Les adieux du vieil ennemi, Shawn Thornton

«Je l'ai vu faire des saloperies de merde... (Photothèque Le Soleil)

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«Je l'ai vu faire des saloperies de merde depuis 10 ans», «Idiot» : tels étaient les propos du vétéran Shawn Thornton des Panthers de la Floride à l'endroit d'Alexis Emelin après la victoire de 6-2 du Canadien jeudi dernier.

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(Tampa Bay) Vous voulez lancer une discussion enflammée? Parlez des combats au hockey, mentionnez les noms de Shawn Thornton et d'Alexei Emelin, sortez le maïs soufflé et observez la scène.

Le collègue Marc Antoine Godin l'a vécu vendredi dernier quand il a publié sur Twitter la transcription des propos de Thornton à l'égard d'Emelin, tenus après la victoire de 6-2 du Canadien contre les Panthers de la Floride jeudi. «Il représente tout ce qui ne fonctionne pas dans la LNH.» «Je l'ai vu faire plein de saloperies de merde depuis 10 ans.» «Idiot.» Tout y passait au sujet du numéro 74 du Canadien, qui a refusé d'engager le combat avec Thornton.

Suffit de lire les réponses au tweet du confrère Godin pour constater combien Thornton - la personne en soi, son style de jeu et la mentalité qu'il représente - polarise les opinions. Le fameux «code» du hockey est au centre du débat, avec Thornton qui le défend et Emelin qui en représente l'antithèse puisqu'il frappe abondamment, mais refuse de se battre en raison de la plaque de titane dans son visage.

Ce soir, le Tricolore débarque à Sunrise pour y affronter les Panthers dans ce qui sera - s'il est en uniforme - le dernier choc entre Thornton et Montréal. Le vétéran de 39 ans raccrochera vraisemblablement ses patins à la fin de la saison.

«[Le Centre Bell] est tellement bruyant, tu ne peux pas t'entendre réfléchir quand tu te présentes sur la patinoire, rappelle l'ancien homme fort des Bruins de Boston, rencontré la semaine dernière avant le duel contre le CH. Les partisans sont parmi les plus passionnés et connaisseurs. Pour certaines pénalités, tu as l'impression que l'arbitre panique au son de la foule et que c'est pourquoi il lève le bras.

«Je suis sûr que plusieurs partisans ne m'aiment pas vraiment, mais j'apprécie la rivalité qu'on avait et j'appréciais les partisans. Ce n'est pas parce que j'étais dans le camp adverse que je ne les appréciais pas. C'était dur de jouer ici.»

Destiné à être policier

Thornton a passé sa carrière à jouer les justiciers sur la patinoire. Son plan était pourtant d'en être un dans la «vraie» vie, puisqu'il prévoyait que la saison 2006-2007 serait sa dernière. Jusque-là, sa carrière se déroulait principalement dans la Ligue américaine.

«Je pensais que j'allais prendre ma retraite à 30 ans, admet le numéro 22. Anaheim était ma dernière chance, et je souhaitais rentrer à la maison pour devenir policier.»

Thornton avait même commencé à nouer des contacts en Ontario - il s'était même informé des ligues de garage dans sa région pour s'assurer de continuer à jouer au hockey tout en travaillant!

Ironiquement, ce sont les risques liés à son rôle qui lui ont permis de jouer plus de 700 matchs dans la LNH.

«Todd Fedoruk s'est fait défoncer le visage par Derek Boogaard, et j'ai eu ma chance à Anaheim, raconte-t-il. Je pensais que ça serait ma dernière équipe, mais c'est formidable, ce qui s'est produit depuis.»

Le mot «formidable» n'est pas exagéré. Cette année-là, Thornton allait aider les Ducks à soulever la coupe Stanley. Puis, à l'été 2007, quelques semaines après cette conquête, il passait aux Bruins, avec lesquels il a finalement joué sept saisons. Et inscrit son nom une autre fois sur la coupe en 2011.

Des joueurs valorisés

L'arrivée à Boston de Shawn Thornton s'est faite dans une période de grand tumulte. C'est que le même été, un certain Claude Julien était nommé entraîneur-chef des Bruins.

Quand on lui reparle de Julien, on ne sent pas Thornton déborder d'enthousiasme. Du moins, pas l'enthousiasme habituel d'un joueur qui a joué sept ans pour un entraîneur et avec qui il a gagné. Mais s'il y a une chose que le fier-à-bras reconnaît, c'est que Julien savait valoriser ses joueurs.

C'est sous Julien que Thornton a fait partie d'un des quatrièmes trios les plus stables des dernières années dans la LNH. Lui jouait généralement 9 ou 10 minutes par match, mais Daniel Paillé et Gregory Campbell, également employés en désavantage numérique, voyaient leur utilisation moyenne tourner autour de 12 ou 13 minutes. Le trio «Merlot», surnommé ainsi en raison de la couleur des chandails d'entraînement, a marqué les esprits à Boston.

«[Claude] a toujours dit qu'il ne voulait pas simplement employer un joueur deux minutes par match pour qu'il se batte, a rappelé Thornton. En général, il utilisait ses quatre trios. Et si tu demandes à nos meilleurs attaquants, ils étaient probablement plus productifs à jouer 19 minutes par match plutôt que 23. Comme on pouvait prendre quelques minutes contre les meilleurs trios adverses, ça aidait nos meilleurs éléments. Il nous faisait grandement confiance, mais il y a eu des hauts et des bas. C'est vrai que certains jours, il ne nous faisait pas nécessairement confiance!»

«Je dois tout apprendre»

Cet été, Thornton devrait troquer le chandail des Panthers, qu'il porte depuis 2014, pour le veston et la cravate. Il affirme qu'un emploi l'attend au sein de l'administration de l'équipe. Il prévoit suivre le chef de la direction, Matthew Caldwell, afin d'apprendre une facette du hockey qui lui est méconnue. «Je dois tout apprendre, des commanditaires aux relations communautaires», explique-t-il.

À voir son aversion pour ce que le sport «sans bagarre» est en train de devenir, c'est peut-être mieux pour lui d'oeuvrer dans l'administration que dans les opérations hockey!




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