Tempête de pieuvres en vue au Joe Louis Arena

Al Sobotka durant les séries de 2007. Le... (Photothèque Le Soleil)

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Al Sobotka durant les séries de 2007. Le gérant du Joe Louis Arena, qui travaille pour les Red Wings depuis 1971, est également le conducteur de la resurfaceuse, mais surtout, le ramasseur de pieuvres. Cette dernière fonction le tiendra sûrement très occupé en fin de semaine...

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(Detroit) On dit souvent qu'il n'y a pas un autre aréna comme le Joe Louis Arena, et en ce vendredi matin, c'est tout à fait vrai.

À l'entrée, le responsable de la sécurité est au téléphone, en train d'expliquer à un jeune partisan au bout du fil quelques règles élémentaires. «Apporter une pieuvre ici? Non, ce n'est pas légal. Si on t'attrape, c'est une amende de 500 $, une expulsion et aussi un séjour en prison», explique-t-il le plus sérieusement du monde.

Quelques minutes plus tard, tout juste à l'entrée du vestiaire, Jeff Blashill, l'entraîneur des Red Wings de Detroit, dit tout ce qu'il y a à dire. «Il n'y aura plus jamais un autre aréna comme celui-ci.»

C'est donc en fin de semaine que va se terminer la belle histoire du Joe, où les Wings ont gagné quatre Coupes Stanley. Après le match contre le Canadien samedi, il ne restera plus que celui contre les Devils, dimanche (17h). Le Joe sera démoli - la date exacte n'est pas encore connue - et à compter de la saison prochaine, les Red Wings joueront au tout nouveau Little Caesars Arena, juste à côté du stade de baseball et du stade de football, en plein centre-ville de Detroit. 

Le «Joe», comme on l'appelle par ici, a été bâti en 1979, au coût de 34 millions $. Et quand on y entre, on se croirait encore en 1979. Pas de loges de luxe, pas d'écran géant dernier cri, aucune trace de modernité. Rien n'a changé.

«Je suis arrivé là à 18 ans, à mon premier match avec les Red Wings et c'était impressionnant», se souvient l'ex-attaquant Martin Lapointe. «On connaissait tout le monde, c'était comme une famille. On connaissait les placiers, les gens dans les cuisines, les gens à la sécurité... Aujourd'hui, quand j'y retourne, c'est le même monde qui est encore là, dans les gradins aussi. C'est comme si le temps s'était arrêté.»

Il y a l'odeur aussi. Surtout à la hauteur de la glace, tout près de l'entrée des joueurs. Une odeur qui rappelle quelque chose comme une poissonnerie. «C'est une place qui sent le hockey», indique l'ancien gardien des Wings Chris Osgood. «Ça sent l'équipement de hockey, ça sent la sueur, ça sent comme sentent les petits arénas dans les petites villes...»

«Je me souviens d'une fois où je suis allé ramasser une pieuvre avec mon bâton», raconte Lapointe. «J'étais allé au banc ensuite, et les gars ne pouvaient plus respirer. J'ai dû changer de bâton tellement Stevie Yzerman n'était plus capable à cause de l'odeur de la pieuvre qui était restée.»

Le gérant qui a défié Bettman

Al Sobotka a 63 ans, et il travaille pour les Wings depuis 1971. Il fait tellement partie du décor par ici que la direction du club lui a remis des bagues lors des conquêtes de la Coupe Stanley à partir de 1997. Il est le gérant du Joe, mais dans les faits, on le connaît avant tout parce que c'est lui qui conduit la resurfaceuse... et aussi parce que c'est lui qui ramasse les pieuvres sur la glace.

Souvent, il les fait tourner au-dessus de sa tête. On raconte qu'il y a quelques années, le commissaire Gary Bettman l'a menacé d'une amende de 10 000 $ s'il ne mettait pas fin à cette fière tradition. Sobotka n'a rien voulu savoir.

«Les pieuvres, ça a commencé à Detroit en 1952 avec Pete et Jerry Cusimano», explique-t-il. «Ils étaient propriétaires d'une poissonnerie au centre-ville, et ils ont réalisé que ça prenait à l'époque huit victoires en séries pour gagner la Coupe Stanley. Huit, comme les huit tentacules d'une pieuvre.

«Au début des années 90, j'ai commencé à faire tournoyer les pieuvres dans les airs et les fans ici se sont mis à applaudir. Ça n'a pas cessé et c'est devenu de plus en plus fou à la fin des années 90. Une fois, il y a quelqu'un qui a lancé une pieuvre de 50 livres sur la glace lors d'un match contre l'Avalanche du Colorado. Claude Lemieux s'est mis à patiner vers moi près du filet. Il m'a dit: "Allez, fais-la tournoyer!" C'est une tradition qui ne va jamais mourir.»

Vendredi après-midi, Kevin Dean, copropriétaire de la Superior Fish Company, avait du mal à fournir en vue de la grosse fin de semaine au Joe. La poissonnerie en banlieue de Detroit offre aux partisans des Wings des conseils et de l'équipement pour transporter les pieuvres. «Souvent, les fans vont coller la pieuvre sous leur chandail des Wings avec du ruban adhésif, ou encore mettre la pieuvre dans un porte-bébé», explique Dean le plus sérieusement du monde.

Sobotka va probablement verser une larme ou deux au moment de stationner sa resurfaceuse pour une dernière fois, dimanche soir. Ensuite, il va faire ce qu'il y a de plus naturel à faire pour un gars de cette ville sans prétention: «Quand ce sera fini, je pense que je vais aller me chercher une bière...»




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