Joe Pavelski, un requin avec un gros Q.I.

Les dépisteurs étaient unanimes: Joe Pavelski était trop... (AFP, Ezra Shaw)

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Les dépisteurs étaient unanimes: Joe Pavelski était trop lent et pas assez imposant pour faire carrière dans la LNH. Les Sharks de San Jose ont misé sur lui en 2003 et s'en frottent les mains aujourd'hui.

AFP, Ezra Shaw

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La Presse Canadienne

Les dépisteurs de la LNH qui sont passés par Waterloo, en Iowa, disaient généralement la même chose au sujet de Joe Pavelski. «Il ne peut patiner, il n'est pas assez gros. Il ne peut patiner, il n'est pas assez gros», se remémore P.K. O'Handley.

Il y a près de 15 ans, O'Handley dirigeait l'attaquant des Sharks de San Jose, qui était capitaine des Black Hawks de Waterloo de la Ligue de hockey des États-Unis (USHL, niveau secondaire). Les doutes envers Pavelski faisaient tellement consensus qu'il n'a été repêché par les Sharks qu'en septième ronde (205e au total) en 2003.

Aujourd'hui, Pavelski n'est devancé que par Alex Ovechkin au chapitre des buts au cours des trois dernières saisons. Si on regarde les cinq dernières saisons, seuls Ovechkin (224) et Steven Stamkos (193) - tous deux tout premier choix du repêchage - ont compté plus de buts en saison régulière que Pavelski (163), qui domine les présentes séries de la LNH avec 13 filets en 18 matchs.

Les Sharks ont donc vu juste en repêchant le natif de Plover, au Wisconsin... même s'ils ont attendu  leur deuxième sélection de la ronde pour appeler le nom de Pavel-ski, utilisant leur premier choix de septième ronde pour sélectionner l'Ontarien Jonathan Tremblay, qui n'a jamais atteint la grande ligue.

Pourquoi un joueur dont les failles semblaient si évidentes est parvenu à devenir un atout de premier plan dans la ligue de hockey la plus forte de la planète? Le premier élément est certes sa compréhension du jeu. «Son intelligence du hockey, même à 17 ans, était totalement supérieure aux autres», note O'Handley.

L'attaquant de 5'11'' et de 190 livres n'est peut-être pas le joueur le plus excitant à voir, mais son intelligence lui permet de s'ajuster rapidement pendant un match, ce qui explique ses nombreuses chances de marquer. «Il pensait plus vite que n'importe qui d'autre sur la patinoire, même lorsqu'il jouait au niveau amateur, et ça a continué ici, au Wisconsin», affirme Mark Osiecki, qui était adjoint de cette université, où Pavelski a joué son hockey dans la NCAA.

Il se souvient que Pavelski voulait absolument s'améliorer dans le cercle des mises au jeu. Pour ce faire, il regardait des vidéos de joueurs de la LNH. Soucieux de son jeu défensif, il s'entraînait également à bloquer des tirs, ce qui est aussi devenu une de ses forces avec les Sharks, la seule équipe avec laquelle il a joué au cours de sa carrière dans le circuit Bettman.

Homme à tout faire

Pavelski, 31 ans, est donc devenu un homme à tout faire à San Jose. Il est un joueur-clé sur le jeu de puissance, il tue les pénalités et gagne environ 55 % de ses mises au jeu, un des meilleurs pourcentages de la ligue. 

«Quand on le regarde jouer, on peut croire que ce qu'on voit est trop beau pour être vrai mais, après toutes ces saisons, on peut voir que c'est vrai», ajoute O'Hand-ley, qui a dirigé des athlètes qui étaient pourtant bien mieux cotés que Pavelski par les dépisteurs. Qui se souvient de Robbie Earl? Auteur de 58 buts en trois saisons au Wisconsin, il n'a finalement joué que 47 rencontres dans la LNH.

O'Handley en rajoute encore, parlant de l'attitude de gagnant de Pavelski, qui a remporté un titre de la USHL, un titre national universitaire au Wisconsin et la médaille d'argent avec l'équipe olympique américaine en 2010 à Vancouver. Tout ce qui manque au palmarès du capitaine des Sharks, dont l'équipe participera à la grande finale pour la première fois à partir de lundi, est justement la Coupe Stanley.

«Je n'aurais pas nécessairement prédit qu'il marquerait autant de buts à ce niveau, mais est-ce que je suis surpris qu'il soit dans la LNH et qu'il soit devenu un joueur aimé par ses entraîneurs pour ses qualités personnelles et ses aptitudes de compétiteur?» s'interroge O'Handley. «Pas du tout.»

Compter de toutes les façons

Lorsqu'on leur parle de Joe Pavelski, ses anciens entraîneurs à Waterloo ressortent du placard de vieilles cassettes VHS pour montrer ce qu'avait l'air le capitaine des Sharks de San Jose à l'époque. Ils disent voir la même chose que ce qu'on peut voir sur les patinoires de la LNH aujourd'hui : des tirs puissants du cercle de mises en jeu en avantage numérique, des lancers déviés devant le filet et des tirs sur réception précis. «Sa coordination mains-yeux est incroyable», analyse P.K. O'Handley, qui a vu Pavelski marquer 57 fois en deux saisons alors qu'il le dirigeait. «Il est pratiquement aussi épatant sur un terrain de golf. Vous devriez voir ce qu'il peut faire pour sortir sa balle du bois.»

Ces habiletés font que le numéro 8 des champions de l'Ouest peut marquer de toutes les façons. Depuis le début des séries, 6 de ses 13 buts ont été inscrits sur des lancers frappés, deux sur des tirs déviés, deux à l'aide d'un tir du poignet, un en contournant le but adverse, un sur un lancer du revers et l'autre à l'aide d'un tir sur réception.  En comparaison, Steven Stamkos (Tampa Bay) a inscrit 28 de ses 36 buts en saison régulière à l'aide d'un tir du poignet ou d'un lancer frappé.  D'après La Presse Canadienne

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