Les bagarreurs disparus en une génération

Tie Domi malmène Jay Pandolfo des Devils en... (Archives AP, Kevin Frayer)

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Tie Domi malmène Jay Pandolfo des Devils en septembre 2006. L'ancien dur à cuire a terminé sa carrière avec 3515 minutes de pénalité, bon pour le troisième rang dans l'histoire de la LNH. Son fils Max a été repêché en première ronde en 2013 et est la vedette montante des Coyotes de l'Arizona.

Archives AP, Kevin Frayer

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Associated Press
Toronto

Tie Domi est comme tous les autres pères de hockey lorsqu'il s'agit de s'inquiéter à propos de son fils. Après 16 saisons à se construire une réputation d'un des plus féroces durs à cuire de la LNH, il comprend parfaitement l'importance de protéger les vedettes d'une équipe. Ce qui l'inquiète cependant: qui protégera son fils Max, l'étoile montante des Coyotes à une époque où la Ligue s'efforce d'éliminer le travail de policier sur la glace?

«Évidemment, je ne suis pas d'accord avec ça, d'autant plus que j'ai un fils dans la LNH», a indiqué Domi pendant les festivités de la Classique du Centenaire. «Avant, les gens étaient responsables de leurs gestes. Ça laisse un drôle d'arrière-goût aujourd'hui.»

Et cet arrière-goût est plutôt amer depuis le mois dernier, alors que le fils de Tie Domi s'est cassé la main lors d'une bagarre contre Garnet Hathaway (Calgary). «Ça a été une dure leçon pour lui», a dit le plus vieux des Domi. «Malheureusement, il a un peu de moi en lui.»

En excluant les matchs des anciens et les réunions des anciens de Slap Shot, où les exploits des frères Hanson continueront d'être célébrés pour l'éternité, il n'aura fallu qu'une génération - entre Tie et Max Domi, par exemple - pour tourner la page sur les durs à cuire et passer à une ère où les joueurs sont plus petits, plus rapides... et avec plus de dents dans la bouche.

On l'a constaté lors du match des anciens, à Toronto le 31 décembre. Cinq joueurs figurant au palmarès du plus grand nombre de minutes de pénalité ont sauté sur la glace, dont le meneur Dave «Tiger» Williams (3966 minutes) et Tie Domi, qui se situe au troisième rang (3515 minutes).

L'ancienne vedette des Maple Leafs de Toronto, Wendel Clark, a esquissé un sourire lorsqu'on lui a demandé s'il lâcherait les gants devant Brendan Shanahan, l'ancien des Red Wings et actuel président des Maple Leafs.  «Oh, je ne sais pas. Je n'ai jamais frappé un président auparavant», s'est contenté de dire Clark. 

Tie Domi portait un vieux casque en cuir bien ajusté à sa tête après une pratique des anciens des Maple Leafs, une journée avant de jouer un match extérieur contre leurs homologues des Red Wings. Lors d'une discussion à propos des durs à cuire dans un corridor du vénérable Maple Leaf Gardens, il s'est arrêté en plein milieu d'une phrase pour donner une accolade et taquiner l'ancien bagarreur des Red Wings Joey Kocur.

«Tu ne marqueras pas cette année», a dit Kocur. «Mon mentor», a répliqué Domi.

Le sport a beaucoup trop changé pour l'ancien bagarreur des Red Wings Darren McCarty. «Aujourd'hui, tout le monde fait copain-copain. Les seuls mots qui étaient échangés à la ligne rouge, à l'époque, c'était pour railler un autre gars ou pour préparer un combat en disant: "J'arrive". Ce n'était jamais des plaisanteries.»

McCarty a ajouté à la blague qu'il n'aurait jamais eu la chance de jouer aujourd'hui. «C'est un jeu différent. Il faut comprendre qu'aujourd'hui, c'est un style universitaire et européen. Si j'avais à apprendre à jouer comme ça aujourd'hui, j'essaierais d'apprendre à frapper une balle courbe, car c'est ça qui m'a empêché de jouer au baseball.»

Altercation d'anciens...

L'un des moments forts du match du 31 décembre entre les anciens a été une altercation entre Kris Draper (Wings) et Gary Roberts (Leafs), échangeant des coups et des poussées, avant que Williams, Kocur et Domi ne les séparent pour éviter l'escalade. Quelle ironie de voir des durs à cuire empêcher une bagarre générale...

McCarty ne pouvait que rigoler en voyant deux gros gaillards comme Draper et Roberts reprendre leur vieille rivalité là où ils l'ont laissée. «C'est vraiment une deuxième nature qu'ils soient revenus à ce qu'ils étaient il y a 20 ans l'espace d'un match. Aujourd'hui, ils vont en rire. Mais c'est ça qui en a fait des grands joueurs. Et on n'en voit plus beaucoup aujourd'hui.»

Un nombre révélateur

On n'a qu'à comparer le nombre de minutes de pénalité pour constater à quel point le changement a été radical au cours des 20 dernières années dans la LNH. Avant les matchs de samedi, Antoine Roussel (Dallas) menait la ligue avec 87 minutes de pénalité en 35 matchs. Lors de la saison 1996-1997, Gino Odjick (Canucks de Vancouver) en avait 214 après trois mois. Le total actuel de Roussel l'aurait mis à égalité au 33e rang avec Ken Baumgartner (Anaheim)...

L'élimination du rôle de dur à cuire dans la LNH a commencé en 1992 avec l'ajout d'une pénalité pour inconduite aux instigateurs des combats. Puis la Ligue a poussé plus loin pour se protéger et protéger les joueurs contre les commotions cérébrales et les dommages causés par de nombreux coups à la tête. Les règles libérant le jeu des stratégies basées sur l'accrochage ont aussi permis le développement de joueurs plus talentueux et plus rapides, ce qui a réduit davantage la nécessité de recourir à des bagarreurs. Wendel Clark, qui a notamment joué pour les Leafs et les Nordiques, n'a aucun problème avec cette évolution. «C'est simplement ce que la société pense qu'elle veut voir. C'est tout», a résumé celui qui a marqué 330 buts et accumulé 1690 minutes de pénalité en 15 saisons.

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