La LNH est-elle en bonne santé?

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Si les rumeurs se confirment mercredi, Gary Bettman, à gauche, remettra les clés de la LNH à Bill Foley, dirigeant du groupe qui postule pour un club à Las Vegas.

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(Québec) La Ligue nationale de hockey s'apprête à élargir ses cadres. Quatrième circuit professionnel en importance en Amérique du Nord, elle n'a jamais été plus rentable. Elle souhaite toutefois poursuivre sa croissance et c'est par l'expansion qu'elle entend y arriver. Au moment où ses dirigeants lèvent le voile sur leurs intentions, à savoir qui de Las Vegas ou de Québec joindra ses rangs, l'heure est au bilan. La LNH est-elle en santé?

Q Beaucoup d'équipes perdent de l'argent dans la LNH. La Ligue est-elle réellement en santé?

R La Ligue nationale de hockey est une ligue en santé et en croissance, plus particulièrement depuis la signature de son lucratif contrat de télédiffusion canadienne, une entente de 12 ans évaluée à 5,232 milliards $CAN, avec Rogers et TVA, en 2013. Cette dernière a fait bondir les revenus de la Ligue de 12 % en 2013-2014, une année record de 3,7 milliards $US. La LNH peine cependant toujours à atteindre la stratosphère où gravitent les trois plus grands circuits nord-américains que sont la NFL, la NBA et le baseball majeur, ce à quoi elle aspire. Avec des franchises ayant une valeur moyenne de 505 millions $US selon une estimation de Forbes en 2015, la LNH a encore du chemin à faire avant de rejoindre les trois géants du sport professionnel que sont la NFL (2 milliards $US), la NBA (1,1 milliard $US) et le baseball majeur (1,2 milliard $US). La raison de cet écart? Son modèle d'affaires. En 2014-2015, 80 % des revenus de la LNH étaient d'origine locale, que ce soit par la vente des billets ou par les revenus provenant des concessions, de la télédiffusion régionale ou de commanditaires locaux. Quand le marché appuie son équipe, cette dernière parvient généralement à engranger les profits. Par comparaison, le modèle de la NFL, la NBA et du baseball majeur repose surtout sur les commandites et les droits de télédiffusion nationaux, ce qui protège la valeur des franchises contre les fluctuations de l'appui local. La LNH a donc tout intérêt à s'assurer que chacun de ses marchés soit en santé. C'est ce qui explique notamment son acharnement à sauver les franchises de l'Arizona et de la Floride, des marchés stratégiques dans son entente de télédiffusion américaine. D'autant plus que des organisations en difficulté font appel au partage des revenus afin de boucler leurs fins de mois.

Q Le dollar canadien a connu des soubresauts au cours de la dernière année. S'agit-il d'un facteur véritablement préoccupant pour la LNH?

R Même si la Ligue nationale possède des mécanismes pour faire face à une chute du dollar canadien à court terme, les pertes engendrées au cours de la dernière année - évaluées à 200 millions $US par Gary Bettman dans une entrevue à Bloomberg - sont suffisamment importantes pour que la LNH s'inquiète de leur impact à moyen et long termes. Dans l'immédiat, la dépréciation du huard, dont la valeur est passée de 0,92 $US il y a deux ans, à 0,68 $US en janvier, puis à 0,78 $US, mardi, n'empêchera pas le circuit Bettman d'engranger des profits records de 4 milliards $ pour la saison 2015-2016. Là où l'impact de la chute du dollar canadien se fait davantage sentir, c'est dans les coffres des sept équipes canadiennes. Ces dernières voient leurs revenus, obtenus en argent canadien, décliner, et leurs dépenses, dont les salaires payés en devises américaines, s'accroître. La pression ainsi mise sur les organisations canadiennes se répercute sur toute la LNH, et plus particulièrement sur le partage des revenus, puisqu'elles génèrent 35 % des revenus de la Ligue. Des revenus qui devront être divisés en 31 ou 32, plutôt que 30, après l'expansion. Qui plus est, aucune des sept équipes canadiennes n'a participé aux séries éliminatoires cette saison, réduisant encore davantage leurs entrées d'argent. Un scénario qui, s'il perdurait, pourrait avoir un impact sur les franchises américaines les plus fragiles comme les Hurricanes de la Caroline. Et voilà un scénario que la LNH veut éviter à tout prix. Surtout dans la perspective d'une expansion. Le commissaire Gary Bettman s'est d'ailleurs fait clair à ce sujet : une équipe d'expansion devra «rapporter» à la LNH à long terme. L'influx momentané d'argent découlant des frais d'expansion de 500 M $US ne constituent qu'un bien petit incitatif pour accepter une candidature. Ce qui ne crée pas un contexte favorable pour Québec. Avec la faiblesse du huard, cette dernière verrait par ailleurs le coût d'achat d'une franchise gonfler à 641 millions $CAN. La LNH préfèrera-t-elle atteindre avant d'installer une huitième équipe au Canada? 

