Un pied, des verges et des pouces

(Québec) Christopher Milo n'a pas le droit à l'erreur. Il se sert de son pied droit pour projeter le ballon à des dizaines de verges de son point de départ et bien souvent, le succès de ses actions va être décidé par quelques pouces. C'est la tâche ingrate qui occupe les fins de semaine du botteur du Rouge et Or de l'Université Laval. Mais une tâche qu'il n'échangerait contre aucune autre sur le terrain de football.

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Joueur de soccer depuis sa tendre enfance dans le quartier Notre-Dame de Grâce, à Montréal, Christopher Milo ne voulait faire autre chose que botter le ballon.

Photothèque Le Soleil

Son choix, il l'a fait dès ses premiers contacts avec le ballon ovale. «J'étais en secondaire cinq au Collège Sainte-Anne de Lachine, raconte-t-il. C'était la première année où l'école avait un club de football. Je m'étais pointé au camp d'entraînement, mais on voulait faire de moi un joueur de position. Je ne suis pas resté bien longtemps. Sauf que je suis quand même allé voir le premier match de l'équipe et j'avais trouvé le travail des botteurs épouvantable. Je me suis tout de suite dit que je pouvais faire ce travail-là.»

Joueur de soccer depuis sa tendre enfance dans le quartier Notre-Dame de Grâce, il ne voulait faire autre chose que botter le ballon. Réfractaire au début, l'entraîneur-chef a cependant fini par accepter le joueur unidimensionnel. «Il m'a regardé botter une dizaine de ballons et il n'a pas eu le choix que d'accepter», a raconté Milo en riant.

À partir de là, il s'est mis à rêver. Un rêve se poursuit de plus belle après plusieurs belles aventures. Du Cégep John-Abbott, il est passé aux Cougars de Saint-Léonard (junior). Pendant ces mêmes années, il a défendu les couleurs du Canada au Championnat mondial, remportant deux titres. Il a aussi eu l'occasion de prendre part à deux camps d'entraînement des Alouettes de Montréal, disputant même un match présaison contre Toronto en 2007 avant de s'amener à l'Université Laval, où il vient d'entreprendre sa deuxième saison. «J'ai toujours rêvé devenir un athlète professionnel, a-t-il confié. Et j'y crois encore plus que jamais.»

Perfectionniste comme tout botteur doit l'être, Milo n'a jamais ménagé les efforts pour mieux maîtriser son art. C'est d'ailleurs ce trait de caractère qui a attiré les regards de Glen Constantin à l'époque où il jouait à John-Abbott. «Nos premiers contacts ont effectivement eu lieu à cette époque, a dit Milo. Glen était venu donner une conférence portant sur l'importance de combiner sport et études et j'avais trouvé son approche très humaine. Je me souviens qu'il m'avait parlé, me disant qu'il suivrait mon cheminement. Nous nous sommes revus alors qu'il dirigeait l'équipe nationale, mais je savais déjà que c'est à l'Université Laval que je voulais jouer. Pour être le meilleur, tu dois jouer avec les meilleurs.»

Entre-temps, son passage chez les Cougars de Saint-Léonard, qui sont affiliés aux Alouettes, lui a permis de prendre part aux camps 2006 et 2007 de la formation montréalaise. «Toute une expérience. J'ai eu la chance de côtoyer David Duval, le meilleur botteur de la ligue, et il m'a refilé plein de conseils.»

Dès son entrée chez le Rouge et Or, il a «tassé» Cameron Takacs pour devenir le botteur numéro un de l'UL. Sa première saison fut assez bonne pour lui assurer une place dans l'équipe d'étoiles au Québec, mais pas assez bonne pour satisfaire le principal intéressé. «J'ai conservé une moyenne de 63?% au niveau des bottés de placement (12/19), ce qui est nettement insuffisant, a-t-il jeté. L'équipe se fie énormément sur toi et tu dois être presque parfait. Une moyenne de plus de 80?% est souhaitable, même plus. C'est pourquoi j'étais tellement heureux la semaine dernière. On a fait appel à moi lorsque l'attaque ne parvenait pas à marquer et j'ai donné 21 points au club.»

Celui qui jase avec les poteaux avant chaque match était d'autant plus heureux que ça s'est passé à deux pas de chez lui. «Je demeure à cinq minutes à pied du stade des Stingers de Concordia. Tout juste de l'autre bord du chemin de fer en bas de la côte. J'étais un peu comme chez moi. Les poteaux là-bas, je les connais très bien.»

Ses prières ont été entendues avec sept placements en sept tentatives. Et ce sont vraiment des prières qu'il marmonne lorsqu'il se recueille devant les poteaux avant les matchs. «Je ne vous dévoilerai pas ce que je dis parce que c'est personnel. Mais la religion a toujours été très présente dans ma vie. C'est important pour moi de parler au gars d'en haut. Je sais qu'il veille sur moi.»

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