Pierre Houde et Marc Denis: les deux font la paire!

Pierre Houde et Marc Denis font équipe à... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Pierre Houde et Marc Denis font équipe à la description des matchs du Canadien depuis 2011. Le premier n'hésite pas à dire que l'ancien gardien a travaillé fort pour approfondir son nouveau métier.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Beaucoup aspirent à devenir descripteur et analyste des matchs du Canadien, mais peu ont la chance d'occuper ces postes tant convoités. Depuis cinq ans, le vétéran Pierre Houde et la révélation Marc Denis misent sur une préparation à toute épreuve pour relever ce défi, sur les ondes de RDS.

Possédant une quarantaine d'années de métier, Pierre Houde amorce sa 28e saison à la description du hockey du Canadien au Réseau des sports. Depuis les débuts, plusieurs analystes ont défilé à ses côtés, notamment Pierre Bouchard, Yvon Pedneault et Benoît Brunet, avant l'arrivée de Marc Denis, en 2011. Ce dernier prenait alors la relève de Brunet qui, faisant l'objet de critiques acerbes, avait été réaffecté au panel de l'entracte.

«Marc a bien embrassé sa nouvelle carrière. Il ne s'est pas contenté de dire : "Moi, je suis un ancien joueur et je sais de quoi je parle". Marc a fait ce qu'il fallait. On fait un métier de forme et de fond. Le fond, il l'a, et il continue de l'approfondir différemment. Et au niveau de la forme, c'est clair que Marc passe bien à l'écran et que son niveau de langage et son aisance sont là aussi», a estimé Pierre Houde, au sujet de l'ancien gardien de but de l'Avalanche, des Blue Jackets, du Lightning et du Canadien.

Le principal intéressé dit détester le terme joueurnaliste, généralement péjoratif, qui est accolé à sa réalité, et dont Gilles Tremblay était le précurseur.

«Je le déteste surtout pour les journalistes. Je trouve que c'est un affront qu'on leur fait. On n'est pas des journalistes. Je n'aurai jamais cette prétention. On est là pour analyser au meilleur de nos connaissances et de nos expériences de vie, plus que notre formation», affirme celui qui, après sa première saison, a réécouté ses 82 matchs dans le but de devenir moins «robotique».

adapter la méthode

Comme analyste, c'est d'entre les bancs du Canadien et de son adversaire, et non pas auprès de son collègue comme cela se faisait autrefois, que l'ancien portier explique les séquences de jeu décrites par Pierre Houde, du haut de la passerelle.

«Ça nous a amenés, comme descripteurs, à développer une nouvelle forme de relation avec notre analyste. Je pense qu'on a réussi à adapter notre travail, selon que Marc est en haut ou en bas. Il a un point de vue privilégié qu'on essaie de mettre à contribution. Et je pense que c'est cette mise à contribution qui a changé. La façon de raconter l'histoire et ce qu'on met dans l'histoire», raconte Houde.

Si elle lui permet parfois de voir et d'entendre des choses qui échappent à la télédiffusion, la position privilégiée de Marc Denis lui sert d'abord et avant tout à étayer son commentaire. Ce dernier met toutefois le couvert sur tout ce qui touche aux blessures des joueurs, un sujet tabou dans l'environnement du Canadien.

«Je ne dirais pas qu'il y a une paranoïa, mais il y en a une! Il y a des rideaux qui sont installés en arrière. Dans les séries éliminatoires, ils mettent un petit ruban pour délimiter l'endroit où j'ai le droit d'être. Et on n'a pas le droit d'aller en arrière vers le corridor qui mène au vestiaire», révèle Marc Denis.

Cette séparation, elle existe également dans l'avion nolisé de la formation, où joueurs, entraîneurs et journalistes ne sympathisent pas.

«Quand on embarque dans l'avion, les joueurs sont déjà assis dans le fond de l'avion. On n'a pas le droit d'y aller. Et quand on débarque de l'avion, on est déjà partis quand les joueurs embarquent dans leur autobus. Oui, on voyage avec eux autres, mais c'est tout», illustre Marc Denis.

Cette muraille étanche entre les médias et le Canadien a été établie en raison de la multiplicité des médias, note Pierre Houde.

«À la défense des organisations, il faut que tu organises ça. Si tu laisses ça ouvert, ça ne finit plus. Et là, c'est rendu que les sites Internet demandent leur reconnaissance au même titre que les médias traditionnels... On n'échappe pas à cette nouvelle réalité.»

TVA Sports, une compétition qui énergise

Pour la troisième année consécutive, les droits de télédiffusion des matchs du Canadien sont partagés entre le Réseau des sports (RDS) et TVA Sports. L'arrivée de ce nouveau concurrent dans le paysage télévisuel québécois a mené à une vaste remise en question chez RDS qui, au cours des 12 années précédentes, détenait l'exclusivité des droits de télédiffusion francophones de la LNH.

«Il n'y a rien comme la compétition ou concurrence pour améliorer une entreprise, pour se remettre en question et passer à une prochaine étape. C'est sûr que nous, à RDS, on a embarqué dans notre nouvelle réalité avec le couteau entre les dents», a reconnu d'entrée de jeu Pierre Houde.

La voix du Canadien ne cache toutefois pas que, lors de son annonce, la nouvelle avait été reçue comme un coup de massue, dans les bureaux de RDS, en 2013.

«Notre président, Gerry [Frappier], a pris ça dur, parce qu'on est tous des passionnés et on était fiers d'avoir l'exclusivité du hockey. Ce n'est pas une question d'aimer ou de ne pas aimer TVA Sports. Ce sont tous des chums, tous des gars qui sont partis de chez nous, pour aller faire du hockey là-bas. Le petit Félix [Séguin], je lui disais tout le temps: "Sois patient! Je vais partir un jour et ça va être à toi."» raconte-t-il.

