Bien sûr, les inconditionnels de la Sainte-Flanelle étaient majoritaires dans les gradins. Beaucoup de bleu-blanc-rouge. Ça donne un coup aux plus vieux comme votre humble serviteur, mais bon, c'est comme ça en ces temps modernes. La clientèle était très familiale, ce qui explique ce penchant qu'on aurait traité de péché mortel entre 1979 et 1995. La plupart des jeunes chanceux qui étaient présents hier n'étaient pas encore nés au milieu dans années 90.
Mais si la faveur du public penchait nettement vers le Canadien, il y avait quand même beaucoup de sympathie pour le Lightning. Les Lecavalier, Garon, St-Louis et Bergeron ont été chaleureusement accueillis lorsque l'on les a présentés avant le début de la rencontre. D'ailleurs, Guy Boucher a fait un clin d'oeil au public québécois en insérant ses quatre «francos» dans l'alignement partant. Il a le tour, celui-là.
Faut dire qu'en prenant les devants, les Montréalais ont mis toutes les chances de leur bord. Nettement plus affamés que lors de la rencontre de jeudi entre les deux mêmes équipes, les hommes de Jacques Martin n'ont donné aucune chance aux Floridiens, qui ont payé chèrement chaque manque de communication, chaque erreur. C'est le pauvre Mathieu Garon, magistral pendant les 10 premières minutes de jeu, qui en a été la malheureuse victime.
Bleu nordiques
La bonne nouvelle de la soirée, c'est que malgré le net penchant pour le Canadien, plusieurs milliers de partisans avaient quand même revêtu le bleu Nordiques. Et lorsque l'on présentait un de ces irréductibles à l'écran géant, c'était l'euphorie dans le vieil édifice. Ça, c'est bon pour le moral.
Quant à la déception de la soirée, elle concernait le chandail numéro 12 du Lightning. Me semble que Simon Gagné aurait été beau sur la patinoire du Colisée Pepsi, hier. Malheureusement, il est maintenant à Los Angeles avec les Kings. Ce qui explique pourquoi Ryan Malone a repris le numéro 12 qu'il avait gracieusement cédé à Gagné la saison dernière. Un Malone qui a disgracié ce chandail en passant le match à distribuer les gestes déloyaux. Jusqu'à ce qu'il soit expulsé pour un vicieux coup à la tête.