Lindros en avait contre Aubut

Eric Lindros avait le sourire facile lorsqu'il a... (Archives Le Soleil)

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Eric Lindros avait le sourire facile lorsqu'il a été choisi au tout premier rang de la séance de repêchage de 1991. Mais contrairement à la coutume, il n'a jamais accepté d'endosser le chandail des Nordiques ce jour-là. Ce qui n'a pas empêché le directeur général Pierre Pagé (à gauche) et le dépisteur chef Pierre Gauthier de se réjouir eux aussi de leur sélection qui leur vaudra de l'or un an plus tard.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Eric Lindros en avait contre le président de l'équipe, Me Marcel Aubut, et non contre la ville de Québec quand il a refusé de se rapporter aux Nordiques qui l'avaient repêché en 1991. C'est du moins ce qu'il a affirmé aux journalistes, lundi, dans les entrevues qui faisaient suite à l'annonce de son admission au Temple de la renommée du hockey.

«Ma décision n'a rien à voir avec une ville, une province, une culture. C'était strictement en lien avec un propriétaire. Ma décision était basée uniquement sur des gens», a déclaré Lindros dont les propos ont été rapportés par le journaliste Greg Wyshynski (Yahoo! Sports).

Le hockeyeur n'a pas nommé Marcel Aubut, qui faisait partie du groupe de propriétaires des Nordiques, mais ses autres déclarations ne faisaient aucun doute sur l'identité de la personne à laquelle il faisait référence.

«Je crois que ses vraies couleurs ont ressorti avec ce qui s'est passé récemment», a ajouté Lindros en référence au scandale qui a éclaté cet automne et forcé Me Aubut à quitter la présidence du Comité olympique canadien quand des femmes l'ont accusé de les avoir harcelées sexuellement.

Ce n'était pas la première fois que Lindros manifestait de l'animosité envers Marcel Aubut. En marge des Jeux olympiques d'Albertville, où il s'alignait avec l'équipe olympique canadienne, l'Ontarien avait dit ne pas avoir vu le président des Nordiques qui s'était déplacé en France pour le voir jouer. «Je ne l'ai même pas vu. Je veux aller dans une organisation qui a de la classe. Est-ce que c'est trop demander?»

Il faut aussi noter qu'à la même époque, parlant au nom de leur fils, Carl et Bonnie Lindros avaient affirmé qu'Eric ne jouerait pas «dans une province où les possibilités de commandites sont plus faibles, où il y a la barrière de la langue et une culture différente».

«La vie est déjà assez dure pour un jeune homme sans qu'il n'ait à être envoyé à un endroit où on parle une autre langue. Il mesure peut-être 6'5'' et pèse peut-être 225 livres, mais il n'a que 18 ans et il est vulnérable», avait aussi déclaré Bonnie Lindros durant la même période.

«Bouder» par habitude

Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que le jeune Lindros «boudait» une équipe qui l'avait repêché. Sélectionné par les Greyhounds de Sault Sainte-Marie de la Ligue junior de l'Ontario, le gros ailier avait préféré s'aligner pour les Compuware Ambassadors de Detroit de la Ligue nord-américaine de hockey en attendant que les Greyhounds se décident à l'échanger aux Generals d'Oshawa.

Avant d'obtenir ce qu'il voulait et que les Nordiques l'échangent aux Flyers de Philadelphie contre Peter Forsberg, Ron Hextall, Steve Duchesne, Kerry Huffman, Chris Simon, un choix de première ronde et la somme de 15 millions $, Lindros avait continué de porter l'uniforme des Generals d'Oshawa et celui d'Équipe Canada.

Entrée au Temple de la renommée du hockey

Eric Lindros... (Photo archives AP) - image 3.0

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Eric Lindros

Photo archives AP

Le débat est clos. Eric Lindros aura finalement sa plaque au Temple de la renommée du hockey. Ignoré six fois auparavant, le capitaine des Flyers de Philadelphie sera l'un des quatre intronisés cette année en compagnie de Pat Quinn, du gardien Rogatien Vachon et de l'ailier russe Sergei Makarov.

«Six ans, c'est assez long, mais j'imagine qu'on peut dire que je serai maintenant au Temple pour toujours», a déclaré Lindros lors d'un appel-conférence après l'annonce.

Lindros était en voiture avec sa famille lorsqu'il a reçu l'appel de Lanny McDonald, le président du Temple de la renommée. Il n'a pas arrêté de sourire depuis, et pour cause. C'était un appel qu'il attendait de moins en moins. Lindros était un candidat controversé chaque année pour l'intronisation, et chaque fois, il voyait les portes du Temple se refermer devant lui.

Les blessures, et le temps qu'elles lui ont enlevé, étaient utilisés pour justifier son absence du Temple - mais pas par le comité, qui garde les délibérations privées.

Il est difficile de contester sa productivité et sa domination lorsqu'il était en santé. Lindros a maintenu une moyenne de 1,14 point par match, une marque qui se classe au 15e rang parmi les joueurs inactifs, qui ont disputé un minium de 500 matchs. Tous sauf un des 14 noms qui le précèdent ont déjà été admis au Temple.

«Je crois qu'il y a des fois où je pense à ma carrière et où je me demande ce qui serait arrivé sans les blessures», a dit Lindros, qui a inscrit 372 buts et 865 points en 760 matchs. C'est un honneur. C'est comme si je bouclais la boucle. Je suis super content.»

Le prototype idéal

Lindros impressionnait par son mélange de poids, de vitesse et de force brute, presque un prototype du joueur de hockey idéal. Il a été menaçant au cours de ses huit saisons avec les Flyers, alors qu'il était fréquemment jumelé à John Leclair et à Mickael Renberg. Lindros a mené les Flyers à la finale de la Coupe Stanley en 1997, où ils ont été balayés en quatre matchs par les Red Wings de Detroit.

Des commotions cérébrales et des conflits avec l'état-major des Flyers, qui lui a notamment enlevé son titre de capitaine, ont éventuellement mené à une transaction avec les Rangers de New York en 2001. Il a joué avec les Maple Leafs de Toronto et avec les Stars de Dallas à ses deux dernières saisons dans la LNH. La Presse Canadienne

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