Q Le déséquilibre des associations de l'Est et de l'Ouest constitue-t-il un véritable enjeu de l'expansion?

R Oui, dans la mesure où la Ligue nationale de hockey souhaite augmenter ses rangs de deux équipes. Avec 16 formations dans l'Est et 14 dans l'Ouest, elle ne peut logiquement contribuer à augmenter davantage le déséquilibre en installant encore une ou deux équipes dans l'Est, ce qui compliquerait grandement l'élaboration des calendriers, l'établissement d'une formule de séries éliminatoires juste et la logistique des voyages entre les deux associations. À ce sujet, Gary Bettman a, dans une récente entrevue à Sportsnet 590, réitéré qu'il n'était pas question de retourner les Red Wings de Detroit et les Blue Jackets de Columbus à l'Ouest pour équilibrer les associations. «Columbus et Detroit appartiennent à l'Est. Ce serait injuste de leur demander de retourner dans l'Ouest. Je ne crois pas que ce soit une option viable», a fait savoir le commissaire. Même si la ville n'a pas participé au processus d'expansion, Seattle a toujours été dans la mire de la LNH. Une éventuelle expansion dans la ville du nord-ouest américain pourrait contribuer à réduire le déséquilibre des associations. «Est-ce que je pense que Seattle est une belle ville possédant de l'intérêt pour le hockey et pourrait géographiquement être bonne pour la Ligue? La réponse est oui, mais ça demeure une analyse superficielle. Personne ne s'est joint au processus d'expansion, en l'absence d'un plan pour un aréna», a encore indiqué Bettman. Possédant toujours un canard boiteux dans l'Est (Hurricanes de la Caroline), la LNH doit de plus considérer qu'elle pourrait avoir à délocaliser cette franchise dans un avenir rapproché. Les Seattle, Kansas City et autres Houston n'étant pas prêtes, Québec semble tout indiqué comme plan B.

Q À quel point le produit sur la glace est-il une préoccupation pour la LNH?

R Au point où la LNH a revu les règles d'un repêchage d'expansion afin de s'assurer qu'une nouvelle équipe sera compétitive dès sa première saison d'exploitation. Lors de la séance du 20 juin 2017, les 30 équipes auront le choix de protéger un gardien, trois défenseurs et sept attaquants ou un gardien et huit patineurs, quelle que soit leur position. Les joueurs bénéficiant d'une clause de non-mouvement devront être protégés par leur équipe. Seuls les joueurs possédant des clauses de non-échange pourront être offerts. Les joueurs repêchés qui ne sont pas sous contrat et les joueurs comptant une ou deux saisons professionnelles n'auront pas à être protégés. Cela évitera qu'une nouvelle équipe mette cinq ou six ans à devenir compétitive, voire plus, comme ce fut le cas pour les Thrashers d'Atlanta, qui avaient gagné seulement 14 matchs au cours de leur première saison, terminant derniers avec 39 points. Par la suite, ils ne s'étaient qualifiés qu'une fois en 11 ans pour les séries, avant de déménager à Winnipeg. «S'il y a expansion, vous voulez que les équipes soient un petit peu plus compétitives qu'elles ne l'ont été au départ, dans le passé. Le raisonnement était que si l'équipe n'était pas suffisamment compétitive, elle pouvait au moins compter sur l'enthousiasme initial du marché, qui s'estompait par la suite, avant de revenir lorsque la situation se rétablissait», avait commenté Gary Bettman en mars, ajoutant que la volonté de la LNH était d'améliorer les chances de succès des nouvelles venues.

Tout a débuté avec J'ai ma place...

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La Marche bleue a mobilisé des dizaines de milliers de Québécois sur les plaines d'Abraham.

