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Scottie Upshall n'a pas oublié la victoire de Fort McMurray au Tournoi pee-wee

Scottie Upshall, que l'on voit ici avec Kyle... (Archives AFP, Jonathan Daniel)

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Scottie Upshall, que l'on voit ici avec Kyle Brodziak (28), avait remué ciel et terre pour participer au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec en 1996.

Archives AFP, Jonathan Daniel

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(Québec) «Je n'oublierai jamais ce message-texte : ''Il n'y a plus d'aréna, man.'' J'ai tout de suite pensé à notre bannière suspendue entre les chevrons du plafond. Tournoi international pee-wee de Québec. Champions. 1996.»

Rassuré de savoir sa mère et ses nièces à l'abri, Scottie Upshall a ensuite cru que l'un des plus précieux souvenirs de sa carrière s'était envolé en fumée avec l'aréna et plusieurs bâtiments de Fort McMurray. C'est ce qu'il raconte dans un long texte à la première personne publié sur le site The Players' Tribune, à la suite des immenses feux de forêt qui ont ravagé la ville du nord de l'Alberta. Sa ville natale.

L'ailier des Blues de St. Louis dispute la finale de l'association de l'Ouest face aux Sharks de San Jose. Recrue de l'année junior au Canada pour la saison 2000-2001, il a été un choix de première ronde de la LNH et y joue à temps plein depuis 11 ans, après avoir gagné la Coupe Calder dans la LAH. Mais jamais il n'oubliera son passage à Québec.

La fameuse bannière immortalise le triomphe des Barons de Fort McMurray au Colisée en finale de la catégorie Internationale B, il y a 20 ans. En déficit 3-1 après deux périodes, les Barons étaient venus à bout 5-4 des Voisins de Papineau, un club de l'Outaouais.

«Ne comptez jamais ma ville pour vaincue», insiste-t-il dans The Players' Tribune, traçant un parallèle entre la récente lutte de ses concitoyens contre les flammes et la bataille livrée par ses coéquipiers pee-wee et lui juste pour être acceptés au Tournoi international de Québec. Sans compter le fait de se rendre ici et de gagner leurs sept matchs au cours d'une dizaine mémorable.

«Tous les joueurs ont écrit des lettres au comité du tournoi de Québec pour les supplier d'accepter notre petite équipe du milieu-de-nulle-part. Comme plusieurs d'entre nous allaient à l'école d'immersion française, on a écrit nos lettres en français. C'était sûrement un très mauvais français, mais on supposait que l'intention comptait», explique Upshall.

Le maire, le service d'incendie et même un responsable de la police locale avaient aussi rédigé des lettres pour soutenir la candidature de cette bande d'enfants d'une municipalité où Pizza Hut, A&W et McDonald's constituaient les principales attractions. 

Un voyage à Québec payé avec des canettes et des bouteilles

Une fois la réponse arrivée, positive à la surprise générale, le problème demeurait entier. L'avion, l'hôtel, qui allait payer? C'était avant le boum pétrolier. À cette époque, Fort McMurray était tout ce qu'il y a de plus col bleu.

«La seule façon de réunir les fonds était de revendre des bouteilles et des canettes vides. Deux par deux, on a fait du porte-à-porte partout en ville et, par chance, il se boit beaucoup de bière l'hiver au Canada, alors on n'en manquait pas! Le mot s'est passé et les gens remplissaient même des boîtes d'avance pour nous. À 10 ¢ la canette et 20 ¢ la bouteille, on a pu ramasser jusqu'à 2000 $ par jour.

«Je n'oublierai jamais les balades à bord du camion de mon père ces jours de froidure, rêvant de jouer devant des milliers de spectateurs à Québec au même tournoi où Gretzky et Lemieux détenaient toujours des records. On allait probablement se faire planter, mais ç'avait peu d'importance. On s'en allait à La Mecque du hockey», se rappelle celui dont l'équipe portera à Québec le nom officiel des Barons Leo Roberts Entreprises de Fort McMurray, merci à un entrepreneur local généreux.

Ils auraient pu se faire écraser dès leur première partie par une sélection d'étoiles de Montréal ou de la Russie et devoir rempaqueter aussitôt. Ils ont plutôt mis la main sur le trophée Jean-Béliveau et la précieuse bannière. Que toute la ville a vu être hissée dans les hauteurs de l'aréna Beacon Hill.

«Plusieurs des portes où nous avons cogné ne tiennent plus debout, regrette Upshall. Plusieurs personnes qui nous ont ouvert leur porte ont tout perdu. Fort McMurray a besoin de générosité et d'aide. Mais que ceux qui lisent ceci sachent que ma ville natale est plus que des photos de dévastation et des gros titres. Ce n'est pas non plus juste un endroit où le monde vient faire de l'argent avant de repartir. C'est une véritable communauté avec des gens travaillants qui mérite d'être reconstruite», affirme-t-il.

L'aréna n'a finalement pas été rasé par le feu. Les rumeurs ont été plus rapides que les flammes. «Et au milieu du chaos, notre bannière est restée accrochée», conclut Upshall. Peut-être abîmée, certes, mais solidement cramponnée. Comme les habitants de Fort McMurray.

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