Tous les yeux sur Anthony Beauvillier

Avec une production de cinq points à ses... (AP, Frank Franklin II)

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Avec une production de cinq points à ses cinq premiers matchs avec les Islanders de New York, le produit des Cataractes de Shawinigan Anthony Beauvillier est devenu le centre d'intérêt à Brooklyn.

AP, Frank Franklin II

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(East Meadow, New York) Les portes du vestiaire des Islanders s'ouvrent après un long entraînement. La demi-douzaine de journalistes new-yorkais se dirige vers un gamin de 19 ans, qui n'a joué que cinq petits matchs dans la LNH.

À 24 heures de la visite du Canadien à Brooklyn, Anthony Beauvillier est sollicité de toutes parts par les médias locaux. Pendant ce temps, l'illustre John Tavares délace ses patins dans l'anonymat, faisant la causette avec un collègue qui l'a abordé.

Les journalistes veulent tout savoir sur la sensation de l'équipe. «En général, ce sont toujours les mêmes joueurs qui se font interviewer, explique Beauvillier. Mais à mon premier match, et après mon premier but, il y avait plus de journalistes autour de moi.»

Le traitement médiatique qu'il a reçu mardi matin était un signal de plus qu'il joue maintenant dans la cour des grands. Le réalise-t-il?

«C'est dur de le réaliser», admet l'attaquant repêché au premier tour en 2015. «De l'extérieur, ça semble gros et inatteignable. Mais quand tu es dedans, tout est normal. C'est mon quotidien. C'est sûr que parfois, mes amis me font réaliser que je suis dans la Ligue nationale, que c'est gros. Dans ce temps-là, j'y repense, je sais que ce n'est pas rien.»

En fait, c'est surtout le fait qu'il connaisse un départ éclatant, et ce, à seulement 19 ans, qui sort de l'ordinaire. Depuis le lock-out de 2004-2005, seulement cinq Québécois ont joué une saison complète dans la LNH avant l'âge de 20 ans.

Éviter de s'emballer

Beauvillier doit éviter de s'emporter, même si sa récolte de cinq points en cinq matchs jusqu'ici est impressionnante. Elle l'est encore plus quand on pense que Beauvillier joue en moyenne moins de 10 minutes par match. Il forme un trio de jeunes avec Ryan Strome et Alan Quine, tous deux âgés de 23 ans.

«Anthony joue bien. Mais il faut comprendre qu'on a disputé plusieurs matchs à domicile», a tempéré l'entraîneur-chef des Islanders, Jack Capuano. «[Dimanche], il n'a pas affronté les trios d'Eric Staal ni de Mikko Koivu. Je ne veux pas dire qu'on protège son trio, mais on l'utilise de manière à servir les intérêts de notre équipe. À l'étranger, ce sera un bon test pour eux. Mais Anthony travaille fort et fait ce qu'on lui demande. En général, le problème avec les jeunes, c'est la constance. On espère qu'il maintiendra son rythme.»

Tavares, voisin de casier de Beauvillier, en sait quelque chose. À 19 ans, il avait conclu sa saison recrue avec une excellente fiche de 54 points en 82 matchs. Mais après Noël, il avait connu un passage à vide de 6 points en 24 rencontres.

«Tu arrives au 40e match, et c'est tellement exigeant sur le corps, c'est dur d'être en possession de tes moyens chaque jour, reconnaît Tavares. Moi, c'est ce que j'avais réalisé.»

Réaliste

Comme Mikhail Sergachev avec le Canadien, Beauvillier demeure «en audition», puisque sa première année de contrat ne s'écoulera pas s'il est renvoyé dans les rangs juniors avant son 10e match.

Mais il est visiblement bien conscient qu'il ne peut pas se fier exclusivement à sa production s'il veut s'établir à Brooklyn dès cette année. «On est un trio très rapide, on a du talent. Mais on garde notre jeu simple, on est là pour amener de l'énergie et pour finir nos mises en échec.»

Il est assez étonnant d'entendre Beauvillier décrire ainsi la marche à suivre. À ses deux dernières saisons à Shawinigan, il a totalisé 82 buts en 114 matchs. Strome, lui, a terrorisé la Ligue de hockey de l'Ontario avec une récolte de 106 points en 65 matchs en 2010-2011. Ses performances avaient poussé les Islanders à le sélectionner au cinquième rang du repêchage de 2011.

Mais pour Beauvillier, les buts importent peu. Il compte s'établir en exploitant d'autres attributs.

«J'ai fait ma place ici avec mes habitudes de travail, en offrant toujours un niveau de compétition élevé, en jouant avec détermination. Ça va peut-être changer au fil des années, mais pour le moment, c'est ça, mon identité de joueur. Dans le junior, je pouvais me permettre de tricher offensivement pour avoir mes chances, mais ici, je ne peux pas vraiment me permettre ça.»

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