L'homme derrière le retour de Bernier

Le gardien des Ducks Jonathan Bernier a battu... (AP, Jeff Chiu)

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Le gardien des Ducks Jonathan Bernier a battu les Sharks de San Jose, samedi.

AP, Jeff Chiu

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La Presse

(Anaheim) Jonathan Bernier est arrivé à Anaheim dans l'espoir de relancer sa carrière dans la LNH après avoir connu la misère noire à Toronto. De ,923 à sa première saison dans la Ville Reine, son efficacité est passée à ,912, puis à ,908 l'an dernier. Sa moyenne de buts accordés a grimpé d'année en année, atteignant 2,88 la saison dernière. Et, surtout, les victoires derrière des Maple Leafs en reconstruction étaient rares : 12 en 36 départs en 2015-2016.

«Ce n'était pas facile, on perdait beaucoup de matchs, on faisait beaucoup d'erreurs», a raconté Bernier après l'entraînement des Ducks. «En tant que gardien, ça devient lourd de toujours perdre, même si t'essaies de te concentrer seulement sur ta job et sur le processus, pas sur le résultat. À Toronto, c'était ma grosse erreur, je pensais juste au résultat, à gagner des matchs, au lieu de penser aux choses que j'ai à faire tous les jours. J'ai changé ça, et ça m'a aidé à oublier ma dernière saison.»

C'est ici qu'entre en scène Sudarshan Maharaj. «Sudsie», pour les intimes. Dans un milieu où on retrouve des noms connus comme les frères Allaire et les frères Waite, où on retrouve d'anciens gardiens comme Bob Essensa, Bill Ranford et Chris Terreri, Maharaj ressort du lot.

Né à Trinité-et-Tobago, mais d'origine indienne, il a grandi dans la région torontoise, avant de prendre un parcours tortueux pour se rendre à la LNH. Son hockey professionnel, il l'a joué en Suède dans les années 80, dans des circonstances si obscures qu'on n'en retrouve aucune trace sur le site HockeyDB.

À son retour en Amérique du Nord, il est rentré à son alma mater, l'Université York, afin d'étudier pour devenir enseignant. Il a finalement travaillé pendant 12 ans dans le milieu de l'éducation. Tout en entraînant des gardiens...

«J'étais entraîneur des gardiens à York et j'aidais des équipes de hockey mineur à Toronto. De plus, je travaillais avec des gardiens de la LNH. J'ai commencé avec Steve Valiquette. J'avais des gardiens de la LNH qui venaient me voir, mais je n'avais pas de travail dans la LNH!»

Par l'entremise de Valiquette, alors dans l'organisation des Islanders, il a fini par rencontrer Rick DiPietro, qui a demandé à son équipe de l'engager. C'est ainsi qu'en 2003, il a obtenu son tout premier emploi au niveau professionnel... directement dans la LNH!

Avec Hockey Canada

Maharaj travaillera finalement huit saisons pour les Islanders, tout en oeuvrant en parallèle pour Hockey Canada, où il rencontrera le jeune Jonathan Bernier pour la première fois. Depuis 2013, il oeuvre dans l'organisation des Ducks, d'abord avec le club-école, et avec le grand club depuis le début de la saison. C'est donc à lui que revient le mérite d'avoir développé Gibson et Frederik Andersen, aujourd'hui gardien numéro un des Maple Leafs.

Il faut voir le regard de Bernier s'illuminer quand on lui mentionne le nom de Maharaj. «Il est venu à Montréal luncher avec moi quand j'ai été échangé, raconte le gardien québécois. Il connaît un peu la psychologie des personnes. Il est capable de voir si tu es down et va te parler, pas seulement de hockey, mais de la vie en général.»

Un des défis de Maharaj était de changer les idées à Bernier, dont le statut et le contrat chez les Maple Leafs étaient devenus lourds. C'est là que l'expérience vécue avec DiPietro - un premier choix au total qui a fini par signer un contrat de 15 ans - lui a été utile.

«Avec tout athlète, tu dois construire une bulle, soutient-il. Quand je travaille avec mes gardiens, le contrat et le statut n'ont rien à voir. Ils sont traités équitablement. Mon travail était de faire de lui un meilleur gardien. Son salaire et tout le reste n'avaient aucun impact. Donc il s'agit d'enlever tout ce qu'il y a autour et de se concentrer sur le travail à faire.»

Aujourd'hui, Bernier se retrouve avec une fiche de 4-1-1, une moyenne de 2,02 et une efficacité de ,934. Il joue certainement derrière une meilleure équipe cette saison, mais ses chiffres sont tout de même meilleurs que ceux de Gibson (6-7-3, moyenne de 2,62 et efficacité de ,906).

Et il n'y a aucun doute dans son esprit : «Sudsie» y est pour beaucoup. «Je ne sais pas s'il est sous-estimé, mais c'est un des meilleurs coachs de gardien que j'ai eu dans la ligue. Comme il est à Anaheim, il est peut-être un peu oublié. Mais il a tout un background. Il ne reçoit pas le crédit qui lui revient.»

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