Même que selon Pierre Houde, la concurrence entre les deux réseaux n'existe qu'au chapitre corporatif.

«Les gens pensent qu'il y a de l'animosité, ce n'est pas vrai. Il y a une rivalité entre deux géants des communications, qui est tout à fait normale et saine. Mais je mentirais si je disais que ça ne nous a pas motivés encore plus dans notre couverture du hockey. Ç'a aussi amené RDS à décliner une nouvelle série d'émissions dans tout le reste de la programmation, avec les Table d'hôte, 25 ans d'émotions, etc. Ç'a mené à une saine réflexion et un constat : on ne nous enlèvera jamais nos 25 années d'avance.»

La concurrence entre les deux groupes a d'ailleurs accéléré quelques avancées chez RDS, dont le passage à la HD, la création de nouveaux studios, ainsi que le développement d'une offre périphérique à la télédiffusion des matchs de hockey, avec Entre deux matchs, Le 5 à 7, Hockey 360, et L'antichambre.

Pierre Houde et Marc Denis sur...

Leurs plus beaux moments avec le Canadien

P.H. : Il y a eu des moments très touchants, dont le retour de Saku Koivu au Centre Bell [en avril 2002], et ce n'est même pas nous qui diffusions ce match-là. J'étais sur la galerie de presse et je pleurais comme un enfant. Pour moi, ce moment-là était plus fort que le sport comme tel. C'est un moment d'une grande intensité, d'une grande émotion. C'est toujours celui-là qui ressort. [...] Et s'il y avait un autre match, ce serait celui du centenaire du Canadien [4 décembre 2010], que j'ai décrit. Là, j'étais vraiment dans le feu de l'action. On se rappelle de l'histoire, avec le tour du chapeau de Cammalleri. Pour nous, comme artisans, c'était wow!

M.D. : Moi, mon meilleur moment avec le Canadien, c'est quand j'ai joué pour le Canadien! Mais dans ma nouvelle vie d'analyste, il y a eu deux matchs mémorables dans la même saison, soit quand Jean Béliveau nous a quittés [9 décembre 2014] et quand Saku Koivu a été honoré [18 décembre 2014], au Centre Bell. Pour moi, ç'a été deux de nos bons shows de télé. J'avais fait une entrevue live quand Saku Koivu avait quitté le tapis rouge derrière la scène. Au Centre Bell, le moment de silence pour Jean Béliveau, le match qui s'ensuit, la victoire, l'entrevue que je fais sur la patinoire. Tout ça ensemble, ce sont deux beaux moments.

Leurs moins bons moments avec le Canadien

P.H. : Un moment où j'ai eu très peur de devoir revivre ce que j'avais déjà vécu comme descripteur de sport automobile, c'est quand Pacioretty a été frappé par Chara, [en mars 2011]. Parce que j'ai eu l'horreur de décrire les morts en direct d'Ayrton Senna et de Greg Moore. Greg, que je connaissais bien en plus, parce que j'étais son coach d'entrevues. C'est épouvantable, surtout quand on connaît la personne. Mais quand Pacioretty a été frappé par Chara... Le silence. De le voir sur la glace, j'étais glacé moi-même. Benoît [Brunet] était mon analyste à l'époque. Comme ancien joueur, il avait eu une réaction encore plus forte. Heureusement, l'histoire a tourné favorablement. L'autre qui s'est approché de ça, c'est Brian Savage [sur une mise en échec de Ian Laperrière] à Los Angeles, en 1999.

M.D. : Lors des événements de Pacioretty, j'étais à l'analyse, à l'entracte. J'étais là avec Alain [Crête], dans la loge. On préparait le bloc. On n'avait pas le choix de revenir là-dessus. On se demandait : on doit le montrer ou pas le montrer? On ne sait pas ce qui se passe. Les gens veulent avoir des nouvelles, mais on n'en a pas. On peut revenir et donner notre opinion. Ç'a été un cours accéléré sur comment se faire une idée et la communiquer clairement. Parce que tu ne veux pas qu'il y ait de zone grise dans l'opinion que tu émets sur un événement dont les conséquences auraient pu être graves, au moment où tu vas en ondes.

Des larmes pour l'ami Richard

Descripteur des compétitions d'athlétisme à Rio, Pierre Houde a, pour la première fois, eu à occuper ce rôle sans son complice des dernières années, Richard Garneau, récemment décédé. Entouré de Bruny Surin et Laurent Godbout, il a été témoin des performances mémorables des Usain Bolt et Andre DeGrasse. Un spectacle qu'il aurait aimé partager avec son ami Richard, dont il était devenu très proche, notamment aux Jeux de Londres. Cette réalisation l'a d'ailleurs fait craquer en ondes. «À Londres, ç'a été vraiment extraordinaire, parce qu'on a passé un mois ensemble. Tous les soirs, on finissait la soirée avec un petit verre de Chardonnay, en regardant le quartier de Canary Wharf, de l'autre côté de la Tamise. On parlait de la vie, de nos angoisses, de nos femmes, de nos ex-femmes, de nos enfants, de la passion. Il disait tout le temps : arrête de te flageller...» laisse-t-il entendre au sujet du natif de Québec, craquant à nouveau. Pierre Houde chérit encore aujourd'hui cette amitié née sur le tard. Une amitié d'une grande sincérité. «Cette amitié, je dirais que c'est un cadeau que j'ai eu de la Providence, après 40ans de métier. Aujourd'hui, ça me laisse avec beaucoup de sérénité, de confiance, en ayant même le goût de travailler encore plus loin que je pensais. Et c'est ça qui m'a tellement ému à Rio. Je me disais dans ma tête que Richard aurait tellement aimé être là...»

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