Un mal-aimé à la place de Julien

Bruce Cassidy a remporté ses deux premiers matchs... (AP, Elise Amendola)

Agrandir

Bruce Cassidy a remporté ses deux premiers matchs comme entraîneur-chef derrière le banc des Bruins. Il a la lourde tâche de remplacer Claude Julien, le coach qui a ramené la Coupe Stanley à Boston en 2011.

AP, Elise Amendola

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Boston) Quand les Bruins ont annoncé que Claude Julien était congédié, les réactions n'ont pas été exactement positives. Les mauvais coups du dg Don Sweeney et de son prédécesseur, Peter Chiarelli, ont vite été soulignés. C'est dans cette situation inconfortable que s'amène Bruce Cassidy, avec la délicate tâche de succéder à l'entraîneur-chef qui a ramené la Coupe Stanley à Boston en 2011. Mais Cassidy, dont la troupe a rendez-vous avec le Canadien dimanche, a l'habitude des contextes difficiles.

C'était en décembre 2003. Les Capitals de Washington étaient au coeur d'une des périodes les plus sombres de leur histoire, où ils allaient rater les séries trois années de suite. Un soir, au bon vieux Continental Airlines Arena, ils s'inclinent 3-0 devant les Devils du New Jersey, qui finissent la soirée avec 41 tirs, contre 9 pour les misérables Caps.

Selon les comptes rendus de l'époque, Cassidy sermonne son équipe après cette bastonnade. Il mentionne notamment que ça lui importe peu si les joueurs ont une conjointe ou un enfant malades et que personne n'a droit à une excuse. Le hic, c'est que parmi ceux qui se font enguirlander, il y a le gardien Olaf Kolzig, papa d'un enfant autiste. Il y a aussi le défenseur Brendan Witt, dont la femme a failli perdre la vie en accouchant, quelques mois plus tôt.

«Il avait 38 ans, il arrivait dans une vieille équipe, qui avait plusieurs vétérans. C'était un pretty boy qui avait confiance [en ses moyens]. Il débarquait avec l'attitude "C'est moi le boss". Ces vétérans n'ont pas aimé ça», se remémore Jean-François Fortin, qui a joué une trentaine de matchs pour Cassidy à l'époque.

Six jours après cet épisode, les Capitals le congédient. Mais son passage a laissé des cicatrices encore vives. Joint par La Presse, Witt est visiblement resté amer. «Ce que tu as lu est véridique. Je n'ai rien vraiment à ajouter.» «Je suis généralement prêt à parler de pas mal n'importe quel sujet, mais pour celui-là, je vais y aller avec un "pas de commentaire"», a répondu un autre ancien des Capitals.

«La saveur du mois»

Cassidy est promis à une belle carrière de joueur quand les Blackhawks le repêchent au premier tour (18e au total) en 1983. Il vient alors de connaître une campagne de 111 points avec les 67 d'Ottawa... en tant que défenseur!

Sa carrière dans la LNH ne dure finalement que 36 matchs. Il s'exile même en Italie avant de prendre sa retraite à 31 ans. Aussitôt, il devient entraîneur dans la Ligue de la côte Est (devenue aujourd'hui l'ECHL).

C'est dans ce contexte qu'à 35 ans, il est nommé entraîneur-chef des Griffins de Grand Rapids (Ligue internationale). Parmi ses joueurs, il y a Mathieu Chouinard, choix de premier tour des Sénateurs en 1998.

«Il venait de connaître du succès dans l'ECHL. C'était le jeune qui montait et il était la saveur du mois» se souvient le gardien au bout du fil. «Il arrivait dans une équipe de vétérans. Derek King, Travis Richards, John Gruden... Là-bas, il fallait gagner, on était un gros marché de la Ligue internationale.

«À la fin, l'équipe s'était effondrée. Ça avait l'air d'un putsch. L'équipe a arrêté de jouer. Je ne sais pas si c'était spécifiquement envers lui, mais l'équipe a arrêté. Il était jeune, très émotif. Les commentaires que j'ai entendus à gauche et à droite par la suite ne me surprennent pas.»

Un exemple de faux pas? «Il nous avait dit : vous pouvez venir dans mon bureau en tout temps, ma porte est toujours ouverte. Un joueur y est allé pour demander des explications. Bruce l'a aussitôt répété devant les gars...

«Je n'ai pas eu une très belle relation avec lui. Ça n'a jamais été joyeux. On avait un conflit de personnalités. J'étais jeune, j'étais là pour monter et lui aussi. Dans son bureau, il m'a déjà dit des choses que tu ne devrais jamais dire à un jeune de 20 ans. Il essayait d'avoir une bonne relation avec ses vétérans. Nous, les jeunes, il ne nous parlait pas.»

Le retour

Mardi dernier, après 13 ans d'attente, Cassidy faisait son retour en tant qu'entraîneur-chef dans la LNH. Il n'a pas raté son entrée en scène, les Bruins remportant leurs deux premiers matchs sous sa gouverne. Dimanche, contre le Canadien, ce sera le troisième test.

Entre-temps, Cassidy s'est refait une réputation en dirigeant avec panache les Bruins de Providence (Ligue américaine), de 2011 à 2016. L'équipe s'est qualifiée pour les séries lors des quatre dernières saisons. Et s'il a gardé son côté autoritaire, il semble avoir trouvé le bon ton pour le faire.

«Il a évolué», estime l'attaquant Jordan Caron, ancien choix de premier tour des Bruins qui appartient maintenant aux Blues de St. Louis. «Le hockey, ce n'est plus ce que c'était avant. Les coachs ne peuvent plus crier après les joueurs et être super durs. Tu as besoin d'une certaine toughness, mais avec les jeunes maintenant, tu dois avoir une approche plus psychologique. Il a appris ça au fil du temps.»

«Il va clairement te le faire savoir s'il n'est pas content. Personnellement, j'aime bien un entraîneur comme ça», souligne l'attaquant des Bruins Frank Vatrano, qui a marqué 36 buts en 36 matchs sous Cassidy l'an dernier à Providence. «Que tu joues bien ou mal, tu vas le savoir. Il a des attentes élevées et les gars qui jouent pour lui vont travailler fort.»

Plus expérimenté

Cassidy a maintenant 51 ans. Est-ce que la différence d'âge l'aide à mieux asseoir son autorité qu'à l'époque?

«Oui, c'est un peu plus facile qu'avant», a admis Cassidy, après la victoire de 4-3 des Bruins contre les Canucks, samedi. «Mais c'est moins une question d'âge que de 20 ans d'expérience dans le métier. 

«J'ai évolué depuis mes débuts comme entraîneur et j'ai vraiment gagné en confiance à mes huit, neuf dernières saisons dans l'organisation. À tort ou à raison, les joueurs me regardent peut-être différemment maintenant que je suis plus vieux, par rapport à mon passage à Washington.»

Pour l'heure, Cassidy est l'entraîneur intérimaire et aura jusqu'à la fin de la saison pour se justifier. Si les Bruins poursuivent sur leur lancée, il pourrait toutefois larguer l'expression «par intérim» dans son titre.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer