Les bagarres pas encore au tapis

Lors du match de mardi à Anaheim, l'attaquant... (AFP, Sean M. Haffey)

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Lors du match de mardi à Anaheim, l'attaquant du CH Andrew Shaw a pu constater que le jeu était plus robuste dans l'association Ouest.

AFP, Sean M. Haffey

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(Los Angeles) Une visite du Canadien dans l'Ouest est l'occasion parfaite pour ramener le sujet des bagarres. Car s'il fait bon dire qu'elles sont en voie de disparition dans la LNH, les statistiques suggèrent plutôt une stabilisation à l'échelle de la ligue.

Si elles sont toujours présentes, c'est notamment en raison du style de jeu pratiqué dans l'Ouest. Avant les rencontres de samedi soir, il s'était livré 101 combats dans la LNH en 362 matchs jusqu'ici, pour une moyenne de 0,28 combat par match. C'est exactement le même chiffre que l'an passé, saison au cours de laquelle la chute du nombre de bagarres avait ralenti.

En sondant joueurs et entraîneurs de la LNH, une certaine unanimité se dessine. On croit en effet avoir atteint une sorte de plancher, comme s'il était inévitable qu'il y aura toujours une bagarre dans environ un match sur trois. C'est l'aspect émotif du hockey, dit-on.

«Il y en a manifestement moins. Il n'y a plus vraiment de cas où les gars embarquent sur la glace seulement pour ça. Elles surviennent dans le feu de l'action, car le hockey demeure un sport émotif», souligne Jordan Staal, des Hurricanes, une équipe qui a été impliquée dans seulement deux combats cette saison.

«Tu ne peux pas enlever l'émotion du hockey. Le jeu est si rapide et les joueurs sont comme des frères, ils se défendent les uns les autres», croit pour sa part Kyle Clifford, qui a livré 4 des 10 combats des Kings cette saison.

Il ne manque pas de théories pour expliquer la stabilisation du nombre de bagarres à un niveau relativement bas. La plus intéressante - et colorée - vient de Darryl Sutter, qui compte plus de 1600 matchs d'expérience dans la LNH si on combine ses années comme joueur et comme entraîneur-chef. Il a occupé son premier emploi d'entraîneur-chef dans la LNH en 1992.

«De nos jours, les coups salauds sont punis par une reprise vidéo. Avant, on contrôlait ça, les joueurs avaient le contrôle. Maintenant, c'est contrôlé au téléphone, et ils prennent de l'argent aux joueurs. Dans un certain sens, ça fonctionne.

«Mais le hockey demeure un sport robuste. Je ne suis pas de ceux qui demandent d'abolir les bagarres, car ça dénaturerait le sport. La différence avec il y a 20 ans, c'est que les gars qui se battent sont bons. Tout le monde parle de la vitesse du jeu, mais les bons joueurs ont toujours été rapides! Sauf qu'avant, ce qui leur permettait d'être si rapides, c'était le fait d'affronter ces bagarreurs qui ne pouvaient pas patiner, mais qui se battaient.

«Ton quatrième trio aujourd'hui est aussi rapide que ton premier trio. Dans ce temps-là, les joueurs de quatrième trio ne pouvaient pas jouer. Et ils ne jouaient pas. On jouait à trois trios. Les joueurs de quatrième trio avaient de bons billets. C'est ça, la plus grosse évolution du hockey. Ça n'a rien à voir avec les bagarres.»

L'influence positive du hockey mineur

Bill Peters, entraîneur-chef des Hurricanes, croit plutôt que la LNH récolte actuellement le fruit des changements apportés dans les échelons inférieurs du hockey. «J'ai un fils de 12 ans et il n'a pas encore commencé à distribuer des mises en échec. Ces jeunes ne se battront jamais au cours de leur développement.

«Dans le hockey junior majeur, ils ont fait des changements incroyables pour limiter les bagarres planifiées. Ces jeunes ne se sont pas battus dans le junior ou au collège. Pourquoi commenceraient-ils dans la LNH? Il en restera toujours un peu, et ça me convient, tu dois te défendre quand d'autres joueurs s'en prennent à toi.»

Les chiffres donnent raison à Peters, comme en fait foi l'âge des meneurs dans la LNH pour les bagarres. Aucun n'est âgé de moins de 25 ans. Phillip Danault, lui, rappelle que le mimétisme peut y être pour quelque chose.

«Regarde Chicago, ils ont gagné trois fois en six ans et ils n'avaient pas un quatrième trio de durs. Des Marcus Kruger, ce ne sont pas de gros bonshommes, ce sont des gars qui patinent. Pittsburgh l'an passé, c'est la même chose, Matt Cullen n'est pas gros, mais il fait la job et il a de la vitesse», soutient l'attaquant du Canadien et ancien des Blackhawks.

Boll, un des derniers «purs»

Avant les matchs de samedi, les 16 équipes de l'Est avaient été impliquées dans 83 combats, pour une moyenne de 5,19 par équipe. Les 14 équipes de l'Ouest, elles, dans 119 combats, pour une moyenne de 8,5 par club. «Le jeu est plus serré dans l'Ouest, donc ça fait en sorte que ça devient plus robuste», estime Anze Kopitar, le pacifique capitaine des Kings, qui ne s'est jamais battu en 783 matchs dans la LNH. «On dirait aussi que les joueurs sont plus gros. Je ne sais pas si c'est pour ça qu'il y a plus de bagarres. On dirait qu'on a encore quelques poids lourds ici.»

Parmi ces poids lourds, on retrouve à Anaheim Jared Boll, un des derniers bagarreurs purs de la LNH. En 19 matchs cette saison, il compte un point et cinq batailles. Mardi dernier, contre une équipe du Canadien qui ne compte pas vraiment de poids lourds, il a été laissé de côté. «Quand je suis arrivé dans la LNH il y a 10 ans, chaque soir, je savais qu'il y avait au moins un ou deux gars dans l'autre équipe à qui j'allais avoir affaire», raconte le vétéran de 30 ans. «J'espère qu'on n'est pas une espèce en voie d'extinction, mais je sais que ça semble aller dans cette direction!»

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