses habiletés athlétiques, c'est sa passion pour le football qui fait foi de tout. Et qui explique pourquoi il joue chez les pros après avoir été si longtemps à l'écart de la compétition. Lorsqu'on lui demande comment il vit ce revirement, s'il y va au jour le jour, il répond du tac au tac : «Non, je le vis seconde par seconde. Vous ne pouvez croire comment je suis motivé, comment je vibre actuellement. Je suis payé pour faire ce que j'aime le plus. Peut-on demander plus que ça?» J'imagine que non.
Allons-y avec son cheminement depuis l'automne 2006 et son dernier match avec la troupe de Glen Constantin. Pas piqué des vers et évoluant à une position où les espoirs ne sont pas légion, Pontbriand avait suscité de l'intérêt auprès des évaluateurs de talent de la LCF. Mais pas assez pour être repêché, ni même invité à un camp.
«C'était décevant, parce que j'avais encore beaucoup à donner sur le terrain. J'ai eu la chance d'avoir Luc Savoie comme coach avec le Rouge et Or et lorsqu'il est devenu directeur des sports au Séminaire Saint-François, il m'a demandé si ça m'intéressait d'embarquer dans le programme de football du Blizzard avec lui et Jean-François Boisvert.
«J'y ai découvert une autre passion, celle de l'enseignement. Je coachais le foot, j'enseignais l'éducation physique. Vous savez, le secondaire est l'étape la plus importante dans le développement de ces jeunes de 11 à 17 ans. Et de le faire en incluant un sport comme le football qui est conducteur à la poursuite de l'excellence sur les bancs d'école est encore mieux.»
Entraîneur-chef, coordonnateur à l'attaque et... secondeur!
Parallèlement, Pontbriand continuait de sauter sur le terrain pour se défouler. Non seulement il était entraîneur-chef et coordonnateur de l'attaque des Rebelles de Québec dans le foot senior, mais il évoluait aussi comme secondeur en défensive. Il a fait ça pendant trois ans et une fois la neige tombée, il se tournait vers le hockey de ligue de garage.
«Après les Fêtes, Glen Constantin m'a surpris en me disant qu'il avait mentionné mon nom et celui de mes bons amis Michael Jean-Louis et Maxime Bérubé aux entraîneurs de l'équipe qui allait participer au championnat mondial de football américain qui se déroulait en Autriche.»
Les chums se sont mis à l'entraînement, profitant des installations sportives du SSF. Et c'est au sommet de leur forme qu'ils se sont pointés au camp national à London. Ont suivi les 4 matchs en 10 jours, dont la défaite aux mains des Américains en finale. Mais Pontbriand n'avait pas raté son coup. Lui qui voulait participer à ce Mondial pour finir en beauté une carrière de football, il a plutôt attiré l'attention des dépisteurs. Avec comme résultat ce surprenant contrat avec les Bombers.
«J'ai eu le support de mes patrons au séminaire, le père Jean-Marc Boulé et coach Savoie, note-t-il. Moi, je retourne travailler à Québec cet hiver. Mes patrons à Winnipeg m'ont déjà signifié de l'intérêt pour la saison prochaine, mais dans la LCF, on ne tient jamais rien pour acquis. Pour l'instant, je profite de mon aventure. Et je veux ramener ce bagage d'expériences que j'amasse et le partager avec les jeunes du Blizzard. Pour la suite des choses, on verra.»
Mais il en a déjà fait pas mal plus que prévu. Et demain, toute son attention sera centrée sur la Coupe Grey. À voir le feu dans ses yeux, c'est clair que l'attention ne fera pas défaut.