La «parole» à Stefanovich

Mikhail Stefanovich s'est dit bien heureux de sortir... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Mikhail Stefanovich s'est dit bien heureux de sortir du vestiaire des Marlies de Toronto (LAH) et de revenir chez les Remparts, où il s'amuse vraiment.

Le Soleil, Steve Deschênes

Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) Jeune homme de peu de mots, Mikhail Stefanovich doit compenser en prêchant par l'exemple sur la patinoire. Plein de bonnes intentions, le Biélorusse a maintenant toute sa tête à Québec après avoir vécu quelques moments sombres à la suite de sa rétrogradation inattendue dans le junior. Ce ne sont certes pas ses patrons des Remparts qui vont s'en plaindre. Ses coéquipiers non plus.

Après deux saisons dans le circuit Courteau où il a marqué 81 buts et totalisé 142 points en 118 matchs, le grand ailier droit croyait avoir assez bien fait pour passer à la prochaine étape. Malheureusement pour lui, les dirigeants des Maple Leafs de Toronto, qui l'ont repêché en quatrième ronde (98e) en 2008, en ont jugé autrement. Faut dire que la nouvelle mentalité adoptée dans la Ville reine ne reflète pas vraiment le style de jeu de Stefanovich. Le tandem Brian Burke-Ron Wilson voulait une équipe robuste, hargneuse même, alors que ces deux aspects sont justement ses points faibles. Ou du moins les points sur lesquels il doit travailler.

Parlons de son renvoi dans la LHJMQ. Il est le premier à admettre que l'attitude des gens des Leafs l'a pris de court. «Pourtant, au début du camp, ça roulait rondement, a-t-il raconté. J'ai même marqué une couple de buts lorsqu'on m'a utilisé avec des joueurs talentueux [Jason Allison et Robert Slaney]. Mais dès que je me suis retrouvé avec les Marlies [club-école des Leafs dans la LAH], je n'ai plus eu la chance de démontrer réellement ce que je pouvais faire. J'étais utilisé avec à peu près n'importe qui et lorsqu'on m'envoyait sur l'attaque massive, je ne jouais pas de mon bord.»

Voilà sa version des faits. Lors du tournoi amical disputé à Glasgow en Écosse, il n'a rien fait qui vaille et c'est lors du retour des Marlies à Toronto qu'on a décidé qu'il serait mieux pour lui de retourner dominer chez les Remparts. «Au départ, ça m'a fait mal, a-t-il reconnu. Quand tu joues dans la Ligue américaine, tu as toujours l'espoir de recevoir un appel du grand club. Et comme les Leafs ne vont pas très bien ces temps-ci, qui sait ce qui aurait pu se produire? Mais je dois maintenant oublier ça. Je suis à Québec pour y demeurer.»

Et avec une vue de recul, il se dit bien heureux de sortir du vestiaire des Marlies. «Je trouvais les joueurs très égoïstes dans la Ligue américaine, a-t-il soufflé. Ils pensaient tous à leur petite personne, travaillant pour leurs propres intérêts. C'est ce qui m'a le plus déplu. C'est la grande différence avec ce que je vis ici chez les Remparts. Ici, c'est l'équipe avant tout. L'esprit de corps est incroyable. C'est pourquoi je m'amuse tellement à Québec. Le hockey y est beaucoup plus plaisant.»

Des interrogations

C'est bien beau s'amuser, mais il faut aussi qu'il produise. Son passage à vide lors de ses premières sorties après sa rétrogradation a soulevé quelques interrogations, sauf qu'il fallait bien honnêtement lui donner le temps de retrouver ses sens. Ce qu'il a fait la fin de semaine dernière. «Je ne suis pas inquiet pour Mikhaïl, a déclaré Patrick Roy. Il revient chez nous avec l'intention d'améliorer ses carences. Nous voulons qu'il complète ses mises en échec, qu'il fonce plus au filet, qu'il se serve de son gros gabarit. Je suis content de le revoir. Il va prendre le temps qu'il faut pour retrouver son rythme et c'est bien comme ça. Parce qu'en bout de ligne, nous voulons qu'un gars comme lui soit au sommet lors des matchs importants et en séries éliminatoires. Il va nous être d'une aide précieuse.»

Le fameux voyage que Roy avait dû se taper en Biélorussie pour convaincre les parents de Stefanovich de s'amener à Québec en 2007 a donc rapporté gros parce qu'en bout de ligne, il l'aura eu pour trois ans, ce qui est plutôt rare pour un Européen.

«On venait d'apprendre la veille du repêchage européen que les jumeaux Bashkirov nous quittaient, a-t-il raconté. Il avait donc fallu se revirer sur un 30 sous et un de nos dépisteurs [Éric Fournier] nous avait dit de regarder vers Stefanovich. On l'a repêché et je suis allé là-bas. Une petite balade en avion entre Québec-Montréal-Frankfort-Minsk. Puis, un voyage de plus de trois heures en taxi pour nous rendre à Gomel. Sur une route pas terrible. On a même fait une crevaison. J'ai cependant été très bien accueilli là-bas. Et nous nous sommes entendus avec les Stefanovich.»

Reste maintenant à finir le travail de préparation commencé à l'automne 2007. «Ça peut sembler long pour certains, a ajouté Roy. Mais Mikhail est un late [il aura 20 ans à la fin de novembre], donc il est plus jeune qu'on le pense. Il est aussi de nature plus gênée. Moi, je sais que ça va bien aller, qu'il va continuer son apprentissage.» La bonne nouvelle, c'est que c'est le souhait du grand numéro 16 lui-même.

 

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