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21 octobre 2008

Dans la mouvance des Fêtes du 400e anniversaire de Québec, l'ancien trésorier de la corporation, Mario Bédard, lance J'ai ma place.

2 octobre 2010

À l'initiative d'un citoyen, Mario Roy, des milliers de personnes descendent sur les plaines d'Abraham lors de la Marche bleue, afin de démontrer leur appui à la construction d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel.

10 février 2011

Le gouvernement de Jean Charest annonce la subvention de 200 M$ pour doter Québec d'un amphithéâtre de 400 M$ à l'automne 2015. Le fédéral fait quant à lui la sourde oreille, ce qui force la Ville de Québec à gonfler sa contribution à 187 M$. J'ai ma place fournit 13 M$.

1er mars 2011

Québecor sort victorieuse de l'appel d'offres visant à doter l'amphithéâtre d'un gestionnaire. L'entente prévoit que, sans équipe de la LNH, Québecor paiera 33M$ pour apposer son nom sur l'édifice pendant 25 ans, en plus de payer un loyer annuel de 3,1M$.

31 mai 2011

Après 15 années d'attente, la LNH effectue un retour au Manitoba. Les Thrashers d'Atlanta sont achetés par True North Sports & Entertainment et seront déménagés à Winnipeg. «Si vous pouvez revenir et rectifier un tort, c'est quelque chose d'extraordinaire», avait déclaré Gary Bettman.

3 septembre 2012

Première pelletée de terre symbolique du chantier de l'amphithéâtre. L'initiative J'ai ma pelle est lancée par le fondateur de J'ai ma place, Mario Bédard. Près de 20 000 personnes se sont procuré une pelle en prévision du grand jour.

11 octobre 2012

Dévoilement d'une première maquette et d'une vidéo par l'architecte François Moreau, de la firme ABCP, qui permettent de découvrir un amphithéâtre résolument inspiré de l'hiver québécois.

9 décembre 2014

Le milliardaire américain Bill Foley obtient la permission des gouverneurs de la LNH d'entreprendre une campagne d'abonnements, afin de tester l'intérêt du marché de Las Vegas pour le hockey.

7 avril 2015

Le nouvel amphithéâtre multifonctionnel de Québec est officiellement nommé Centre Vidéotron.

24 juin 2015

La LNH lance officiellement son processus d'expansion. Québecor confirme qu'elle y participera.

15 juillet 2015

Après près de trois ans de chantier, la Ville de Québec remet les clés de l'amphithéâtre à Québecor contre le paiement de 33 M$ pour les droits de nommer. Le Centre Vidéotron aura été construit dans les délais prescrits et sous le budget, sa facture finale s'élevant à 370 M$. 

20 juillet 2015

Québécor dépose son cahier de candidature à la LNH.

17 août 2015

 Québecor paie les frais de 10 M$ lui permettant de passer à la troisième étape du processus d'expansion.

21 août 2015

Québec et Las Vegas reçoivent la confirmation de la LNH qu'elles sont les deux seules candidates retenues pour passer à la troisième étape du processus d'expansion.

4 septembre 2015

Québec et Las Vegas déposent à la LNH des plans d'affaires élaborés, les noms de leurs éventuels partenaires et des prévisions de revenus pour les prochaines années.

12 septembre 2015

Ouverture en grande pompe du Centre Vidéotron. Premier événement présenté dans l'amphithéâtre : un match de hockey opposant l'Océanic de Rimouski aux locataires de l'édifice, les Remparts de Québec.

28 septembre 2015

Premier match de la LNH au Centre Vidéotron, qui accueille une rencontre préparatoire entre le Canadien de Montréal et les Penguins de Pittsburgh.

29 septembre 2015

Le président et chef de la direction Québecor, Pierre Dion, et le président du conseil d'administration de l'entreprise Brian Mulroney, font leur présentation devant le comité exécutif de la LNH, à New York.

6 avril 2016

Ouverture officielle du T-Mobile Arena, à Las Vegas.

7 juin 2016

Le comité exécutif de la LNH se réunit à New York afin de formuler sa recommandation aux gouverneurs de la Ligue.

22 juin 2016

Les gouverneurs de la Ligue nationale de hockey prennent le vote sur la recommandation de leur comité exécutif et annoncent leur décision, avant la remise des prix annuels de la Ligue, à Las Vegas.

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