Entre le 99 et le brasier de Fort McMurray

Shawn Chaulk a monté de toutes pièces un... (La Presse Canadienne, Jason Franson)

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Shawn Chaulk a monté de toutes pièces un véritable musée à l'honneur de son idole Wayne Gretzky au sous-sol de sa résidence de Fort McMurray, en Alberta.

La Presse Canadienne, Jason Franson

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La Presse Canadienne
Edmonton

Il a sauvé ses précieux souvenirs de hockey des flammes, mais l'un des plus importants collectionneurs de sport au Canada a déclaré que le désastre de Fort McMurray lui a probablement coûté sa passion.

«Je ne sais pas si collectionner a autant d'importance pour moi après ce que j'ai vécu», a déclaré Shawn Chaulk qui a déjà été qualifié du Wayne Gretzky des collectionneurs d'objets liés à Wayne Gretzky.

La collection de Chaulk est prodigieuse. Elle inclut des douzaines de chandails portés en situation de jeu, certains évalués à plus de 20 000 $. Et plus d'une centaine de bâtons ayant appartenu à «La Merveille», dont celui qu'il a utilisé lors du Championnat mondial junior de 1978 disputé à Montréal à celui avec lequel il a joué son dernier match dans l'uniforme des Rangers de New York en 1999.

La liste comprend également des gants et des casques portés lors de victoires de la Coupe Stanley et lorsqu'il a battu certaines de ses marques. Et des patins abîmés par l'utilisation qui ont servi lors de différents matchs au fil de sa prestigieuse carrière. Il possède aussi l'une des répliques miniatures de la Coupe Stanley ayant déjà appartenu à Peter Pocklington, ancien propriétaire des Oilers toujours détesté par certains amateurs d'Edmonton parce qu'il a osé échanger Gretzky aux Kings de Los Angeles en 1988.

Mais revenons au feu de Fort McMurray où demeure Chaulk et posez-vous la question : que sauver de toutes ces pièces de collection si votre maison était sur le point de s'embraser?

Pendant que sa femme et ses enfants empilaient vêtements et jouets dans des valises dans les secondes suivant l'ordre d'évacuation de la ville du nord de l'Alberta, Chaulk était dans le sous-sol avec un associé. Et les deux hommes ne savaient pas trop par où commencer. Et finir.

«J'ai vidé mon coffre-fort de ce qu'il y avait de plus précieux dont des cartes recrue de Gretzky, a-t-il raconté. J'ai ensuite ouvert deux gros sacs d'équipement de hockey et nous avons commencé à les emplir. Je démontais les cadres de présentation pour sortir les chandails et je les lançais à Mark [son associé] qui les plaçait dans les sacs. Une fois les sacs remplis à ras bord, nous nous sommes regardés et nous sommes partis le plus rapidement possible.»

Des choix déchirants

Les choix ont été déchirants. «La première chose que j'ai prise a été le chandail que Gretzky a porté lors du match décisif de la Coupe Canada de 1984. Et son bâton.» En fait, Chaulk a concentré ses énergies sur les chandails avant toute autre chose en raison de leur valeur. «C'était comme de l'argent liquide, a-t-il expliqué. Je savais que nous aurions besoin de cet argent-là pour reconstruire, pour refaire notre vie.»

Et il n'a pas seulement sauvé ses pièces de collection les plus précieuses. Il n'allait pas oublier les premiers patins de son fils. Ni les premières pantoufles aux couleurs des Oilers de sa fille.

Mais pour une raison inexpliquée, il a oublié l'album photos qui se voulait en quelque sorte sa biographie, un recueil de toutes ses rencontres avec des dizaines, sinon des centaines de joueurs de hockey. «Ça me dépasse, a-t-il dit. Je n'ai aucune idée pourquoi j'ai laissé l'album là-bas.»

La famille a fini par partir avec une cinquantaine de chandails et quatre précieux bâtons qu'il avait promis de léguer à ses enfants. Plein de choses sont restées derrière. «Ça pressait pour partir, on nous disait que le feu approchait.»

La bonne nouvelle, c'est que selon les derniers rapports du service des incendies, la maison des Chaulk aurait été épargnée par les flammes. «S'il faut rebâtir ou rénover, nous allons le faire, a-t-il déclaré. Mais mes années de collectionneur sont maintenant derrière moi. Je ne me sens plus aussi enthousiaste. Peut-être que j'ai tort et que je vais retrouver le désir de continuer, mais chaque heure que je consacre à mes collections me garde loin de ma famille. Et de ce temps-ci, ma famille est ce qu'il y a de plus important pour moi au monde.»

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